samedi 17 mars 2007

Élections pièges à cons

Comment qualifier autrement l’article de pseudo-mathématique électorale paru dans le Nouvel Observateur de cette semaine ( http://hebdo.nouvelobs.com/p2210/articles/a335849.html ) qui prétend améliorer le mode de vote ? C’est de la trichotetratomie (coupage de cheveux en quatre dans le sens de la longueur) dans toute sa hideur ; un système qui demandera un brevet et six mois d’entraînement aux électeurs, et qui ne saurait fonctionner que dans des cas d’élection avec corps électoral limité en taille.

Prétendre résoudre les difficultés d’obtenir une manière satisfaisante de faire déléguer les pouvoirs, car elle est bien la base de la démocratie représentative a toujours été un problème insoluble ; les mathématiciens, qui connaissent bien le « paradoxe de Condorcet », devraient être les derniers à) prétendre proposer un système meilleur que ceux existants… un tel système ne saurait marcher que de manière théorique, si les électeurs sont conformes au modèle utilisé, si la loi de Murphy autorise une élection sans paradoxe…

A la rigueur, un système mis au point pour faire voter les robots a des chances de fonctionner aussi longtemps que le programme des dits robots ne sera pas infecté par un virus ; avec les électeurs, il faudrait un virus très puissant pour que le système fonctionne ne serait-ce qu’une seule fois. Dans une démocratie communiste, peut-être ; ou avec le système haïtien (des bulletins de couleurs différentes et les houngas interdisent de toucher du papier de la mauvaise couleur)…

Sinon c’est l’usine à gaz, il faudra toujours raffiner le système qui ne sera jamais satisfaisant. Le « moins pire » reste, malgré tout, pour des élections législatives, un système de proportionnelle régionale avec des sièges répartis de façon proportionnelle au nombre d’électeurs des différentes régions, et une attribution des sièges restants au plus fort quotient. Et un système de vote Oui-Non pour des élections du genre présidentielle éviterait, peut-être, l’« incident » de 2002 (chaque électeur vote Oui ou Non pour chaque candidat, seul un candidat qui dépasse 50% de Oui peut être élu, et dans le cas où il y en a plusieurs, on choisit celui qui en a le plus. Et si aucun candidat ne franchit les 50% ? Je ne sais pas, aucun système ne pourrait rendre légitime aucun des candidats, dans ce cas.

Bon, en attendant, l’élection présidentielle de 2007 est partie… Faudra faire avec le système existant, avec les 7 ou 8 candidats anti-démocratiques dont le seul espoir est de faire chuter le candidat qui est le plus proche de leurs idées, et d’en garantir la non-présentation au second tour. Tous ces soi-disant « candidats de gauche » qui veulent assurer une élection sans représentant de la gauche au second tour, tandis que les candidats « indépendants » limitent les espoirs des candidats de droite, mais ne les menacent pas vraiment. Comme en 2005 les soi-disant « anti-libéraux » ont fait disparaître l’espoir d’une Europe où le libéralisme ne serait pas la seule loi valide, ont fait exclure totalement l’existence d’une Europe sociale sous prétexte qu’elle serait seulement "possible"…

Aucun commentaire: