vendredi 22 juin 2007

Droite, gauche, droite, gauche, UnedeuxUne deux!

J’en ai plus que marre de ces plaisanteries sur la « Gauche » (gauche = maladroit) et la « Droite » (droit=correct, juste). De tous les vols de vocabulaire, de toutes les escroqueries, dont les malins (au sens de tumeur maligne) de la réaction passéiste (à ne pas confondre avec le droit de réagir qu’ils prétendent enlever aux progressistes, qualifiés à tort et à travers de réactionnaires) se sont rendus coupables, la réduction à une dimension de l’éventail politique et l’appropriation abusive du côté droit sont certainement le pire.

Déjà que l’opposition « droite-gauche » ne saurait être résumée sur un seul axe de coordonnées puisque la liberté physique, la liberté morale et la « liberté » économique ne sont pas synonymes, et que la liberté-fédéralisme des anarchistes va de pair avec un certain contrôle de l’économie alors même que le féodalisme économique abusivement qualifié de libéralisme s’associe, lui, au contrôle des esprits (totalitarisme ou lobotomie télévisuelle, suivant les goûts du dictateur)… Où sont le « côté droit » et le « côté gauche » de ce qui saurait, au mieux, apparaître comme des types situés à différentes régions du plan dans une AFC à deux dimensions ? Bon, je parle ici à ceux qui connaissent les bases d’une étude statistique et pour qui la statistique ne se réduit pas au mensonge chiffré.

Mais le maintien, et même le développement constant de cette confusion entre les différents sens de « droit » (rectiligne, correct, juste, honnête !) et entre ceux de gauche (maladroit, sinistre), le tout aboutissant, de plus, à jeter un opprobre encore plus grand vers l’idée même de positions médianes, raisonnées, qui prendraient en compte les arguments des deux « bords », reste une véritable hérésie, une catastrophe sans nom.

Pour quelqu’un qui considère les idées de justice, de respect et d’honnêteté comme fondamentales, bref un homme de « gauche », exiger l’inversion des qualificatifs devrait être la réclamation la plus fondamentale !

jeudi 21 juin 2007

Encore sur les déformations de vocabulaire

J'ai expliqué dans le message précédent pourquoi certains mots étaient insupportables et pourquoi ils en arrivaient à créer une tournure d’esprit généralisée où les gens trouvent normal de remettre en cause ce qui ne devrait pas l’être, mais dont le nom a été détourné par l’appropriation indue qu’en ont faite certains malins (au sens de tumeur maligne) ; résultats : les anti-libéraux qui, parce que les partisans de la féodalisation de l’économie se sont approprié le mot liberal, vont réclamer le contrôle total de l’économie ; ou les alter-mondialistes qui, parce que les candidats-dictateurs économiques mondiaux, ont détourné le sens du mot mondialisation, vont exiger la tribalisation du monde, et la séparation en forteresses bien séparées. Le risque est suffisant pour qu’on ne puisse pas en rire de bon cœur…

Les déformations du langage sont souvent dérangeantes quand on creuse un peu ; mais quand elles couvrent, comme ici, un mensonge voulu, la résolution du problème caché devient quasiment impossible si on ne commence pas par discuter du problème de vocabulaire. Et si la déformation s’installe, comme avec les mots « immigré », « libéral » ou « mondialisation », ceux qui essayent de traiter le problème sans remettre à plat les questions de vocabulaire sont certains de l’aggraver.

mercredi 20 juin 2007

Des mots utilisés à contresens

Peu de choses m’irritent autant que de voir un mot qui est passé dans le langage courant (ou la langue politique) avec un sens exactement opposé à son sens réel, au point que les opposants à ceux qui l’ont déformé prétendent s’opposer à la base de leur propre pensée.

Je commencerai par un exemple non politique : le mot « cartésien » désigne ceux qui rejettent la Méthode de Descartes, l’examen avec doute systématique des « certitudes établies », et qui s’en tiennent au « bon sens commun », l’objet même que Descartes vomissait avec horreur. Et ceux qui emploient la Méthode et se posent des questions, on les qualifie d’ « anti-cartésiens ».

En politique cet usage de l’inversion des sens produit des aberrations que je qualifierai d’insupportables.

Prenons par exemple le mot « capitalisme » : le capitalisme est une méthode de gestion de l’économie aujourd’hui généralisée et qui est le fondement même de toutes les actions sociales qui n’auraient pas été possibles dans le système pré-capitaliste de limitation aux richesses matérialisées par une quantité d’or ou d’argent. Dans l’ancien système, un patron qui payait un ouvrier s’appauvrissait d’autant, c qui justifiait la rétention de l’argent et la pauvreté des travailleurs ; dans l’ancien système, pour mener une action sociale, la société, l’État, avaient besoin de s’appauvrir d’autant ou de plus qu’ils ne distribuaient. Bref, toute l’action sociale n’est possible que depuis que le capitalisme a créé une richesse fictive, mais utilisable, la monnaie basée sur la production existante ou future, le crédit. Et ceux qu’on qualifie de « capitalistes », les accapareurs et exploiteurs, ne sont autres que ceux-là même qui prétendent gérer le système capitaliste avec les méthodes du système antérieur. Ce paradoxe serait encore tolérable si, du fait d’une erreur de vocabulaire imputable à Marx, ceux-là mêmes qui devraient défendre les avancées que le système capitaliste a apportées contre les sus-dits accapareurs qui sont les vrais anti-capitalistes ne s’étaient attaqués, par aberration, à cela même qui devrait être leur arme, le capitalisme. Au lieu de nommer comme il se doit capitalistes ceux qui veulent défendre l’usage social du système et anti-capitalistes les accapareurs, la lange a interverti les deux mots, et mis les socialistes dans la position de couper l’arbre même sur lequel a poussé la branche socialiste.

La même chose avec le « libéralisme ». Le mot a été abusivement substitué à une théorie qui aurait du s’appeler féodalisme, puisqu’il s’agit de soustraire les patrons, nouvelle féodalité, aux lois de l’État. Du coup on en arrive à voir les défenseurs de la liberté et de l’égalité se déclarer « anti-libéraux ». Non-sens et, là encore, situation de désir d’abattre l’arbre même qui porte la branche socialiste…

Et maintenant l’emploi monstrueux du mot « mondialisation » pour désigner non la vision du monde, de sa variété, mais bien la volonté d’imposer un modèle restreint, de corseter le monde dans l’impérialisme et le monopole d’un système qui n’a pas su exister même dans une région autarcique. Et ceux qui, autrefois, professaient sous le nom d’ « internationalisme » ce qui devrait aujourd’hui s’appeler la mondialisation, abandonnant le nom et par conséquent l’arbre qui les porte, se déclarent « anti-mondialistes » ou « alter-mondialistes » (un autre monde, cela ne veut-il pas dire qu’on veut détruire celui qui est, et par conséquent ce qui nous fait exister ?). Là encore les idéologues « de gauche » veulent tuer leur base d’existence , l’arbre qui les porte.

Et on s’étonne que les électeurs, devant cet emploi d’un vocabulaire auto-destructeur, préfèrent encore l’emploi mensonger des termes mêmes volés par la droite et votent pour les mots justes quand bien même ceux qui s’en servent sont en fait ceux qui veulent détruire la notion sous-jacente !

lundi 18 juin 2007

Réaction à une vidéo (la minute politique du jour)

Je viens de regarder la vidéo de Royal sur Désirs d'avenir:
c'est une catastrophe, elle ne sait pas parler à l'écran
ou lire correctement un texte; autant je demeure convaincu
qu'elle a fait son possible pour tirer le PS du marais
où l'avaient enfoncé l'incompétence de son ex-compagnon
et les ambitions antisociales de certains éléphants et du
traître patenté Fabius, autant je suis obligé de constater
qu'elle n'a pas les qualités d'acteur nécessaires
à un "homme" d'état.

dimanche 17 juin 2007

Oxymores gouvernementaux

Après l’abominable « droite libérale », nom sous lequel la droite prétend remplacer laz garantie d’égalité et de justice qu’est supposée assurer l’Etat jacobin par l’introduction d’un nouveau système féodal basé non plus sur l’épée, mais sur l’exploitation économique du travail de ceux qui produisent par les financiers et capitaines d’industrie, les grands patrons remplaçant l’ancienne noblesse d’épée, voici que le gouvernement nous sort un nouvel oxymore, la prétendue « TVA sociale », qui consistera à faire payer les prestations sociales non plus par la redistribution des richesses de ceux qui les captent vers ceux qui en ont besoin, mais par les bénéficiaires eux-mêmes ; alors que la TVA a toujours été le plus anti-social des impôts, qualifier son augmentation de « sociale » revient à) qualifier les ténèbres de lumineuses, le vol d’honnête et la droite réactionnaire de progressiste.

Visiblement, Bolloré a bien appris la novlangue de Big Brother et entend la substituer à la langue française…

vendredi 15 juin 2007

Libéraux et anti-libéraux

Il y a des mots qui me font bondir. Pour un socialiste pour qui, selon la phrase de Durutti, « no hay libertad sin socialismo ; no hay socialismo sin libertad », que ceux qui veulent réduire l’Etat français à une accumulation de féodalités économiques (à la place des anciennes féodalités d’origine militaire, les nobles étant les descendants des capitaines des rois) s’intitulent « libéraux » est une violation insupportable du mot liberté ; comme si la liberté était substituée à l’impunité des criminels économiques. Moi je les appelle « néo-féodalistes » et j’aurais presque envie de les traiter d’« impunistes » puisque leur revendication, c’est le droit de violer impunément les lois sociales.

Quant aux « anti-libéraux », c’est encore pire pour moi : ils revendiquent une dictature, ou quoi ? Encore que dans certains cas ils réclament encore la prétendue « dictature du prolétariat » (lire dictature de chefs de gangs sur le prolétariat), donc l’anti-libéralisme est effectivement le nouveau nom du totalitarisme ; mais les autres, ceux qui prétendent être de gauche ? ne devraient-ils pas dénoncer l’abus criminel commis par les néo-féodalistes et revendiquer un vocable compatible avec des idées socialistes, c.a.d. celui d’anti-féodalistes ou d’anti-impunistes ? Ou, s’ils veulent chercher un eu dans leurs livres d’histoire, rien ne les empêche de reprendre le nom de jacobins, qui me semble-t-il s‘applique parfaitement à l’opposition actuelle.

mardi 12 juin 2007

Mort de la démocratie

Plus que le résultat par lui-même, qu’on jugera différemment suivant son « bord » politique, ce qui est désastreux dans le système actuel et le calendrier électoral, c’est le fait qu’une grande partie de la population a considéré que le vote des présidentielles rendait le vote législatif inutile ; entre les électeurs de gauche qui se sont purement et simplement abstenus, ceux de droite qui ont voulu confirmer et aggraver leur choix, et tous les indécis qui sont allés « voler au secours de la victoire », l’abstentionnisme massif et le résultat de dimanche prouvent que le passage au régime présidentiel dur dont nous étions menacés, mais qui n’est pas encore confirmé par la loi, est aujourd’hui acquis dans les faits ; en 2012, si ça va comme ça, le Président nommera les députés sans même avoir besoin de convoquer les électeurs pour qu’ils ratifient servilement Ses choix. Et en 2017 il nommera Son successeur sans même avoir besoin de déranger Ses sujets obéissants !

samedi 9 juin 2007

Travailler plus pour gagner plus

De qui se moque-t-on ? Cela fait des siècles que le travail et le gain sont des notions séparées, voire contradictoires. L’ouvrier qui travaille fait gagner de l’argent à son patron, s’il travaille plus le patron gagnera plus et l’ouvrier sera malade, ce qui fera gagner de l’argent au médecin. L’idée que le surcroît de gain puisse profiter à l’ouvrier demande un changement de la mentalité française à l’opposé du changement en cours vers plus de prédation dont j’ai parlé précédemment. Aujourd’hui, gagner de l’argent signifie être un meilleur prédateur, prendre plus à ceux qui ont ou qui fabriquent (en leur donnant le moins possible en échange).

Ce n’est pas nouveau. La séparation entre les producteurs, les travailleurs, et ceux qui gagnent, les prédateurs, les financiers, les escrocs, date au moins de trois siècles en France ; le fait qu’elle soit moins marquée ou absente dans certaines cultures (essentiellement germaniques ou scandinaves), et fondamentale dans d’autres (cultures islamiques en particulier), n’y change rien ; d’ailleurs, ce sont les cultures à base de prédation qui se développent dans le monde, même si ces cultures ne font qu’accélérer la destruction globale et l’impasse économique et sociale vers laquelle nous allons de plus en plus vite. A la limite, même certaines réflexions qui devraient normalement être basées sur la conception constructive du monde (social, écologie,…) sont contaminées par cette volonté de permettre la prédation, de la généraliser à tous.

Quant à l’utilisation de ce slogan mensonger par le nouveau pouvoir néo-féodal de M. Bolloré et de ses larbins présidentiel et ministériels, qu’en dire ? qu’il sert pratiquement à une seule chose : à faire diminuer le coût du travail d’autrui pour ceux qui en profitent, les patrons les plus exploiteurs, les capitaines d’industrie ou de finance…

Il faut travailler plus, c’est un fait. Il faut que la France redevienne capable de produire de quoi satisfaire ses besoins (avec bien sûr les excédents vendus là où ils sont demandés pour payer les achats de ce qui n’est pas produit en France, avec le fait que aujourd’hui la France produit des biens immatériels pour compenser ses déficits en produits de base). Et, mais c’est un autre problème, presque en opposition, il faut que la richesse produite soit répartie d’une façon juste, c.a.d. une façon qui prenne en compte travail fourni, capacités physiques, besoins, et remette en cause les positions acquises et les capacités de prédation !

Est-il encore temps de se battre pour cette vision ?