lundi 3 septembre 2007

L'âge de la retraite

Ce sempiternel débat oppose perpétuellement deux logiques incompatibles qu’on prétend fondre.

D’une part il y a la vision solidariste et distributive : le travail est nécessaire à tous et son produit à la société ; quiconque peut travailler le doit, et quiconque ne peut pas ou plus travailler doit en être dispensé : ceux qui ont usé leurs forces ont le droit de se laisser assister par ceux qui peuvent travailler. Dans une telle vision, l’âge de la retraite est quelque chose d’individuel, donner un même âge de retraite à tous n’a aucun sens, si ce n’est celui d’une égalité forcée et absurde. De même que le fait de compter combien d’années chacun a travaillé pour déterminer quelle part de ses revenus de travail il a droit à toucher à retardement est absurde : dans une optique de solidarité et de redistribution, seuls entrent en ligne de compte les besoins de l’individu dispensé (ou interdit, dans certains cas, ceux qui se sentent diminués de ne plus participer à l’activité sociale, mais qui ne sont plus en état physique de le faire) de travail, et les possibilités de la société grâce au travail des actifs.

Et puis il y a la vision accumulative, suivant laquelle la pension de retraite n’est que la reversion des économies accumulées pendant la période active ; dans cette optique, la durée de travail, le respect d’un calendrier, la fixation d’un âge de retraite, prennent sens ; sauf que dans cette optique le payement des pensions par les actifs n’a plus de sens, lui : la reversion des économies accumulées par le travailleur, c’est le travail de sociétés de placement, de contrats privés d’assurance et cela justifie pleinement l’idée de sortir la notion de retraite de la gestion des caisses sociales.

Personnellement je demeure attaché à la vision sociale : le travail est une charge de tous, le retraité reste celui qui ne peut plus participer et à qui la société doit de pouvoir continuer et finir ses jours dans des conditions satisfaisantes. Dans cette optique, je suis convaincu que ni « âge » imposé ou « autorisé » de la retraite, ni prise en compte de la durée de cotisation, ne sont compatibles avec une gestion sociale. Autoriser ou imposer l’arrêt du travail en fonction des capacités physiques et psychiques à le fournir est, à mes yeux, incompatible tant avec la fixation d’un âge de la retraite qu’avec la fixation des pensions en fonction de la durée de cotisation. Qu’une commission sociale et médicale apprécie les besoins du demandeur tant sur le plan de l’arrêt de travail et du repos que sur le plan de la pension, en fonction de ses capacités, de son état de santé, de sa position sociale, voila ce qui résoudrait sinon tous les problèmes des retraites, au moins ceux, nombreux, liés à l’incompatibilité entre les deux conceptions et à leur mélange dans la législation. Est-ce la meilleure ? Il faut en décider une fois pour toutes plutôt que d’essayer de mélanger les deux méthodes pour associer non les qualités, mais bien les défauts des deux.

mercredi 29 août 2007

L'école et l'échec scolaire

Un journal nous parle de la lutte contre l'échec scolaire et de l'échec d'icelle, échec fatal à partir du moment où on traite l'école comme machine à sélectionner, car le taux de rejets ("échecs scolaires") est alors prédéterminé de manière définitive par les règles de notation, ceci indépendamment de toute amélioration ou aggravation sur le plan de la transmission des connaissances. De toute manière celle-ci n'est plus considérée comme faisant partie des missions de l'enseignement, alors...
Les élèves ne perçoivent plus du tout, les parents et les pédagogues considèrent comme inutile, l'acquisition de connaissance et la transmission des acquis. Il s'agit exclusivement de satisfaire l'institution et de donner à l'enfant le moyen de s'adapter aux attentes sociales. Les connaissances, il les acquerra au fur et à mesure des besoins réels qu'il rencontrera! S'il est intégré dans le groupe de travail, il trouvera en lui-même ou dans le groupe les réponses aux questions posées par celui-ci; quant aux connaissances et acquis des générations précédentes, le groupe n'en a que faire... Dans une telle optique, le taux d'échec est constant, il faut que chaque groupe possède une part plus ou moins constante de meilleurs et une part plus ou moins constante de "mauvais". Toute réflexion sur un meilleur ou un moins bon enseignement, sur la taille des groupes (classes), sur le soin ou les méthodes, est vide et sans effet!
S'il s'agissait de juger de la meilleure (à espérer) ou de la plus mauvaise (et, actuellement, la comparaison est une litote) transmission des savoirs, la question de l'échec flagrant de celle-ci et de la nécessité de recréer une transmission des savoirs mériterait d'être traitée; mais cette question est très loin des problèmes des pédagogues, des responsables de l'"enseignement", des parents ou des enfants! Encore que, pour certains savoirs fondamentaux (langue, lecture, écriture, calcul), il arrive que les grands-parents se rappellent de leur utilité, ou que certains politiques en parlent pour justifier des mesures anti-scolaires d'économie et de suppression des autres enseignements!

samedi 11 août 2007

Travail et retraite

Je réagis avec délai raisonnable à l'article du Parisien de mardi dernier concernant un sondage sur l'âge de la retraite, pour exprimer quelques opinions personnelles sur le sens du mot travail et sur ma manière de voir le problème des retraites.
D'une part le problème du travail est à mes yeux le problème des corvées nécessaires pour que la société puisse donner à ses membres les biens dont ils ont besoin ou envie: il faut que ces biens soient produits, envoyés là où ils sont nécessaires, distribués; il y a donc un certain nombre de tâches indispensables, et il y a un travail à faire dès qu'une de ces tâches n'est pas encore accomplie.
S'ajoutent toutes les tâches d'organisation de la production, du transport, de la distribution, de la répartition équitable et de l'organisation dela vie sociale...
Le travail n'est pas la même chose que l'emploi, la position sociale qui donne droitn à revenu (salaire) et considération.
Ainsi compris, le travail n'est jamais un droit, il est toujours un devoir. Chacun doit effectuer le travail qu'il peut effectuer, la société devant organiser la répartition des tâches en fonction des besoins et des capacités. Si quelqu'un n'a pas de travail à faire parce que tout le travail nécessaire est fait par d'autres, tant mieux pour lui et il n'y a pas lieu de le pénaliser. Doivent par contre être pénalisés ceux qui ne font rien alors qu'il y a des tâches qu'ils pourraient effectuer et qu'ils refusent par paresse ou par égoïsme. Sont bien sûr dispensés de travail ceux qui ne peuvent pas pour des raisons légitimes (faiblesse, maladie, incompétence) effectuer les travaux demandés, ainsi que les jeunes en cours de formation scolaire ou apprentissage ou sociale.

Parmi ceux qui peuvent être dispensés de travail, il y a bien sûr ceux qui sont trop vieux pour travailler, que l'âge, la maladie ou une infirmité, a rendus incapables de poursuivre leur tâche.
Il est normal que, dans un souci de solidarité, ceux que la maladie, un accident ou l'âge a rendus incapables de travailler reçoivent une pension d'invalidité ou de vieillesse, une "retraite". Et cette pension ne doit en aucun cas être soumise à une appréciation liée à la quantité de travail fournie avant que maladie, accident, invalidité ou âge n'imposent la retraite.
L'idée même de compter les années de cotisation s'oppose à cette conception solidaire de la retraite, et revient à imaginer en fait que la retraite soit ayée par les économies forcées dutravailleur; elle a un sens dans un système de retraite par capitalisation un système individualiste et financier, elle n'en a pas dans un système qui se veut solidaire. De même que n'a pas de sens dans un système solidaire l'idée même d'un "âge de la retraite".
Dans un système solidaire, social, ce ne sont pas les "jeunes" qui payeront pour les retraîtés, ce sont tous les travailleurs qui partageront avec les non-travailleurs (jeunes, malades, retraités) les revenus des créations du travail. Et si dans certaines professions il est préférable que le travail soit abandonné aux plus jeunes dès que possible, dans d'autres professions il est bon que les travailleurs expérimentés continuent à travailler le plus longtemps possible, tout en formant leurs successeurs. L'idée même d'un âge fixe après lequel il ne faudrait plus travailler n'est légitime que dans les professions où l'âge rend le travail pénible ou inefficace, augmente les risques d'accidents ou d'erreur. Et même dans ces cas là, je ne crois pas que l'âge d'arrêt de travail soit le même pour tous, fixer un âge unique de retraite reste un non-sens.

Alors? Il faut réfléchir aux besoins de la société et à ceux des individus qui la composent, avec soin et, bien sûr, avec respect et dans un esprit social pour essayer de construire un sytème cohérent et efficace, libéral (au vrai sens du mot, pas au sens féodaliste: un système non totalitaire) et organisé...

vendredi 10 août 2007

"Dieu" et la science

Ce titre, qui réapparaît avec la régularité des fleurs du marronnier dans les revues, demeure une escroquerie fondamentale, en confondant Dieu avec l’image véhiculée par des déocrates obscurantistes qui n’adirent qu’eux-mêmes et leur ignorance du monde réel derrière le paravent du nom dévoyé de Dieu.

Parce que le Dieu que nous présente le texte de la Bible a dit, dès sa création, à Adam de connaître le monde, d’en développer la science, parce que la connaissance du monde, c’est la connaissance de ce que Dieu a créé, et chacune des merveilles du monde est une raison de plus d’adorer son Créateur. Comme le fait dire Romain Rolland à un de ses personnages, « Un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène. ».

Le Péché originel, ce n’est pas « l’Arbre de la Science », c’est « l’Arbre de la Science du Bien et du Mal », autrement dit la morale, la pudeur, etc. Ce n’est pas la nature, c’est la coupure avec la Nature. À la limite, revenir à l’état animal, se comporter comme une bête, ce serait s’abstraire du péché originel…

Sachant que ce que ne supporte pas un Dieu jaloux de ses prérogatives, un Dieu qui a créé l’homme « à son image », mais pas à son égal, c’est que l’homme puisse se comparer à son Créateur. Le Péché le plus grave, c’est l’Hubris, la volonté d’être égal à Dieu. L’Image de Dieu, ce n’est pas le Pareil à Dieu. Le reflet ne saurait se prendre pour Celui dont il est le reflet. Et c’est là que nous arrivons au problème de la science ou plutôt des techniques que permet la science. Tant que le savant continue de décrire l’œuvre de Dieu sans se croire l’égal de Dieu parce qu’il peut modifier ce qu’il découvre, soigner les maladies, améliorer parfois une niche écologique, tant qu’il conserve la conscience de cette subordination au Créateur Premier, il ne pèche pas. Quant il joue au démiurge, se croit l’égal de Dieu parce qu’il peut sinon créer un univers, du moins en recréer un détail précis, à l’identique ou sous une forme qui lui paraît améliorée (ah, le rêve des œufs cubiques qu’on rangera dans des cartons d’emballage !), il renie sinon Dieu, du moins le respect que Dieu attend de ses créations.

Ce n’est pas la science qui est en cause, c’est la philosophie qui se cache derrière la science, la volonté d’égaler Dieu alors que Dieu attend respect, obéissance.

Mais cette volonté déicide et démiurgique, plus que chez les savants, c’est bien chez les Prophètes de tout poil, gourous, intégristes de toutes les formes de la religion du Livre (aggravée chez ceux qui ont remplacé le Livre originel par la Prophétie du fondateur de leur secte) qu’on la trouve. En exigeant l’obéissance servile à Dieu ou, pire encore, à « Son » Prophète, ils demandent à être eux-mêmes adorés, et commettent le Crime fondamental, plus grave que le Péché d’Adam, de prétendre se substituer à ce Dieu qu’ils prétendent représenter. Ils se veulent l’Incarnation de Dieu, pour ainsi dire son égal, en se présentant comme ses défenseurs.

En défendant une thèse contraire à la création réelle, les « Créationnistes », loin de défendre l’œuvre de Dieu, veulent lui substituer leur propre vision étriquée. Ils se prennent pour plus intelligents que Dieu, puisqu’ils connaissent « la » vérité, celle qu’ils ont fabriquée. Plus orgueilleux que les savants qu’ils dénoncent, ils défendent, de fait, le Destructeur, l’Ennemi.

Plutôt qu’intégristes, ils méritent d’être qualifiés de satanistes.

Si Dieu est bien, comme le Livre le prétend, le Créateur, le Dieu de lumière annoncé, nul doute qu’il est du même côté que la science dans la lutte contre l’obscurité, l’obscurantisme, la destruction du réel qu’Il a créé.

lundi 6 août 2007

Philosophie de l'enseignement

Il est temps de rappeler les données de base des « Droits de l’Humain », ne serait-ce que parce que le mensonge qui a pris leur place est tout simplement incompatible avec le monde réel :

Le droit imprescriptible à l’enseignement, c’est le droit de travailler pour acquérir des connaissances qui ne sauraient, quelque effort réel ou apparent qu’on fasse pour cela, être acquises sans travail de l’élève. Il n’y a pas de droit aux connaissances, il n’y a de droit qu’à l’accès à ces connaissances.

Les élèves d’aujourd’hui, et souvent leurs parents qui ont oublié que les connaissances qu’ils ont acquises leur ont demandé un effort, et que s’ils n’en ont pas acquis certaines, c’est bien parce qu’ils n’ont pas fait l’effort nécessaire, demandent à ce que les connaissances leur soient données du seul fait qu’ils assistent au cours. C’est tout simplement irréalisable. Le professeur peut enseigner aussi bien qu’il voudra, aucun élève, aussi doué soit-il, n’acquerra les connaissances sans avoir fait l’effort de les apprendre. Le rêve scientiste de l’enseignement hypnopédagogique, de l’acquisition des connaissances pendant le sommeil, est un leurre. Si on ne doit en (presque) aucun cas interdire à celui qui veut apprendre d’avoir accès aux connaissances qu’il désire acquérir, on ne peut pas les faire entrer dans le cerveau d’un auditeur purement passif.

Plus grave, et là ce sont souvent les « élèves » qui ont cette vision consumériste et totalement fausse, l’Éducation Nationale n’est pas une usine qui fabrique et distribue des diplômes, diplômes qui seraient le droit naturel de l’élève « studieux », c.a.d. ici obéissant et passif, et l’accès au travail désiré ne serait qu’une simple reconnaissance de séjour passif dans l’école-prison qu’imaginent certains. Sous peine de ne plus avoir d’ici une génération de travailleur compétent, il est urgent de revenir à la conception nécessaire de l’acquisition des connaissances, de la viduité du diplôme hors son rôle d’attestation d’acquisition réelle des connaissances, et non seulement d’assistance au cours.

Retour au départ (vous touchez 20000F, comme au Monopoly) : le droit d’apprendre, de tenter d’acquérir les connaissances, est un droit fondamental et imprescriptible ; tout jeune doit avoir la possibilité d’apprendre ; on peut même essayer de le convaincre de faire l’effort nécessaire même s’il n’en a pas envie, s’il ne se rend pas compte de la nécessité du savoir pour s’intégrer à la société. On peut le forcer à essayer, on ne peut pas le forcer à réussir, et on ne doit pas lui donner un satisfecit menteur rien que parce qu’il a assisté au cours sans le perturber. S’il ne veut pas, ou s’il ne peut pas (le cas, bien que plus rare qu’on le fait croire, existe) apprendre ce qui lui sera nécessaire pour s’intégrer à la société adulte, il faut lui trouver une place « hors société » où il recevra ce que la société pourra lui donner sans se remettre en cause, mais où également il sera hors d’état de nuire à la société. Pas question de « punition », mais la société doit se défendre.

jeudi 26 juillet 2007

Trahir le peuple de gauche?

Marianne nous ressort cette antienne usée du "peuple de gauche" et des socialistes qui l'auraient trahi (lesquels? je n'ai pas ouvert le journal pour le savoir). Laurent Fabius, l'homme au double langage, parle dans le Nouvel Obs de retrouver les valeurs fondamentales de la gauche (mais sont-ce bien celles qu'il croit?).
Indépendamment de mon allergie profonde envers le prétendu alignement gauche-droite d'idées dont la classification demande, au moins, une AFC en deux voire trois dimensions (libertés d'opinion et d'expression et rigidité du système économique sont très faiblement correlées, et la corrélation avec le système politique demande à être vérifiée), la question ici posée est extrêmement simple: la fidélité aux idées de base de liberté, de socialisme, de société et de non-exploitation passe-t-elle par la répétition des formules d'un dogme périmé et inadapté aux formes actuelles de néo-féodalisation ("libérale") et d'exploitation (consommation)? La langue de bois de la prétendue "lutte de classes" est-elle autre chose qu'une démagogie anti-sociale et tenir compte de la réalité économique et politique mondiale? vouloir faire de la mondialisation une forme moderne de l'internationale, des consommateurs autant que des travailleurs et, avant tout, des humains, est-ce trahir la gauche ou, au contraire, est-ce lui être fidèle tandis que les démagogues du langage ancien sont les vrais traitres, ceux-là même qui assurent la victoire et la consolidation du système bolloriste?
Dans le débat sur la "refondation" du PS et de la "gauche" entière, cette question de vocabulaire et de formulation des idées est fondamentale.

jeudi 19 juillet 2007

TVA antisociale et inflation

Indépendamment des autres arguments, qu’on peut contester parfois de façon juste, contre le transfert des charges sociales à la TVA, l’idée, théoriquement justifiable, que le passage de la TVA de 17% à 22% serait compensé par une baisse des prix hors taxes, vu celle des prix de revient liée à celle des charges sociales ne tient aucun compte de l’importance du sentiment de hausse dans la création des hausses réelles. Sans même tenir compte du fait que la baisse des charges n’influerait que sur un des facteurs du prix de revient, et que hors industries de main-d’œuvre la baisse des prix de revient ne permettrait pas une baisse suffisante des prix hors taxes, les acteurs du jeu économique, ayant l’impression d’une hausse à venir de 5%, loin de baisser leurs prix HT, les augmenteront de 5%. Ce qui aboutira à une hausse finale totale de

(1,05)(1,22/1,17)-1, c.a.d. de 9,5% ; elle-même génératrice, à plus ou moins court terme suivant le temps que mettront les fixateurs de prix à se rendre compte de cette hausse réelle, d’un effet boule-de-neige. Dans un pays où les acteurs du jeu économique sont plus disciplinés et plus réfléchis qu’en France, par exemple en Allemagne ou au Japon, croyant, à tort, prendre le risque de pertes, les industriels et les marchands auraient joué le jeu et baissé leurs prix de façon annuler l’effet sur les consommateurs de la hausse de TVA. En France, croyant que cette hausse va leur coûter, ils ne le feront pas ; les plus intelligents, ceux qui auront perçu l’absence de risque, imiteront les autres en se disant qu’ils accroissent leurs profits aux dépens des naïfs. Et l’effet désiré, amélioration de la compétitivité des produits français, sera transformé en aggravation de la non compétitivité et du déficit de la balance ! Et en crise inflationniste.

lundi 16 juillet 2007

Péchés capitaux

Je lis dans le Journal du Dimanche les remarques de Philippe Labro quant aux Péchés Capitaux qu’a inventé l’Église Catholique pour remplacer les Commandements de la Thora.

Les remarques de P. Labro me conviennent parfois, me déplaisent souvent, particulièrement quand il prétend mélanger Orgueil et Fierté.

Parce qu’il faut bien le dire, l’Ancien testament ne connaît qu’UN péché, le Péché Originel, répété plusieurs fois par les ils d’Adam, que ce soit avant le Déluge, avec la Tour de Babel... Et celui-ci est extrêmement précis, et proche de l’orgueil dont il est la forme extrême, l’hubris. Le Péché que D. punit régulièrement, c’est l’idée que l’Homme, image de D., mais non semblable à D., prétende s’égaler à Lui, et s’emparer des caractères divins que D., exclusif, entend ne pas partager. Il y a un certain nombre de commentaires psychologiques à faire, encore ces commentaires ne seraient-ils valables que si l’idée de base, la différence essentielle entre D. et sa création, était effacée. Autrement dit, on en revient toujours au même point, si le Péché Originel était transformé en Droit fondamental de la créature !

Ceci étant, les six autres « péchés capitaux » sont des inventions plus ou moins incohérentes de l’église pour justifier une « échelle de culpabilité » et le Purgatoire. L’avarice n’est pas un péché, mais une tare psychologique, objet de pitié plutôt que de punition. La colère est une réaction naturelle, parfaitement justifiée dans certains cas (la Bible ne nous rappelle-t-elle pas un certain nombre de colères divines ? L’envie n’est pas un péché, mais un sentiment, parfois à la base de péchés, c.a.d. d’actes délictueux au terme des Commandements. La Luxure est l’invention la plus inacceptable des sept, puisque le Péché Originel s’est manifesté par la pudeur, qui est bien l’antithèse de la luxure. Et la Paresse, comme l’avarice, est une tare qui devrait appeler la pitié, pas un péché à punir.

Contribuables en révolte contre leurs avoirs sociaux

Quand la nouvelle revue « Le Cri du Contribuable » proteste contre la part de revenus utilisée par les impôts pour permettre la vie sociale, quand ils revendiquent de ne plus payer la moitié de leurs revenus, c’est à l’existence même des rues, des routes, des services sociaux (hôpitaux, énergie, trains, bus) et de la sécurité générale (police qui, avec ses limites, évite que les rues ne soient le domaine permanent de gangs et des crimes en tout genre) qu’ils protestent. La seule possibilité alternative au payement par tous de ces bases indispensables de la vie sociale, c’est la privatisation totale, les droits de péage perçus par les propriétaires de routes et de rues, la protection des seuls clients des entreprises de protection par des milices privées, le soin des seuls clients de l’entreprise médicale par les médecins, la distribution à dos d’homme de piles et batteries électriques aux seuls clients payants du producteur, le transport réservé aux seuls propriétaires de droits de transport et de circulation, etc…

Que chacun de nous participe par son travail à l’existence d’une société commune n’est pas une punition divine, mais une capacité à développer. Si, par quelque miracle d’organisation, les droits au logement et à la nourriture, et tant qu’à faire à la culture, pouvaient eux aussi être assurés par la société (propriété sociale des lieux d’hébergement en quantité suffisante et de lieux d’alimentation, cantines publiques ouvertes à tous et convenablement approvisionnées et gérées, bibliothèques, médiathèques, théâtres et lieux de spectacle gérés par la collectivité), alors il serait normal que le travail des citoyens pendant neuf mois pleins servit exclusivement à assurer cette vie sociale, et que les trois mois restants soient laissés à chacun pour soit se reposer, soit gagner les compléments qu’il jugera utiles à la satisfaction de ses désirs non essentiels. Une utopie, bien sûr, mais c’est celle-ci vers laquelle doivent tendre les efforts de tous, pas vers la suppression des capacités existantes par diminution des ressources limitées dont la collectivité a besoin et qu’elle obtient par les impôts et charges sociales ! Les « Contribuables en colère » sont les ennemis de leur propre intérêt : pour que la collectivité puisse leur assurer ce minimum indispensable, il faut lui en donner les moyens ; on peut protester contre le mauvais emploi de l’argent collecté, mais on ne doit pas protester contre la collecte elle-même.

mercredi 4 juillet 2007

Education et consumérisme

Autrefois, on prétendait que l'éducation était une denrée précieuse dont il était essentiel de ne pas laisser le monopole aux classes dirigeantes; le droit d'apprendre était donc une réclamation justifiée, et son extension à tous un progrès. Mais cela concernait la transmission des connaissances, pour laquelle il était nécessaire que l'impétrant fasse l'effort d'apprendre ce qu'il avait obtenu le droit de connaître.
Aujourd'hui l'Éducation (nationale ou privée) n'apparaît plus que comme soit un supermarché où les diplômes sont distribués avec plus ou moins de générosité et une absence totale d'équité aux consommateurs que sont les élèves et les parents d'élèves, soit une prison où sont enfermés ceux qui savent déjà tout ce dont ils ont besoin pour leur vie de prédateur criminel (les réseaux de vente de drogue, de racket, etc...) et où il convient d'introduire l'illégalité et le respect des non-lois du milieu. Mais est-ce que ces visions, qui ont en commun l'absence de travail d'acquisition des connaissances, sont compatibles avec une société viable? Et l'essentiel de l'enseignement, la qualité indispensable à son existence, n'est-il pas la recherche assidue par l'élève de connaissances et de travaux?

mardi 3 juillet 2007

Migrations et immigration

Une fois de plus je reviens sur l’urgence d’adapter le vocabulaire à un phénomène de migration qui n’est pas une immigration. Un immigrant, c’est celui qui arrive dans le pays pour s’y installer de façon définitive ; c’est celui qui, aussi vite que le lui permet la loi, va demander la naturalisation. Le migrant, celui qui va à l’étranger chercher travail et conditions de vie que son pays ne peut pas lui assurer, même si, dès le début, il est un émigrant vu de son pays d’origine, même si aussi, souvent, il finira par s’installer de façon définitive dans le pays d’accueil et par en demander la nationalité, il devrait être désigné par un terme différent aussi longtemps qu’il n’a pas franchi ce pas énorme entre l’émigration et l’immigration que constitue la renonciation au moins partielle à ses attaches. Le migrant qui envoie tout ou partie de son salaire à sa famille restée « au pays » doit être bien séparé de celui qui a rompu, volontairement ou non (réfugiés), définitivement ou non, ses attaches et désire s’installer, s’intégrer, dans le pays d’arrivée. Les lois doivent être distinctes, les attentes du pays d’accueil aussi ; et si le vocabulaire ne sépare pas les cas, l’assimilation ou le rapprochement conduit à mal traiter l’un et l’autre cas. Il faudrait prévoir des titres de séjour distincts, avec des règles d’accueil distinctes. Par exemple, le renvoi dans le pays d’origine en cas de non-respect des lois qui s’appliquent à son cas est adapté au migrant temporaire, et totalement inadapté à l’immigrant, qu’il soit ou non réfugié politique. Certaines tolérances sur l’adaptation (maîtrise de la langue, connaissance des lois,…) doivent être plus larges pour le migrant qui n’est pas venu s’intégrer que pour l’immigrant qui prétend le faire.

Quant aux prétendus « immigrants de seconde génération », c.a.d. aux enfants nés en France de parents migrants ou immigrants, ils constituent des catégories différentes encore. Différentes de celles des parents d’une part ; mais différentes entre elles aussi, parce que celui dont la famille a conservé ses attaches dans le pays d’origine et qui a la nationalité de sa famille ou une double nationalité a des attentes, des droits et des devoirs différents de celui dont la famille a immigré en France et qui entend y rester en tant que Français. Là encore, il faut que tant la loi que le vocabulaire s’adaptent à la multiplicité des cas.

Une revue appelait voici presque un an à regarder en face la réalité de l’immigration ; si on ne commence pas par regarder en face le fait qu’il y a plusieurs réalités distinctes et même contradictoires entre elles, si on prétend traiter d’un seul regard et d’une seule loi ce mélange, on aura remplacé la prétendue « politique de l’autruche » par une politique de l’équilibriste ou une politique de l’épileptique. Et la loi imaginée par le « ministre de l’immigration et de l’identité nationale » sera une usine à gaz inutilisable.

vendredi 22 juin 2007

Droite, gauche, droite, gauche, UnedeuxUne deux!

J’en ai plus que marre de ces plaisanteries sur la « Gauche » (gauche = maladroit) et la « Droite » (droit=correct, juste). De tous les vols de vocabulaire, de toutes les escroqueries, dont les malins (au sens de tumeur maligne) de la réaction passéiste (à ne pas confondre avec le droit de réagir qu’ils prétendent enlever aux progressistes, qualifiés à tort et à travers de réactionnaires) se sont rendus coupables, la réduction à une dimension de l’éventail politique et l’appropriation abusive du côté droit sont certainement le pire.

Déjà que l’opposition « droite-gauche » ne saurait être résumée sur un seul axe de coordonnées puisque la liberté physique, la liberté morale et la « liberté » économique ne sont pas synonymes, et que la liberté-fédéralisme des anarchistes va de pair avec un certain contrôle de l’économie alors même que le féodalisme économique abusivement qualifié de libéralisme s’associe, lui, au contrôle des esprits (totalitarisme ou lobotomie télévisuelle, suivant les goûts du dictateur)… Où sont le « côté droit » et le « côté gauche » de ce qui saurait, au mieux, apparaître comme des types situés à différentes régions du plan dans une AFC à deux dimensions ? Bon, je parle ici à ceux qui connaissent les bases d’une étude statistique et pour qui la statistique ne se réduit pas au mensonge chiffré.

Mais le maintien, et même le développement constant de cette confusion entre les différents sens de « droit » (rectiligne, correct, juste, honnête !) et entre ceux de gauche (maladroit, sinistre), le tout aboutissant, de plus, à jeter un opprobre encore plus grand vers l’idée même de positions médianes, raisonnées, qui prendraient en compte les arguments des deux « bords », reste une véritable hérésie, une catastrophe sans nom.

Pour quelqu’un qui considère les idées de justice, de respect et d’honnêteté comme fondamentales, bref un homme de « gauche », exiger l’inversion des qualificatifs devrait être la réclamation la plus fondamentale !

jeudi 21 juin 2007

Encore sur les déformations de vocabulaire

J'ai expliqué dans le message précédent pourquoi certains mots étaient insupportables et pourquoi ils en arrivaient à créer une tournure d’esprit généralisée où les gens trouvent normal de remettre en cause ce qui ne devrait pas l’être, mais dont le nom a été détourné par l’appropriation indue qu’en ont faite certains malins (au sens de tumeur maligne) ; résultats : les anti-libéraux qui, parce que les partisans de la féodalisation de l’économie se sont approprié le mot liberal, vont réclamer le contrôle total de l’économie ; ou les alter-mondialistes qui, parce que les candidats-dictateurs économiques mondiaux, ont détourné le sens du mot mondialisation, vont exiger la tribalisation du monde, et la séparation en forteresses bien séparées. Le risque est suffisant pour qu’on ne puisse pas en rire de bon cœur…

Les déformations du langage sont souvent dérangeantes quand on creuse un peu ; mais quand elles couvrent, comme ici, un mensonge voulu, la résolution du problème caché devient quasiment impossible si on ne commence pas par discuter du problème de vocabulaire. Et si la déformation s’installe, comme avec les mots « immigré », « libéral » ou « mondialisation », ceux qui essayent de traiter le problème sans remettre à plat les questions de vocabulaire sont certains de l’aggraver.

mercredi 20 juin 2007

Des mots utilisés à contresens

Peu de choses m’irritent autant que de voir un mot qui est passé dans le langage courant (ou la langue politique) avec un sens exactement opposé à son sens réel, au point que les opposants à ceux qui l’ont déformé prétendent s’opposer à la base de leur propre pensée.

Je commencerai par un exemple non politique : le mot « cartésien » désigne ceux qui rejettent la Méthode de Descartes, l’examen avec doute systématique des « certitudes établies », et qui s’en tiennent au « bon sens commun », l’objet même que Descartes vomissait avec horreur. Et ceux qui emploient la Méthode et se posent des questions, on les qualifie d’ « anti-cartésiens ».

En politique cet usage de l’inversion des sens produit des aberrations que je qualifierai d’insupportables.

Prenons par exemple le mot « capitalisme » : le capitalisme est une méthode de gestion de l’économie aujourd’hui généralisée et qui est le fondement même de toutes les actions sociales qui n’auraient pas été possibles dans le système pré-capitaliste de limitation aux richesses matérialisées par une quantité d’or ou d’argent. Dans l’ancien système, un patron qui payait un ouvrier s’appauvrissait d’autant, c qui justifiait la rétention de l’argent et la pauvreté des travailleurs ; dans l’ancien système, pour mener une action sociale, la société, l’État, avaient besoin de s’appauvrir d’autant ou de plus qu’ils ne distribuaient. Bref, toute l’action sociale n’est possible que depuis que le capitalisme a créé une richesse fictive, mais utilisable, la monnaie basée sur la production existante ou future, le crédit. Et ceux qu’on qualifie de « capitalistes », les accapareurs et exploiteurs, ne sont autres que ceux-là même qui prétendent gérer le système capitaliste avec les méthodes du système antérieur. Ce paradoxe serait encore tolérable si, du fait d’une erreur de vocabulaire imputable à Marx, ceux-là mêmes qui devraient défendre les avancées que le système capitaliste a apportées contre les sus-dits accapareurs qui sont les vrais anti-capitalistes ne s’étaient attaqués, par aberration, à cela même qui devrait être leur arme, le capitalisme. Au lieu de nommer comme il se doit capitalistes ceux qui veulent défendre l’usage social du système et anti-capitalistes les accapareurs, la lange a interverti les deux mots, et mis les socialistes dans la position de couper l’arbre même sur lequel a poussé la branche socialiste.

La même chose avec le « libéralisme ». Le mot a été abusivement substitué à une théorie qui aurait du s’appeler féodalisme, puisqu’il s’agit de soustraire les patrons, nouvelle féodalité, aux lois de l’État. Du coup on en arrive à voir les défenseurs de la liberté et de l’égalité se déclarer « anti-libéraux ». Non-sens et, là encore, situation de désir d’abattre l’arbre même qui porte la branche socialiste…

Et maintenant l’emploi monstrueux du mot « mondialisation » pour désigner non la vision du monde, de sa variété, mais bien la volonté d’imposer un modèle restreint, de corseter le monde dans l’impérialisme et le monopole d’un système qui n’a pas su exister même dans une région autarcique. Et ceux qui, autrefois, professaient sous le nom d’ « internationalisme » ce qui devrait aujourd’hui s’appeler la mondialisation, abandonnant le nom et par conséquent l’arbre qui les porte, se déclarent « anti-mondialistes » ou « alter-mondialistes » (un autre monde, cela ne veut-il pas dire qu’on veut détruire celui qui est, et par conséquent ce qui nous fait exister ?). Là encore les idéologues « de gauche » veulent tuer leur base d’existence , l’arbre qui les porte.

Et on s’étonne que les électeurs, devant cet emploi d’un vocabulaire auto-destructeur, préfèrent encore l’emploi mensonger des termes mêmes volés par la droite et votent pour les mots justes quand bien même ceux qui s’en servent sont en fait ceux qui veulent détruire la notion sous-jacente !

lundi 18 juin 2007

Réaction à une vidéo (la minute politique du jour)

Je viens de regarder la vidéo de Royal sur Désirs d'avenir:
c'est une catastrophe, elle ne sait pas parler à l'écran
ou lire correctement un texte; autant je demeure convaincu
qu'elle a fait son possible pour tirer le PS du marais
où l'avaient enfoncé l'incompétence de son ex-compagnon
et les ambitions antisociales de certains éléphants et du
traître patenté Fabius, autant je suis obligé de constater
qu'elle n'a pas les qualités d'acteur nécessaires
à un "homme" d'état.

dimanche 17 juin 2007

Oxymores gouvernementaux

Après l’abominable « droite libérale », nom sous lequel la droite prétend remplacer laz garantie d’égalité et de justice qu’est supposée assurer l’Etat jacobin par l’introduction d’un nouveau système féodal basé non plus sur l’épée, mais sur l’exploitation économique du travail de ceux qui produisent par les financiers et capitaines d’industrie, les grands patrons remplaçant l’ancienne noblesse d’épée, voici que le gouvernement nous sort un nouvel oxymore, la prétendue « TVA sociale », qui consistera à faire payer les prestations sociales non plus par la redistribution des richesses de ceux qui les captent vers ceux qui en ont besoin, mais par les bénéficiaires eux-mêmes ; alors que la TVA a toujours été le plus anti-social des impôts, qualifier son augmentation de « sociale » revient à) qualifier les ténèbres de lumineuses, le vol d’honnête et la droite réactionnaire de progressiste.

Visiblement, Bolloré a bien appris la novlangue de Big Brother et entend la substituer à la langue française…

vendredi 15 juin 2007

Libéraux et anti-libéraux

Il y a des mots qui me font bondir. Pour un socialiste pour qui, selon la phrase de Durutti, « no hay libertad sin socialismo ; no hay socialismo sin libertad », que ceux qui veulent réduire l’Etat français à une accumulation de féodalités économiques (à la place des anciennes féodalités d’origine militaire, les nobles étant les descendants des capitaines des rois) s’intitulent « libéraux » est une violation insupportable du mot liberté ; comme si la liberté était substituée à l’impunité des criminels économiques. Moi je les appelle « néo-féodalistes » et j’aurais presque envie de les traiter d’« impunistes » puisque leur revendication, c’est le droit de violer impunément les lois sociales.

Quant aux « anti-libéraux », c’est encore pire pour moi : ils revendiquent une dictature, ou quoi ? Encore que dans certains cas ils réclament encore la prétendue « dictature du prolétariat » (lire dictature de chefs de gangs sur le prolétariat), donc l’anti-libéralisme est effectivement le nouveau nom du totalitarisme ; mais les autres, ceux qui prétendent être de gauche ? ne devraient-ils pas dénoncer l’abus criminel commis par les néo-féodalistes et revendiquer un vocable compatible avec des idées socialistes, c.a.d. celui d’anti-féodalistes ou d’anti-impunistes ? Ou, s’ils veulent chercher un eu dans leurs livres d’histoire, rien ne les empêche de reprendre le nom de jacobins, qui me semble-t-il s‘applique parfaitement à l’opposition actuelle.

mardi 12 juin 2007

Mort de la démocratie

Plus que le résultat par lui-même, qu’on jugera différemment suivant son « bord » politique, ce qui est désastreux dans le système actuel et le calendrier électoral, c’est le fait qu’une grande partie de la population a considéré que le vote des présidentielles rendait le vote législatif inutile ; entre les électeurs de gauche qui se sont purement et simplement abstenus, ceux de droite qui ont voulu confirmer et aggraver leur choix, et tous les indécis qui sont allés « voler au secours de la victoire », l’abstentionnisme massif et le résultat de dimanche prouvent que le passage au régime présidentiel dur dont nous étions menacés, mais qui n’est pas encore confirmé par la loi, est aujourd’hui acquis dans les faits ; en 2012, si ça va comme ça, le Président nommera les députés sans même avoir besoin de convoquer les électeurs pour qu’ils ratifient servilement Ses choix. Et en 2017 il nommera Son successeur sans même avoir besoin de déranger Ses sujets obéissants !

samedi 9 juin 2007

Travailler plus pour gagner plus

De qui se moque-t-on ? Cela fait des siècles que le travail et le gain sont des notions séparées, voire contradictoires. L’ouvrier qui travaille fait gagner de l’argent à son patron, s’il travaille plus le patron gagnera plus et l’ouvrier sera malade, ce qui fera gagner de l’argent au médecin. L’idée que le surcroît de gain puisse profiter à l’ouvrier demande un changement de la mentalité française à l’opposé du changement en cours vers plus de prédation dont j’ai parlé précédemment. Aujourd’hui, gagner de l’argent signifie être un meilleur prédateur, prendre plus à ceux qui ont ou qui fabriquent (en leur donnant le moins possible en échange).

Ce n’est pas nouveau. La séparation entre les producteurs, les travailleurs, et ceux qui gagnent, les prédateurs, les financiers, les escrocs, date au moins de trois siècles en France ; le fait qu’elle soit moins marquée ou absente dans certaines cultures (essentiellement germaniques ou scandinaves), et fondamentale dans d’autres (cultures islamiques en particulier), n’y change rien ; d’ailleurs, ce sont les cultures à base de prédation qui se développent dans le monde, même si ces cultures ne font qu’accélérer la destruction globale et l’impasse économique et sociale vers laquelle nous allons de plus en plus vite. A la limite, même certaines réflexions qui devraient normalement être basées sur la conception constructive du monde (social, écologie,…) sont contaminées par cette volonté de permettre la prédation, de la généraliser à tous.

Quant à l’utilisation de ce slogan mensonger par le nouveau pouvoir néo-féodal de M. Bolloré et de ses larbins présidentiel et ministériels, qu’en dire ? qu’il sert pratiquement à une seule chose : à faire diminuer le coût du travail d’autrui pour ceux qui en profitent, les patrons les plus exploiteurs, les capitaines d’industrie ou de finance…

Il faut travailler plus, c’est un fait. Il faut que la France redevienne capable de produire de quoi satisfaire ses besoins (avec bien sûr les excédents vendus là où ils sont demandés pour payer les achats de ce qui n’est pas produit en France, avec le fait que aujourd’hui la France produit des biens immatériels pour compenser ses déficits en produits de base). Et, mais c’est un autre problème, presque en opposition, il faut que la richesse produite soit répartie d’une façon juste, c.a.d. une façon qui prenne en compte travail fourni, capacités physiques, besoins, et remette en cause les positions acquises et les capacités de prédation !

Est-il encore temps de se battre pour cette vision ?

lundi 28 mai 2007

Commerce et prédation

Le commerce est né de la société de production ; le rôle du commerçant était d’aider à la diffusion et à la répartition des objets produits, tout comme le rôle du financier était de permettre cette production et cette diffusion. Dans cette société, les prédateurs se limitaient à la fonction de défense et d’attaque contre les sociétés voisines, et la fonction utilitaire de commerçant ne pouvait mener à une attitude de prédation et à l’enrichissement du commerçant (hormis l’enrichissement potentiel par l’acquisition des stocks et des outils de son commerce).

Avec la diffusion de l’attitude prédatrice hors des cercles militaro-aristocratiques, deux formes de prédation différente sont apparues chez les commerçants, liés à la présence de « riches » aussi bien parmi les producteurs que parmi les consommateurs. Certains commerçants, alliés aux riches producteurs, considéraient le client comme une proie ; d’autres, alliés aux consommateurs riches, considéraient que leur fonction était de piller les richesses insoupçonnées des producteurs au profit de leurs clients et, bien sûr, d’eux-mêmes. Ces deux prédations commerciales concurrentes mais distinctes ont, avec le développement de la prédation financière qui, elle aussi, considère comme naturelle l’existence des productions d’une part, des consommateurs et, donc, que ces deux catégories constituent un terrain de chasse plus ou moins inépuisable, cédé la place à un commerce-prédation qui exploite simultanément la richesse « naturelle » des objets produits par les proies « producteurs » et celle née de nulle part des proies « consommateurs ».

Le premier système hésitait entre le « producteur-roi » et le « client-roi ». Le second ne donne plus aux deux catégories que le statut de proie plus ou moins consentante, et réserve le statut de « roi » aux seuls prédateurs du système, les commerçants.

Inutile d’insister sur le fait qu’un tel système épuise progressivement sa base d’existence formée des deux catégories méprisées. Mais ceux qui en prennent conscience ne voient d’autre solution que la solution individuelle de profiter du système tant qu’il n’a pas croulé sous son propre excès de poids en rentrant dans la seule catégorie acceptée, celle du prédateur (financier ou commerçant)…

dimanche 27 mai 2007

Démocratie et compétence

C’est sous la plume du plus pontifiant incompétent qui ait jamais porté l’étiquette socialiste qu’on trouve cette déclaration monstrueuse comme quoi « le PS aurait fait de l’incompétence le gage de la démocratie ». Si un responsable du PS, apparenté par mariage à l’auteur de cette déclaration, a jamais fait cela, l’exemple en a été l’accession du dit auteur de la déclaration à une fonction ministérielle dans laquelle il étala jadis toute sa suffisance et sa conviction d’être omnicompétent et que toute compétence qu’il n’avait pas (mathématiques, diplomatie, pédagogie, capacités scientifiques ou littéraires, capacité de prendre en compte l’opinion d’autrui ou de déléguer …) était inexistante.

Qu’il y ait quelque part un problème sur a relation entre compétence et démocratie, que la démocratie, comme d’autres systèmes, donne souvent prise à la « loi de Peter », c.a.d. à l’élection de candidats à des postes pour lesquels ils ne sont pas compétents en raison de leurs réussites dans d’autres postes qui ne demandaient pas les mêmes compétences, c’est une chose.

Que d’autre part le fait que la voix d’un « idiot » vaille autant que la voie d’un « génie » ne se justifie que par le fait, incontestable et non modifiable, qu’il est impossible de définir un critère de compétence démocratique ou une instance qui qualifierait les électeurs. Sauf à revenir au déplorable « suffrage censitaire » en décrétant que la richesse est gage de compétence dans la défense de l’intérêt général, que les voleurs défendront la propriété d’autrui et les exploiteurs veilleront au bonheur et à la propriété de leurs victimes…

Mais ces remarques n’ont rien à voir avec le PS…

Inutile de dire à quel point cette attaque du Mammouth d’incompétence pontifiante enfin exclu du PS est ridicule et à quel point il est dommage qu’un journal honnête et « de gauche » lui ait ouvert ses colonnes.

vendredi 25 mai 2007

Abus de vocabulaire et conséquences dommageables

L’emploi abusif du mot « libéral » par les néo-féodalistes, ceux qui veulent effacer tous les acquis républicains et sociaux depuis 1848, a provoqué la création de cet abominable invocation de l’anti-libéralisme par ceux qui croient défendre la « gauche » en reniant sa tradition majeure, la défense de la liberté.

Au lieu de répondre que la « liberté d’entreprendre » n’a rien à voir avec le droit de violer les lois et les droits des autres, on prétend contester la liberté.

On aurait aussi pu renommer les prétendus « libéraux » « impunistes » : ils contestent la défense contre les « crimes en col blanc »… "Anti-impunistes" serait alors approprié à la lutte contre ces destructeurs de la loi.

Mais "anti-libéral" demeurera, dans l'esprit de tous, associé avec "totalitariste"... et ne saurait être accepté par un homme de gauche, libéral au vrai sens du mot.

D’une certaine façon, par contre, le slogan « anti-libéral » s’applique très bien au vote de rejet par la France du Traité « constitutionnel » européen : contrairement à ce que prétendaient ses opposants, ce traité n’introduisait pas les mesures « libérales », déjà en filigrane de tous les traités en vigueur ; il offrait aux citoyens la liberté de manifester leur accord ou leur désaccord par l’extension des pouvoirs de l’Assemblée et la diminution de ceux de la Commission ; il offrait la liberté d’opposer les lois sociales à la « loi du marché » et à la prétendue « liberté d’entreprendre » ; et l’autorisation des privatisations partielles ne se substituait pas à la défense des services publics, mais bien à l’obligation des privatisations totales, prévue par les traités en vigueur. Le traité prétendait organiser une cohabitation entre la loi du marché et l’action sociale là où, sans lui, la loi du marché, donc le refus de la liberté d’action sociale, était en place. Aujourd’hui, le nouveau Défenseur du Féodalisme Économique au pouvoir en France envisage un nouveau traité, sans la moindre trace de liberté sociale. Les « anti-libéraux » ont gagné !

jeudi 17 mai 2007

La fiction s'en mèle

Est disponible sur le net (enfin, en principe... :

Deux ans après (www.deuxansapres.com)

"Novembre 2009. Un Président libéral flirtant avec l¹extrême droite dirige
le pays depuis deux ans. Dans une France bien-pensante et sécuritaire, les
clivages se sont exacerbés au point de faire naître une Résistance. Sa
vocation principale est de soulager la souffrance sociale, mais ses
activités menacent la stabilité du pouvoir. A l¹occasion d¹une enquête sur
un crime d¹Etat raté, l¹avocate du quidam arrêté par erreur explore cette
nouvelle France polarisée à l¹excès. A la fois noir et drôle, ce roman que
nous vous invitons à télécharger gratuitement et à diffuser le plus
largement est le premier acte de militantisme littéraire sur le web."
(sic)
>> Télécharger...
<http://deuxansapres.typepad.com/resistance/files/deux_ans_apres.pdf>

jeudi 10 mai 2007

Un message sans ambiguïté

Ce que l’ "incident de Malte" révèle est, d’une manière que personne ne pourra plus nier, si ce n’est pour des raisons tactiques, la prise de possession du pays entier par celui qui a utilisé Nicolas Sarkozy comme prête-nom, parce qu’il estimait ne pas avoir le charisme de son modèle Silvio Berlusconi. En offrant au susdit prête-nom un séjour de vacances qui le consolera de la pénibilité des cinq ans d’Elysée qu’il va devoir assumer, Vincent Bolloré a affiché haut et clair qui est désormais titulaire occulte et non élu de la magistrature suprême, et employeur du prétendu Président de la République : le capitaine d’industrie et futur propriétaire de plusieurs titres majeurs de la presse française, celui qui, par des articles juste déformés à souhait, a su détourner le cœur de l’électorat socialiste, les lecteurs de l’ex-quotidien « de gauche » Le Monde, d’un vote conforme à leurs idées, le futur Berlusconi français Vincent Bolloré. Ne pas voir que, par son « cadeau » à son « ami » Sarkozy il a revendiqué haut et clair la répartition des rôles qu’il estime juste, lui aux idées et son prête-nom à l’Elysée, demande maintenant un aveuglement coupable dont, hélas, l’électorat français ne demande que l’occasion de faire preuve, si on ne l’en empêche pas. Les commentaires pseudo socialistes du Monde, l’un pour reprocher à Ségolène Royal la défaite qu’elle seule aurait pu éviter, l’autre pour présenter Sarkozy comme un « démocrate de gauche » ne font que surenchérir sur cette tactique et cette volonté de diriger la France par presse interposée de Vincent Bolloré. Que la société française, et le PS en particulier, ne se trompe plus d’adversaire. Sarkozy n’est qu’un camouflage et le porte-parole efficace de l’adversaire réel.

mercredi 9 mai 2007

La revanche de Guizot

L’élection de Nicolas Sarkozy est la plus belle revanche posthume que les amnésiques français pouvaient offrir à Guizot. Car le programme de Nicolas Sarkozy tient tout entier dans la formule de Guizot : « Enrichissez-vous », avec le même sous-entendu : à condition d’en avoir les moyens, de ne pas être parmi les exclus ou les exploités du système..

Sarkozy veut, comme Guizot avant lui, que ceux qui sont en mesure de gagner de l’argent ne soient pas gênés pour ce faire par la nécessité de permettre de vivre aux exclus et aux exploités du système. La seule différence est que Sarkozy doit, pour retrouver le programme de son devancier, abolir les mesures sociales qui ont été mises en place, par étapes, depuis le renversement de son inspirateur. Les descendants de ceux qui ont fait tomber Guizot ont oublié ce qu’ont été obligés de faire leurs ancêtres pour nous permettre d’exister dans la France actuelle qui, si elle n’est pas socialiste, n’est plus la jungle des capitaines d’industrie qu’encourageait Guizot à s’enrichir aux dépens du reste de la population. Pour la recréer, il faudra à notre nouveau président ramener le pays en arrière de plus de cent soixante ans. Mais il compte bien le faire, si les électeurs ne réveillent pas leur mémoire et leur volonté de maintenir en France une part de justice sociale.

Fichage génétique

La loi Sarkozy sur le fichage génétique des primo-délinquants, la tendance à surveiller à vie quiconque se fait arrêter pour un délit mineur, une discussion sur une liste Internet, m'ont fait écrire le suivant:
On prétend que ceux qui commettent un petit délit
risquent d'en commettre un plus gros ensuite.
On prétend le déduire d'un raisonnement à l'envers qui
utilise le fait que presque tous les grands criminels
ont commis des délits moindres avant leur(s) crime(s)
majeur(s).
Si elle était possible, il serait utile de faire une
étude qui mette les choses dans le bons sens et qui
recense, avec les études de probabilités appropriées
- combien d'auteurs de délits impunis ont poursuivi
et aggravé leur carrière criminelle;
- combien d'auteurs de délits impunis ont préféré
ne pas recommencer soit par sagesse,
soit par crainte d'être pris;
- combien d'auteurs de délits qui se sont fait prendre
ont préféré ne pas recommencer;
- combien d'auteurs de délits qui se sont fait prendre
ont recommencé en se disant "on ne me prendra pas
de nouveau;
- combien d'auteurs de délits qui se sont fait prendre
ont recommencé parce que la sanction leur a paru
trop légère;
- combien d'auteurs de délits qui se sont fait prendre
ont recommencé parce que la sanction leur a paru excessive
et qu'ils ont voulu la mériter à postériori;
- combien d'auteurs de délits qui se sont fait prendre
ont recommencé parce que, en prison, ils ont "compris"
les règles du milieu;
- combien d'auteurs de délits qui se sont fait prendre
ont recommencé parce que l'inscription sur le casier
judiciaire les empêchait de redevenir honnêtes;
etc...
Il y a de quoi rendre fou quiconque voudrait prouver
à l'aide des statistiques qu'il y a des criminels
irrécupérables qu'on devrait ficher dès le premier délit
(et quelle proportion des délinquants juvéniles
représente cette catégorie).
A moins que le seul fait de prétendre la chose ne soit
déjà un indice inquiétant quant à la bonne santé mentale
du maniaque du fichage...

jeudi 3 mai 2007

Impots

Je n'ai pas suivi le débat d'hier, mais quelques phrases du candidat néo-féodaliste (la libération des patrons des contraintes sociales, j'appelle ça du néo-féodalisme) étaient basées sur la vision de l'impôt sous son seul aspect de charges que l'état gourmand essayerait d'élargir au maximum pour le seul plaisir de remplir ses caisses; cette vision, tout à fait normale dans une pensée féodaliste, est tout à fait incompatible avec tout questionnement sur le rôle de l'Etat et la nécessité, réelle, de disposer des moyens de remplir ce rôle.
Dans la vision sociale, l'impot est seulement le moyen pour l'Etat de pouvoir assumer ses tâches; les impôts doivent être décidés exclusivement en foncrion des besoins (ce qui, soit dit entre parenthèses, rend incorrect l'idée d'un impot punitif comme l'est l'impôt sur la fortune, même rebaptisé Impôt de Solidarité); à la lmite et même si la tachede redistribution est aussi une tache de l'état, le moyen de l'assurer devrait être séparé des impôts "ordinaires".
Et plutôt que de remplir d'abord les caisses le plus possibles en créant des charges plus ou moins supportables par les contribuables, l'organisation des actions nécessaires en fonction de leurs nécessités, puis la décision de répartir le financement de ces actions par des prélèvements adaptés, demande une remise à plat de tout le système, et d'abord l'inversion des priorités entre le prélèvement de l'impot et l'utilisation des fonds recueillis.
Les charges ne doivent pas être imposées pour le plaisir ou parce que c'est possible; elles doivent n'être mises en forme et réparties qu'après le débat sur les nécessités...

lundi 23 avril 2007

La France du 21° siècle...

La France du 21° siècle contre celle du XIX°

Ségolène Royal contre Nicolas Sarkozy, c’est l’Avenir contre le Retour à Guizot, c’est la France solidaire contre celle des Grandes Compagnies. En avant ou en arrière toute.

Pas besoin de chercher plus loin.

Evidemment la marche en avant demanderait des efforts, de la participation. Il est tellement plus simple d’abandonner toute responsabilité, de laisser les autres, les puissants, décider pour tous et se contenter des miettes, de plus en plus restreintes, qu’ils voudront bien distribuer, entre les coups de matraque. Pas étonnant que le mini-tsar soit en tête du premier tour.

Mais,qui sait, peut-être reste-t-il en France suffisamment de volonté de créer une France nouvelle, plutôt que de recréer la France disparue de Guizot, celle dont les Français de l’époque ne voulaient plus.

L’avenir sera-t-il rose ? Faisons ce que nous pouvons pour ça…

dimanche 22 avril 2007

Après le premier tour de l'élection présidentielle

Bon, le système éliminatoire a fonctionné comme il le devait, et a redonné le seul résultat qui était possible dans un système inspiré des primaires américaines; mais en fait ce système ne marche que quand les règles de base, c.a.d. division de la France en deux blocs, appelés par commodité "gauche" et "droite", et existence d'un seul candidat crédible dans chacun des deux blocs, ce candidat éliminant sans peine ses concurrents du dit bloc, sont respectées; l'existence d'une "troisième force" est inacceptable dans ce système, d'autant plus que si jamais l'un des "chefs de bloc" faiblit, tout le bloc se trouve éliminé, comme cela s'est produit en 2002.
Trouver un meilleur système, qui respecterait l'existence de "hors blocs"? C'est un travail pour les bricoleurs politiques; mais d'ici à ce qu'on nous en propose un qui soit viable, honnête et juste, le système actel peut perdurer jusqu'au jour où il cassera dans un choc de 2002 aggravé.

mardi 17 avril 2007

Un supplétif (conscient ?) de Le Pen

Dans le quotidien 20minutes de ce lundi 16 avril, M. Sarkozy parachève la démonstration de sa stupidité ou de sa duplicité en déclarant qu’il ne s’intéresse pas à Le Pen, mais seulement aux électeurs de Le Pen : après leur avoir dit « Le Pen a raison, votez pour moi pour que je fasse ce qu’il vous promet » ce qui, dans la tête de la quasi-totalité des électeurs de Le Pen et d’une partie de ceux de l’UMP, se traduira par « Le Pen a raison, personne ne réalisera ses promesses à sa place », il avertit les imbéciles qui auraient pu le croire qu’il a l’intention de se foutre d’eux…

De façon à assurer que les transferts de voix se fassent dans un seul sens : de l’UMP vers le FN.

A tel point que si M. Sarkozy obtient au premier tour un résultat supérieur aux 15% dont il crédite Le Pen, et le dit Le Pen moins que les 28% que se promet Sarkozy, la fraude sera flagrante.

Alors ? Eh bien, il est temps de se préparer à un second tour où Le Pen sera non seulement présent, mais favori. Et de voter pour un candidat capable de battre Le Pen au second tour ; certainement pas le supplétif de qui nous parlons ici, l’Iznogoud de l’UMP… Sans doute pas non plus Bayrou. Je ne garantis pas que Royal y arrive, mais c’est encore la meilleure chance de la République…

vendredi 13 avril 2007

Test politique du N. O.

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2214/dossier/a339150-votre_profil_politique_en_12_questions.html

J’ai fait le test stupide (où sont les grands tests des années 80 comme ce test ancien que je voudrais bien retrouver sur les fantasmes sexuels qui m’a permis de comprendre que j’avais une libido normale, mais des fantasmes précis desquels je n’avais pas compris la spécificité et la normalité ?) et me suis retrouvé avec un résultat presque plat (4 fois 2 réponses dans la catégorie ; seule Ségo a obtenu 3 points et Sarko 1 seul, ouf !)…

mercredi 28 mars 2007

La veille de la mort de la liberté?

Les "incidents" qui se sont produits hier à la Gare du Nord ne sauraient avoir que des conséquences néfastes pour les libertés. A moins qu'il ne soit établi que le fraudeur interpellé a réellement été l'objet d'une interpellation "bavure", c.a.d. que les policiers l'auraient battu avant qu'il ne se révolte, nous nous trouvons là devant un cas où la population a pris fait et cause pour les casseurs contre les policiers dont le premier rôle devrait être de protéger les honnêtes gens; ceci veut dire que soit nous arriverons à un faux ordre de type fasciste dans lequel les policiers auraient toujoursd raison, soit nous arriverons à un fascisme de bandits dans lesquel la violation de la loi est devenue normale. dans les deux cas, "ordre" policier ou "désordre" criminel, la liberté succombe.

mercredi 21 mars 2007

L'élection du 22 avril invalidée d'avance

En autorisant un négateur de la démocratie représentative, des lois votées, et donc de la constitution tel que José Bové à participer, le Conseil Constitutionnel a d'avance invalidé l'élection. Tout vote pour Bové sera une négation de l'élection et invalidera d'avance toute loi votée à l'initiative de quelque candidat que ce soit (fût-ce Bové).

lundi 19 mars 2007

Prédation (retour?)

Le thème me taraude, je l'ai peut-être déjà évoqué...

Depuis des millénaires l’humanité a comporté deux catégories d’individus qui s’efforçaient plus ou moins de cohabiter : ceux qui construisent le monde, produisent, organisent, et ceux qui utilisent ce qui existe, s’emparent de ce qu’ils peuvent, limitent plus ou moins leur prédations ; depuis longtemps, les lois morales ne s’occupent que de limiter et d’organiser la prédation, en supposant la production plus ou moins automatique, voire, dans le meilleur des cas, en rappelant qu’avant de prendre il faut avoir créé, en essayant donc d’imposer des actes de création à ceux qui n’ont que la prédation en tête.

Mais, de plus en plus, la prédation, ses limites éventuelles, et la volonté-droit de chacun à prendre autant que les autres ou, du moins, à essayer, a complètement oblitéré dans l’esprit de tous l’idée même de création (production réelle ou organisation).

Il y avait deux sortes de patrons, de « créateurs d’entreprises » : ceux qui volaient réaliser une idée, produire quelque chose, montrer leur talent d’organisateur et de créateur, et ceux qui veulent gagner le plus d’argent possible à partir du travail des autres ; ceux pour qui le profit personnel n’était qu’un outil pour leur permettre de vivre et de créer, et ceux qui ne considèrent la production que comme un moyen de gagner de l’argent ; combien reste-t-il, dans le patronat actuel de représentants de la première catégorie ?

Il y avait deux sortes d’ouvriers ou d’artisans : ceux qui prenaient plaisir à créer, qui veillaient à bien faire leur travail pour leur propre satisfaction, le salaire étant une nécessité plus ou moins accessoire, ou une reconnaissance méritée de leurs efforts, et ceux qui ne travaillent que pour gagner le salaire, et qui donc cherchent à avoir le salaire le plus élevé possible pour l’effort le moindre possible, et pour qui la qualité du travail n’est rien de plus qu’une nécessité imposée par le contrôle patronal. La question n’est même pas de savoir combien la première catégorie compte encore de représentants ; c’est de savoir si elle existe encore. Moi-même hésite à m’y inclure, c’est dire combien je suis peu disposé à y inclure qui que ce soit.

Et le phénomène n’est pas limité à la France, loin de là. Porté par la « morale islamique » qui est, exclusivement, une morale de prédateurs, il ne fait que s’amplifier dans toutes les générations de révoltés, qui se disent « anti-capitalistes » alors même que ce sont les traits mêmes du capitalisme sauvage qu’ils développent comme base, comme justification, de leur révolte ; pas le rejet de ces traits : la volonté de les détourner à leur profit. D’une certaine façon, si les prédateurs économiques modernes ont détourné à leur profit et utilisent à contresens le vocable « libéralisme », l’anti-libéralisme, lui, porte bien son nom, puisqu’il conforte la volonté prédatrice qu’il ne combat que chez les autres, mais rejoint le pseudo-libéralisme dans sa lutte contre les vraies libertés, celle de vivre, celle de participer à la société.

samedi 17 mars 2007

Élections pièges à cons

Comment qualifier autrement l’article de pseudo-mathématique électorale paru dans le Nouvel Observateur de cette semaine ( http://hebdo.nouvelobs.com/p2210/articles/a335849.html ) qui prétend améliorer le mode de vote ? C’est de la trichotetratomie (coupage de cheveux en quatre dans le sens de la longueur) dans toute sa hideur ; un système qui demandera un brevet et six mois d’entraînement aux électeurs, et qui ne saurait fonctionner que dans des cas d’élection avec corps électoral limité en taille.

Prétendre résoudre les difficultés d’obtenir une manière satisfaisante de faire déléguer les pouvoirs, car elle est bien la base de la démocratie représentative a toujours été un problème insoluble ; les mathématiciens, qui connaissent bien le « paradoxe de Condorcet », devraient être les derniers à) prétendre proposer un système meilleur que ceux existants… un tel système ne saurait marcher que de manière théorique, si les électeurs sont conformes au modèle utilisé, si la loi de Murphy autorise une élection sans paradoxe…

A la rigueur, un système mis au point pour faire voter les robots a des chances de fonctionner aussi longtemps que le programme des dits robots ne sera pas infecté par un virus ; avec les électeurs, il faudrait un virus très puissant pour que le système fonctionne ne serait-ce qu’une seule fois. Dans une démocratie communiste, peut-être ; ou avec le système haïtien (des bulletins de couleurs différentes et les houngas interdisent de toucher du papier de la mauvaise couleur)…

Sinon c’est l’usine à gaz, il faudra toujours raffiner le système qui ne sera jamais satisfaisant. Le « moins pire » reste, malgré tout, pour des élections législatives, un système de proportionnelle régionale avec des sièges répartis de façon proportionnelle au nombre d’électeurs des différentes régions, et une attribution des sièges restants au plus fort quotient. Et un système de vote Oui-Non pour des élections du genre présidentielle éviterait, peut-être, l’« incident » de 2002 (chaque électeur vote Oui ou Non pour chaque candidat, seul un candidat qui dépasse 50% de Oui peut être élu, et dans le cas où il y en a plusieurs, on choisit celui qui en a le plus. Et si aucun candidat ne franchit les 50% ? Je ne sais pas, aucun système ne pourrait rendre légitime aucun des candidats, dans ce cas.

Bon, en attendant, l’élection présidentielle de 2007 est partie… Faudra faire avec le système existant, avec les 7 ou 8 candidats anti-démocratiques dont le seul espoir est de faire chuter le candidat qui est le plus proche de leurs idées, et d’en garantir la non-présentation au second tour. Tous ces soi-disant « candidats de gauche » qui veulent assurer une élection sans représentant de la gauche au second tour, tandis que les candidats « indépendants » limitent les espoirs des candidats de droite, mais ne les menacent pas vraiment. Comme en 2005 les soi-disant « anti-libéraux » ont fait disparaître l’espoir d’une Europe où le libéralisme ne serait pas la seule loi valide, ont fait exclure totalement l’existence d’une Europe sociale sous prétexte qu’elle serait seulement "possible"…

vendredi 16 mars 2007

Identité nationale

Le débat sur l’identité nationale est probablement sans fin, surtout si on lui adjoint les sous-entendus faux habituels, à savoir

Parler d’identité nationale est réservé aux penseurs nationalistes ;

Nationalité et citoyenneté sont synonymes ;

Il est indispensable d’avoir la nationalité du pays où on réside ;

Parce que avant même de pouvoir débattre sainement et honnêtement de cette notion, avant même de pouvoir séparer sans tomber dans le racisme et la xénophobie les nationaux d’un pays et les résidents étrangers, il est indispensable de remettre en forme les notions de base, et cette remise en forme ne saurait être faite que si les penseurs « de gauche » attaquent le problème sans rejet a priori.

Une fois écarté ces a priori nationalistes comme quoi seuls les descendants de français (je restreins le problème pour simplifier certaines formulations, mais on peut généraliser) de souche (depuis quand ?) peuvent se déclarer français, comme quoi la nationalité serait de nature génétique et polluée par la présence d’un seul chromosome d’origine étrangère, il est quand même possible de chercher à déterminer quels aspects ethniques ou culturels fondent l’appartenance à la nationalité.

Côté ethnique, il est difficile de valider quelque restriction que ce soit ; la présence ou l’absence d’ancêtres gaulois, francs (des envahisseurs arrivés au V° siècle), normands (arrivés au X° siècle) ou autres immigrés (en restreignant le mot à son sens réel : gens venus d’ailleurs et installés définitivement sur le sol français) n’est pas, aujourd’hui, un critère déterminant de l’appartenance à la nation française qui s’est constituée, de fait, depuis 1215.

Côté culturel, il y a quand même au moins un critère fondamental : aujourd’hui que la France est « une et indivisible » avec sa langue spécifique (en fait limitée au seul langage parisien imposé aux régions comme modèle unique), la pensée « française » ne saurait s’exprimer sans maîtrise de la langue française.

Un deuxième critère paraît s’imposer : l’acceptation des lois fondamentales, constitutionnelles, des « Droits de l’Homme » dans leur formulation française. Ce qui, soit dit au passage, justifierait largement l’expulsion et la privation de la nationalité française et de la citoyenneté de ceux qui prétendent remettre en cause ces principes fondamentaux, autrement dit des « nationalistes » du « Front national » et des mouvements analogues. De même que, sachant que la liberté de religion est un principe de base de la loi française, les intégristes religieux de tout bord, aussi bien les catholiques que les islamistes, devraient être expulsés. A la bourse aux zones de non-droit, l’Église Saint Bernard vaut les cités de Clichy…

« La France, aime-là ou quitte-la », ça s’applique aussi bien aux fachos de tout poil qu’aux communautaristes « immigrés ».

Je l’ai écrit plus haut : la religion ne saurait être invoquée comme critère national ; par contre l’acceptation de la différence religieuse, la tolérance, est un critère discriminant, inclus dans le deuxième ci-dessus.

Un critère qui, à mon avis, joue pour la citoyenneté, mais pas pour la nationalité : la participation sociale, le respect des lois. Un fraudeur, un asocial, un criminel, peuvent être déchus de leurs droits sociaux et exclus de la communauté sociale ; cela n’en fera pas pour autant des étrangers.

Et il importe de séparer la citoyenneté, ensemble de droits et de devoirs, du droit de vote aux cotisations sociales et aux impôts ou aides, de la nationalité, qui demeure une notion strictement culturelle et abstraite.

Je reviendrai sur cette réflexion fondamentale…

Polnareff et la chanson française

L’article du Nouvel Observateur consacré au retour en France de Polnareff porte un titre provocateur : « La chanson française n’existe plus ». Sous prétexte qu’il s’est exilé pour des motifs qu’on peut apprécier de façon différente, Mossieu Polnareff considère que son départ a affecté la qualité de la chanson française ; il n’a certainement rien écouté de tout ce qui a pu être fait en son absence. Et puisqu’il n’a vécu qu’aux États-Unis, puisqu’il n’a écouté que des chanteurs anglo-saxons, il a décidé que la chanson française n’existait plus.

Chacun ses goûts, je ne défendrai pas le rap ou les chanteurs que je n’aime pas, moins encore les créations de la Star Ac ; mais Henri Tachan chante depuis plus de quarante ans avec un public fidèle et loin d’être négligeable ; Jacques Bertin fait de même ; ce n’est pas parce qu’ils se confinent, plus ou moins volontairement, en province, qu’Anne Vanderlove, Jacques Barthes et plusieurs autres auraient disparu. Et Béa Tristan revient peu à peu sur scène et prépare deux CDs, dont un enregistré en public (voir http://www.beatristan.com ). Combien de jeunes chanteurs, comme par exemple Juliette, nous offrent des chansons de qualité…

Mossieu Polnareff, ne prenez pas votre désir d’incarner « la » chanson française pour une réalité. La chanson française est là, elle se passe de vous !

mardi 6 mars 2007

Pourquoi parlons-nous?

Tel était le titre d'une conférence suivie ce matin à l'Université René Descartes (ParisV) dans ses locaux de Boulogne Billancourt.

Assez schématique par rapport à un sujet aussi vaste qu’encore peu exploré, la question de la naissance du langage, la conférence a porté sur quelques points, en vue de montrer que la communication humaine était de nature politique. Non directement rentable en tant que stratégie darwinienne, l’existence du langage aurait été une stratégie de séduction et de sélection d’amis, de création d’influence dans une espèce organisée de façon politique.

Si l’organisation politique de l’espèce n’est pas spécifique de l’espèce humaine, la création et l’emploi du langage comme outil politique, avec une stratégie plus complexe que le simple affichage publicitaire des chants d’oiseaux, semble s’avérer l’apanage de cette seule espèce (sauf si les dauphins…).

Au passage, la conférence a résolu par le biais le paradoxe du menteur : la stratégie correcte d’un menteur n’est pas de toujours mentir, mais bien de mentir une fois sur deux ! Comme le montre la « stratégie » des chimpanzés.

Autre point essentiel, montré par l’emploi des simulations d’évolution : les sauts évolutifs sont non instantanés, mais extrêmement (au sens historique) rapides, entre paliers évolutifs, attracteurs assez séparés.

Le langage n’a pas pour but de transmettre les connaissances, même si cela en est un des effets. Il n’est pas ici dans l’intérêt de l’auditeur, car les stratégies darwiniennes auraient alors conduit à sa disparition rapide, l’intérêt de l’auditeur étant la capitalisation, par leur rétention, des informations. Or ce qui se passe est que le locuteur a, lui, intérêt à se présenter comme donneur d’informations, si possible acceptées, d’où la présence d’un mécanisme de contrôle de la véracité des déclarations via leur cohérence interne et avec les acquis antérieurs, l’argumentation.

La politique, basée donc sur le bavardage et la multiplication d’informations curieuses, vise donc à accroître le prestige de celui qui a le plus de choses intéressantes, originales, cohérentes via l’argumentation, à donner.

S’il n’avait pour but que la diffusion d’informations utiles, le langage serait beaucoup plus restreint qu’il ne l’est ; c’est parce qu’il doit au contraire s’adapter à la diffusion d’informations aussi extraordinaires, exceptionnelles que possible, que le locuteur moyen a besoin d’un bagage de l’ordre de 20000 mots en moyenne, d’une mémoire événementielle qui peut paraître un accessoire superflu et coûteux en terme d’efficacité du cerveau d’un point de vue d’ingénieur.

vendredi 2 mars 2007

Tolérance et Islam

Régulièrement, la question de savoir ce qui est permis aux non-musulmans dans les pays non islamiques se repose: affaire des caricatures de Mahomet, programme de l'Opéra de Berlin, etc...
La question posée est de savoir si, sous prétexte de respect des minorités, la loi islamique ne doit pas être appliquée dans tout pays où habite un musulman. Exagéré? Non, justement. Les réactions des musulmans dans leurs pays d'accueil, l'influence croissante des islamistes, se résument à ça: la liberté religieuse de l'Islam passe par l'interdiction de toute liberté non islamique, l'application de la loi islamique la plus sévère dans tout pays où la communauté musulmane dépasse 1 personne.
Les islamistes n'ont pas inventé ce genre de procédé de tout exiger au nom de leur liberté d'exister et du respect de leurs choix; les missionnaires chrétiens d'autrefois auraient bien voulu pouvoir exiger l'application de leur façon de concevoir le monde dès qu'ils entraient dans un pays.
La différence, c'est qu'aujourd'hui, entre l'exagération par les pays démocratiques du droit à la différence devenu pour les islamistes le droit d'imposer leur vision du monde à tous et les craintes de réactions terroristes au seul exercice du droit de ne pas être musulman dans un pays non islamique, eux risquent de gagner cette gageure: imposer l'intolérance islamiste au nom de la tolérance de l'Islam.

mercredi 28 février 2007

Des migrants et des délinquants

Une affiche (vue dans le métro) nous rappelle fort opportunément que traiter les migrants comme des délinquants n'est pas acceptable; mais traiter les délinquants comme des migrants, autrement dit contester toute action policière à l'encontre des délinquants est-il plus acceptable? Et la confusion dans un sens ne nourrit-elle pas celle dans l'autre sens?
Exiger de la police et de la justice plus de discernement va avec la nécessité de lui laisser la possibilité de faire son travail, la lutte contre crime et délinquance, en même temps qu'on leur interdira les abus liés à la confusion.
Pour valider la présomption d'innocence, il faut en interdire l'usage par les coupables avérés.
Pour pouvoir l'appliquer aux migrants non délinquants, il faut que les délinquants soient bien traités comme tels, même si migrants.

lundi 26 février 2007

La démocratie, un mensonge?

Je réagis à retardement à l'article du Nouvel Obs du 26 octobre dernier, interview de l'écrivain José Saramago, mais je ne l'avais pas lu, seulement mis de côté.
Je repense à la phrase de Churchill : la démocratie est le pire des régimes possibles, si on exclut tous les autres.
Et à la définition de la liberté dans certains pays libérés de l'occupation nazie: la liberté, c'est quand on entend sonner le matin à cinq heures et qu'on pense "Tiens, v'la l'laitier..."
Sans oublier la plaisanterie française: En dictature, on te dit : tais toi!; en France, on te dit : cause toujours, tu m'intéresses!
Malgré tous les défauts de la démocratie REPRESENTATIVE (ne perdons pas de vue que la démocratie directe n'a de sens que dans une petite communauté, au maximum un village de 200 habitants), elle demeure le seul régime où chacun peut essayer de s'informer et de défendre ses opinions, et même si lres prétendues "contraintes économiques" imposent les choix politiques de tous les "représentants du peuple", les citoyens, par leur intermédiaire et celui des consultations nécessaires, ou par leurs actes économiques (achats ou boycotts de produits, manifestations) peuvent influer même sur ces prétendues contraintes.
Un antidémocrate populiste (je sais ce que veut le peuple, pas besoin de demander) notoire vient de ressortir un programme que, même s'il parvenait, à la France ne plaise, au pouvoir, il ne saurait appliquer; pas tant à cause des "contraintes économiques" que des réalités politiques, des traités signés et ratifiés, des réactions des opinions en France et ailleurs dans le monde.
Même si les antidémocrates de tout bord (mais à mes yeux tous d'extrême droite même s'ils se réclament du socialisme) la dénigrent et prétendent qu'elle n'exprime pas la "volonté du peuple", elle demeure ce qui y reste le plus conforme...

vendredi 23 février 2007

Une campagne à l'envers

L’article de Claude Weill dans le dernier N.O. est tout à fait juste sur ce point ; il est incroyable et inadmissible que ce soit à Mme Royal de faire la remise en place des bases d’un combat législatif, de la mise en place d’un programme qui n’a rien de présidentiel et tout de législatif, de la définition des buts et des moyens de la réalisation de ce programme.

Le résultat est que Mme Royal doit assumer en même temps les deux rôles de candidat à la présidence, c.a.d. de femme d’état, et de chef du parti pour les élections législatives, c.a.d. de chef politique. Et tout le monde sait bien que ces deux rôles sont, de fait, incompatibles et que le grand écart que représente le fait de prétendre assumer les deux ne peut conduire qu’à des bourdes et des positions intenables.

Le premier coupable de cette situation est certainement Lionel Jospin, pour avoir voulu assumer de front les deux rôles contradictoires de premier ministre et de candidat à la présidentielle. Le résultat était couru d’avance ; avoir de plus subordonné l’élection législative au résultat de la présidentielle n’a fait qu’aggraver la situation de l’équilibriste-candidat, et ses conséquences pour le Parti Socialiste.

Les autres coupables ont été tous ceux qui ont ignoré le besoin de reconstruire le P.S. avant de se placer comme candidat, et celui de doter le dit P.S. d’un chef de parti pour la bataille législative en plus des éventuels candidats à la présidentielle.

Il faut laisser à Mme Royal le fait qu’elle essaye de recréer un parti qui a cessé d’exister le 20 avril 2002. Je dis bien le 20 : avant l’élection, pas le lendemain…

Le résultat est là. Que le candidat d’en face soit aussi incapable de gérer son image de président possible de tous les français et fasse apparaître l’élection comme un acte de soumission à leur futur maître de tous ceux qui ne font pas partie de sa clique n’arrange hélas rien.

Cela apporte quelques voix à M. Bayrou, et met de façon hélas plus que probable Le Pen largement en tête…

Une autre conséquence est le fait que ceux qui, au parti socialiste, croient en la préparation de l’élection législative en dehors de l’élection présidentielle, gaspillent leurs forces : à partir du moment où Mme Royal est la représentante du programme législatif du P.S., le présentation des candidats se ramène à « Tous avec Ségolène, et je suis son représentant dans la circonscription ». Et en cas de défaite de la candidate unique, sera-ce encore la peine de se présenter ? Quant à présenter autre chose que le soutien (éventuellement à retardement) à Mme Royal, il n’en serait même pas question…

lundi 19 février 2007

Liberté, liberté chérie...

Voici un mot qui a au moins trois sens tellement différents qu’il faudrait en fait trois mots différents pour les exprimer ; car il n’y a pas seulement des différences, il y a même des contradictions entre eux, au point qu’entre les « libertaires » (anarchistes) et les « libéraux » (mais y a-t-il quoi que ce soit de communs entre le « libéralisme » «économique et la défense des libertés politiques ?), sans compter les prétendus libertariens américains, dont les théories ont tellement changé en trente ans que leurs partisans d’autrefois sont leurs adversaires les plus acharnés aujourd’hui et réciproquement, ce mot, si bien illustré par le célèbre poème d’Eluard qui, de fait visait l’une bien précise de ses significations, a été mis à toutes les sauces et souvent de façon contradictoire.

Distinguons donc au moins trois variétés différentes :

La liberté d’opinion et d’expression, aujourd’hui « garantie » par la Déclaration des droits humains, et pourtant encore contestée par certaines dictatures idéologiques ou religieuses (« blasphèmes », « hérésies » et autres…)…

La liberté physique, l’absence de contrainte, d’emprisonnement, dont disposent les citoyens et plus généralement les résidents des pays démocratiques « libres » (c.a.d. non occupés par des forces armées étrangères)…

La liberté d’action et souvent de nuire au prochain dont disposent les délinquants qui n’ont pas été arrêtés et mis hors d’état de nuire ; liberté liée au laxisme où à l’impuissance des autorités, à des réclamations excessives de tous ceux qui craignent, pas toujours, mais souvent, à tort, que la lutte contre la délinquance se transforme en « chasse au faciès » ou en dictature.

La confusion permanente entre ces trois concepts assez distincts aboutit à des aberrations que je refuse d’accepter :

La confusion entre innocence et non-condamnation qui aboutit à ce que ceux qui profitent (abusent ?) de la présomption d’innocence sont plus souvent les coupables en attente d’un non-lieu que les vrais innocents qui resteront marqués par l’accusation subie à tort…

La confusion entre libéralisme et laxisme qui se cache derrière le refus de toute répression, alors que l’important est de bien la limiter aux seuls coupables et de protéger les innocents non seulement contre les bavures de la répression, mais aussi contre les exactions des vrais criminels…

Et cet emploi abusif du mot « libéralisme » pour désigner la liberté de nuire laissée aux « barons » de l’économie par un système qui ramène le capitalisme autrefois progressiste à la seule justification d’une féodalité financière ; la loi du marché, qui serait gage d’égalité en l’absence de « puissances financières », se transforme sous leur action en oppression économique de la majorité par les quelques « nobles » de la nouvelle noblesse de l’argent. Au point que certains s’enorgueillissent maintenant d’être « anti-libéraux » en confondant refus de la « liberté » de nuire des « puissants » et refus général de la liberté, retour à la dictature ?

Je ne sais pas bien comment il faudrait modifier les défauts de cette polysémie du mot « liberté », quels mots différents il faudrait créer et populariser ; mais je crois qu’une des racines de la confusion politique actuelle est là, dans ces emplois excessivement variés, voire contradictoires, d’un mot qui devrait être réservé au seul sens illustré par Eluard…

vendredi 16 février 2007

Petits candidats et remise en cause de la démocratie

Je vois dans le 20 minutes d’hier une liste des « petits candidats », c.a d., parce que c’est ainsi que je crois nécessaire de les considérés, de ces saboteurs du débat démocratique qui prétendent fausser l’élection en enlevant aux candidats susceptibles d’être élus et, éventuellement, de réaliser les actes que ces parasites prétendent demander, les voix des électeurs qui désirent les dits actes. A la limite, les électeurs qui votent pour un tel candidat votent CONTRE les idées qu’il prétend défendre, en enlevant leur voix au candidat éligible susceptible de les réaliser.

Ceci est aussi vrai à droite qu’à gauche, bien sûr, même si, comme nous l’avons vu en 2002, c’est à gauche que cela est le plus nuisible : nous avons bien vu en 2002 comment, en détournant les voix des électeurs « de gauche » vers toutes les formes variées de l’engagement politique qui se réclament de la gauche, les « petits candidats » ont réussi à ce que la gauche ne participe pas au scrutin réel qu’est le second tour.

Avec leur système de primaires, les Etats-Unis ont pu mettre en place un système qui permet de choisir entre plusieurs candidats qui se réclament du même bord après quoi un seul tour donne un choix réel ; même si le système ne manque pas par ailleurs de défauts et d’opacités, de déficit démocratique, au moins il n’a pas ce défaut que je crois majeur. Que le « candidat unique » doive être choisi entre plusieurs prétendants ne fait pas de doute ; mais une fois ce débat interne à la gauche (ou à la droite) réglé par un système de primaires, à quoi cela sert-il de venir enlever au seul candidat éligible de gauche une partie des voix dont il a besoin, alors même que plusieurs autres candidats sont susceptibles de lui barrer l’accès au second tour, parce qu’il y a quand même différence entre un candidat centriste, un candidat de droite libérale et un candidat d’« extrême » droite totalitaire et que la présence de deux d’entre eux au second tour n’est pas exclue.

Les parasites de droite sont à la limite moins nocifs, parce qu’ils ne remettent pas vraiment en cause la présence de leurs idées au second tour. Ils n’en rendent pas moins, eux aussi, ridicule le processus démocratique qui devrait avoir pour seule fin de choisir, entre les candidats crédibles, l’élu final.

Des intellectuels et de la droite

Virent-ils à droite ?

Ce titre du Nouvel Observateur m’interpelle et me fait réagir avant même d’avoir lu l’article ; parce qu’il faudrait savoir ce que signifie « virer à droite » et, même, ce qu’est « la » droite.

Entre le déni des libertés du « fascisme » et autres dictatures dont certaines se réclament de la gauche et le libéralisme économique plus ou moins teinté de justice sociale, il n’y a pas une telle corrélation (terme de statistique) qu’on puisse prétendre définir les différents types politiques sur un axe gauche-droite ; la typologie est elle aussi un outil statistique souvent beaucoup plus parlant et efficace, parlant et rigoureux que n’importe quel prétendue statistique ou sondage sur une question.

Et prétendre que vouloir introduire une certaine rigueur (je n’ai pas écrit rigidité, c’est autre chose) dans les analyses et les réponses soit virer à droite est un non-sens. A moins que « de droite » signifie : qui sait ce qu’il veut (même si c’est une volonté anarchiste, socialiste) et « de gauche » signifie « qui se contente d’un laxisme total, y compris pour les actes fascistes des criminels, racketeurs et terroristes ». Je ne pense pas que Jaurès aurait approuvé cette vision.

Sans autoriser un « libéral autoritaire » (vous voyez à qui je pense) à invoquer les mânes de Jaurès et de Blum, prétendre que les ayant-droits à l’héritage sont ceux qui défendent le laxisme pur et l’abandon de toute discipline républicaine, qu’un Chevènement vire à droite quand il veut enseigner le respect du passé : à mon avis,c’est plutôt en faisant voter Non à l’introduction d’une part sociale en Europe sous prétexte que la nature libérale des traités précédentes n’est pas totalement abrogée d’un seul coup, mais seulement atténuée que Chevènement, et tous les « nonistes » de soi-disant gauche ont agi en « militants de droite ».

Là-dessus, je regarde ce que contient l’article, et accessoirement un article du Parisien sur le même thème ; et le titre est tout simplement à côté du sujet principal, même si cette antienne que je crois incorrecte d’opposer « être de gauche » et « vouloir une société avec des règles » le traverse par moments et fait l’objet d’une réponse de deux pages que j’approuve globalement même si je ne suis pas ancien « gauchiste » de la même manière que Bernard-Henri Lévy.

Le sujet n°1, dans un article qui se disperse de tous les côtés et qui multiplie les affirmations contradictoires, est le ralliement de certains intellectuels à Sarkozy ; d’autres auraient parlé de la prétendue ouverture à gauche de Sarkozy, de sa prétendue prise en compte des réalités sociales. Et donc de la crédulité des ralliés.

Le sujet n°2, qui s’y mélange, est le manque d’effet sur l’opinion des prises de position des intellectuelles, le fait qu’une phrase de Zidane atteint plus de monde que 100 pétitions signées par 1000 personnes chacune (les mêmes à peu de chose près, bien sûr).

Le sujet n°3 est la recherche de ce qu’est, actuellement, la galaxie « intellectuelle de gauche, les éventuels changements de position, et là on trouve les affirmations que je contestais plus haut.

Le sujet n°4 est de savoir dans quelle mesure Ségolène Royal reflète les positions évoquées au 3°, et dans quelle mesure elle, et aussi Sarkozy, cherchent plus des soutiens « populaires » (Zidane ou Doc Gynéco) que des intellectuels ; à la limite, Sarkozy est plus demandeur d’intellectuels que Madame Royal, et ceci justifie aussi les ralliements cherchés et obtenus.

Et j’oublie des affirmations variées, plus ou moins valables et réfléchies, et sans véritable rapport avec les sujets ci-dessus, qui font de l’article principal du Nouvel Observateur un véritable magma de confusion.

On peut se passer de lire cet article, à part les deux pages de Bernard-Henri Lévy…

Néanmoins le lien:
http://hebdo.nouvelobs.com/p2206/dossier/a333224.html
J'ai bien sû signalé ma propre réaction sur leur site.

jeudi 15 février 2007

Rebellion citoyenne

Après lecture de ces mots et du début de la tribune ainsi dénommée dans un quotidien, je résume mon impression: Pour obtenir des lois qui nous conviennent, il ne faut pas respecter les lois existantes. Toute loi qui n'a pas été approuvée par 100% de la population, y compris les nouveaux-nés et les criminels, ne s'appliquerait qu'à ceux qui veulent la respecter.
En fauchant les champs d'OGM légaux, Bové appelle les partisans du "progrès" OGMique à semer illégalement en dehors des parcelles autorisées. A chaque champ légal fauché répondrait, suivant la même logique, l'aspersion de graînes particulièrement résistantes et actives dans dix champs "biologiques"?
Aucune loi ne saurait être parfaite ni satisfaire tout le monde, et il est nécessaire, en bon citoyen, d'intervenir pour essayer de modifier, si les autres citoyens sont d'accord, si je peux les convaincre du besoin, ce qui est inacceptable à mes yeux; de là à justifier une rébellion, parfois nécessaire, généralement excessive, il y a un hiatus.
Passons sur le cas particulier de l'élection présidentielle. On a vu en 2002 comment l'accumulation de révoltes et de candidatures pour manifester ces révoltes a abouti à faire simplement exclure du second tour le candidatque la plupart des "candidats parasites" volaient seulement obliger à tenir compte d'eux, et à faire taire plus de la moitié de l'électorat. En plus la légitimité gagnée par le candidat anti-républicain va peser lourd cette année. Toute candidature "pour compter les voix", toute candidature de manifestation, aboutira au résultat inverse de celui affiché: renforcer les deux candidats les plus anti-démocrates. Et remettre en cau se, au moins sur le plan moral, la validité du système des deux tours, puisque, comme en 2002, nous isquons de devoir choisir entre deux candidats dont aucun ne représentera les électeurs d'une partie importante de l'opinion, celle de la gauche ou celle de la droite "raisonnable" suivant le cas. José Bové, par sa candidature, détourne ses propres partisans du soutien nécessaire à celui des candidats réels (ceux qui visent le second tour) le plus proche de ses idées; autant dire qu'il tire contre son propre camp!
Dans certains cas (est-ce celui de Bové?), c'est volontaire: politique du pire, assurer le succès de l'ennemi pour justifier une révolte totale après avoir rendu impossible un succès légal. Bref, propager une "rebellion citoyenne" qui assure un état de guerre civile permanente.
Mais n'est-ce pas de cette façon que le progrès social français, n'avançant que par accoups contre des résistances toujours renforcées par ce climat, a été tellement plus lent que dans des pays de consensus, et est perpétuellement remis en cause?

vendredi 2 février 2007

Violence

Avez-vous vu les affiches sur (prétendument contre) la violence ? Ne les avez-vous pas trouvées violentes ? L’impression qu’elles me donnent, c’est celle de légitimer la violence en tant que riposte à la violence existante. Elles ne parlent pas vraiment de soigner la violence par la parole, mais bien de crier pour accroître le climat général. En bref, elles disent aux moutons : si vous criez plus fort que les loups, si tout le monde devient loup, la violence reculera en devenant toute-puissante. Bref, une contradiction profonde et dangereuse.