Ces deux qualificatifs sont systématiquement employés pour désigner ceux qui annoncent des catastrophes à venir, et tous deux sont incorrects.
D'une part la malédiction de Cassandre lui enjoignait de prédire la vérité, mais lui interdisait d'être crue. Autrement dit une Cassandre prédit quelque chose qui VA ARRIVER parce qu'on ne l'aura pas crue. En traitant quelqu'un de Cassandre, on affirme que ce quelqu'un a RAISON, et que ceux qui ne le croient pas sont aveuglés par la malédiction d'Apollon.
De l'autre l'oiseau de mauvais augure était, pour les Romains qui interrogeaient le ciel et les oiseaux, le corbeau, qui donnait aux augures (les devins) des réponses fausses. Là, traiter quelqu'un d'oiseau de mauvais augure signifie que ce qu'il annonce est FAUX, indépendamment de la question de savoir si c'est une prédiction favorable ou défavorable.
Si on veut reprocher à quelqu'un son pessimisme, on peut le traiter de « prophète de malheur »; mais si on le traite de « Cassandre » ou d'« oiseau de mauvais augure », on met en cause soit le refus de le croire de la majorité, soit la justesse de la prédiction.
mardi 15 septembre 2009
lundi 16 février 2009
Explotation coloniale ou "capitaliste"
La crise guadeloupéenne nous montre ce qui se passe quand, dans une société où les producteurs ont, de tout temps, été exploités et méprisés, les gens désirent profiter des avantages de la société et devenir consommateurs plutôt que producteurs.
Dans la société guadeloupéenne et les autres sociétés de type colonial (ou « post »-colonial, mais qui restaient basées sur les mêmes principes) plus encore que dans les sociétés « industrielles », une proportion importante de la population produisait, sans en bénéficier, le nécessaire pour les exploiteurs (colons ou « investisseurs »). Dans le mode de pensée aujourd'hui privilégiée, où celui qui produit ou crée est d'autant plus méprisé qu'il produit plus et où le succès, la réussite, est jaugé exclusivement en capacité de consommation, il était fatal que la proportion de créateurs et de producteurs diminue. Lorsque cette diminution dépasse un certain niveau et que la quantité de consommateurs non producteurs locaux excède le niveau où la production, qui diminue avec le nombre de producteurs, peut faire face aux besoins et aux demandes, la crise est inévitable. Surtout si les ex-producteurs réclament de passer du côté consommateurs: il ne s'agit même plus de partager le gâteau, puisqu'il n'y a même plus de gâteau faute de cuisiniers!
Et ce qui se passe en Guadeloupe n'est que la révélation d'une situation en impasse qui est présente partout: à force de s'entendre répéter que le travail est incompatible avec l'enrichissement, et qu'il faut être riche et consommer, pas fabriquer et produire, les travailleurs cessent de créer cette richesse dont ils demandent à être consommateurs. La crise qui a éclaté en Guadeloupe et qui devrait, sauf miracle, s'étendre au monde entier, est auto-génératrice: moins il y a à partager, plus il y a de demandeurs.
À moins d'un retour à la vision créatrice du monde, accompagné bren sûr d'une équité dans la répartition des richesses une fois celles-ci produites, le cercle vicieux lié à la vision consommatrice aboutira, à plus ou moins court terme, à, la disparition complète de la richesse mondiale, consommée à 100%, produite à 0%!
Il est effectivement temps de dire « Non à l'exploitation », mais en ajoutant « Oui à la création » et en redonnant aux créateurs la fierté de leur travail, que la société moderne a complètement bannie.
Si l'humanité veut survivre, cette revalorisation de la création et de la production, accompagnée de la dévalorisation de la possession, de la prédation, du pouvoir de consommer, est indispensable et urgente.
Dans la société guadeloupéenne et les autres sociétés de type colonial (ou « post »-colonial, mais qui restaient basées sur les mêmes principes) plus encore que dans les sociétés « industrielles », une proportion importante de la population produisait, sans en bénéficier, le nécessaire pour les exploiteurs (colons ou « investisseurs »). Dans le mode de pensée aujourd'hui privilégiée, où celui qui produit ou crée est d'autant plus méprisé qu'il produit plus et où le succès, la réussite, est jaugé exclusivement en capacité de consommation, il était fatal que la proportion de créateurs et de producteurs diminue. Lorsque cette diminution dépasse un certain niveau et que la quantité de consommateurs non producteurs locaux excède le niveau où la production, qui diminue avec le nombre de producteurs, peut faire face aux besoins et aux demandes, la crise est inévitable. Surtout si les ex-producteurs réclament de passer du côté consommateurs: il ne s'agit même plus de partager le gâteau, puisqu'il n'y a même plus de gâteau faute de cuisiniers!
Et ce qui se passe en Guadeloupe n'est que la révélation d'une situation en impasse qui est présente partout: à force de s'entendre répéter que le travail est incompatible avec l'enrichissement, et qu'il faut être riche et consommer, pas fabriquer et produire, les travailleurs cessent de créer cette richesse dont ils demandent à être consommateurs. La crise qui a éclaté en Guadeloupe et qui devrait, sauf miracle, s'étendre au monde entier, est auto-génératrice: moins il y a à partager, plus il y a de demandeurs.
À moins d'un retour à la vision créatrice du monde, accompagné bren sûr d'une équité dans la répartition des richesses une fois celles-ci produites, le cercle vicieux lié à la vision consommatrice aboutira, à plus ou moins court terme, à, la disparition complète de la richesse mondiale, consommée à 100%, produite à 0%!
Il est effectivement temps de dire « Non à l'exploitation », mais en ajoutant « Oui à la création » et en redonnant aux créateurs la fierté de leur travail, que la société moderne a complètement bannie.
Si l'humanité veut survivre, cette revalorisation de la création et de la production, accompagnée de la dévalorisation de la possession, de la prédation, du pouvoir de consommer, est indispensable et urgente.
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dimanche 8 février 2009
Le Vrai et le Vraisemblable
Dans le cours d'une discussion, la citation de Nicolas Boileau "Le Vrai peut quelquefois n'être point vraisemblable" revient parfois, et elle est généralement utilisée pour dire que l'invraisemblable peut néanmoins se réaliser. Or ce n'est pas du touit l'idée qu'a voulu exprimer Boileau.
Ce qu'il a voulu dire, c'est que toute oeuvre littéraire de fiction devait absolument présenter un caractère de vraisemblance, pouvoir être cru par le lecteur; et comme il n'est absolument pas demandé à une fiction de prétendre raconté quelque chose de réellement arrivé, mais bien de plaire au lecteur et de "mentir vrai" comme l'a dit plus récemment Louis Aragon, l'argument selon lequel un fait est vrai ("authentique" aurait écrit Jimmy Guieu en note) ne donne à ce fait absolument aucun droit de présence dans une oeuvre littéraire. L'invraisemblable peut être vrai; il n'est pas acceptable en littérature, nous dit Boileau.
La littérature moderne a un peu repris cette règle: l'invraisemblable est toléré dans certaines oeuvres sous la forme de "vérité psychologique", quand le roman porte sur ce que vit et perçoit ou comprend le narrateur ou les personnages. Ce qui compte alors, ce n'est plus que le fait soit "invraisemblable mais vrai", mais qu'il soit "vrai donc vraisemblable" aux yeux du narrateur ou des personnages.
Ce qu'il a voulu dire, c'est que toute oeuvre littéraire de fiction devait absolument présenter un caractère de vraisemblance, pouvoir être cru par le lecteur; et comme il n'est absolument pas demandé à une fiction de prétendre raconté quelque chose de réellement arrivé, mais bien de plaire au lecteur et de "mentir vrai" comme l'a dit plus récemment Louis Aragon, l'argument selon lequel un fait est vrai ("authentique" aurait écrit Jimmy Guieu en note) ne donne à ce fait absolument aucun droit de présence dans une oeuvre littéraire. L'invraisemblable peut être vrai; il n'est pas acceptable en littérature, nous dit Boileau.
La littérature moderne a un peu repris cette règle: l'invraisemblable est toléré dans certaines oeuvres sous la forme de "vérité psychologique", quand le roman porte sur ce que vit et perçoit ou comprend le narrateur ou les personnages. Ce qui compte alors, ce n'est plus que le fait soit "invraisemblable mais vrai", mais qu'il soit "vrai donc vraisemblable" aux yeux du narrateur ou des personnages.
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samedi 31 janvier 2009
Mensonge (par erreur de vocabulaire) du Nouvel Obs (et d'autres)
En première page, le Nouvel Obs prétend parler des Diplômes qui donnent des emplois.
Comme si le diplôme était la clé de l'emploi, et non les connaissances qu'il est supposé garantir et que, de plus en plus, les élèves considèrent comme superflues, voire nuisibles, allant parfois jusqu'à mettre en quarantaine et punir les « bouffons », ceux qui vont en classe et travaillent pour acquérir des connaissances et des compétences.
Si vraiment c'est le diplôme qui donne l'emploi, il faudrait donner priorité aux diplômes achetés sur Internet et sans garantie d'études, non? Il faudrait aussi supprimer la période d'essai, car elle permet de rejeter les titulaires de diplômes sans connaissances. Et, tant qu'à faire, joindre la garantie d'emploi aux garanties vendues avec le diplôme (les garanties de compétences et de connaissances étant, elles, exclues: diplômes SGDC)...
Comme si le diplôme était la clé de l'emploi, et non les connaissances qu'il est supposé garantir et que, de plus en plus, les élèves considèrent comme superflues, voire nuisibles, allant parfois jusqu'à mettre en quarantaine et punir les « bouffons », ceux qui vont en classe et travaillent pour acquérir des connaissances et des compétences.
Si vraiment c'est le diplôme qui donne l'emploi, il faudrait donner priorité aux diplômes achetés sur Internet et sans garantie d'études, non? Il faudrait aussi supprimer la période d'essai, car elle permet de rejeter les titulaires de diplômes sans connaissances. Et, tant qu'à faire, joindre la garantie d'emploi aux garanties vendues avec le diplôme (les garanties de compétences et de connaissances étant, elles, exclues: diplômes SGDC)...
Changement de nom du blog
Parce que l'ancien nom aurait pu poser un problème légal (marque déposée), je l'ai modifié avec un nom ressemblant, pris au hasard de l'imagination (le prénom Félix me faisait penser à un chat) et sans que ce nom fasse la moindre référence ou allusion à une personne existante de qui, s'il existe quelqu'un qui porte ce nom, je n'ai jamais entendu parler. Les remarques que je fais sur ce blog n'engageant que moi, je décline toute responsabilité si quelqu'un se sentait visé par le nom de mon blog. Le cas échéant, sur demande expresse et dûiment motivée, je le rechangerai.
lundi 26 janvier 2009
Non à la gratuité
Gratuit = sans valeur; c'est ainsi que le perçoivent tous ceux qui, que ce soit pour un motif légitime (pauvreté, chômage, nécessité de travail,...) ou non (débrouillardise, passe-droit) reçoivent gratuitement un bien ou un service. Et, par conséquence immédiate, tous ceux qui doivent payer pour obtenir ce bien ou ce service ont l'impression d'avoir été volés, puisqu'ils ont payé pour quelque chose qui ne vaut rien, d'autres l'ont gratuitement.
Or, quel que soit l'objet de cette gratuité, il s'agit de quelque chose qui coûte de l'argent, payé par quelqu'un. Le métro et les bus demandent du matériel, du carburant, des chauffeurs. Les théâtres ou musées demandent un local, des collections, des employés, l'entretien, ... Il y a quelqu'un qui paye pour offrir un objet qui a un coût et une valeur.
Alors employons le terme correct: aux offres prétendûment gratuites, substituons des cadeaux offerts par ceux qui en payent le prix. Au lieu d'un ticket ou d'une carte de transport « gratuit(e) », imprimons des tickets ou des cartes « offert(e)s par » le Gouvernement, la mairie, le Conseil général ou tout autre donateur; avec indication de la valeur. Si on veut que les jeunes aillent au musée et apprécient le cadeau de ne pas avoir à payer l'entrée, donnons leur des billets d'entrée « offerts par le Ministère de la Culture », portant indication du montant payé à cette fin par le dit donateur, et même, si on veut que le bénéficiaire s'en serve, portant une date limite d'usage.
Ce changement de vocabulaire (interdire le mot « gratuit » et les autres termes mensongers qui lui sont associés, parler de « cadeau » « offert par »...) est indispensable et urgent si on ne veut pas que l'objet du cadeau devienne impossible à maintenir: la gratuité même partielle des transports ou des musées est le premier pas vers leur disparition totale faute de moyens de les maintenir.
Or, quel que soit l'objet de cette gratuité, il s'agit de quelque chose qui coûte de l'argent, payé par quelqu'un. Le métro et les bus demandent du matériel, du carburant, des chauffeurs. Les théâtres ou musées demandent un local, des collections, des employés, l'entretien, ... Il y a quelqu'un qui paye pour offrir un objet qui a un coût et une valeur.
Alors employons le terme correct: aux offres prétendûment gratuites, substituons des cadeaux offerts par ceux qui en payent le prix. Au lieu d'un ticket ou d'une carte de transport « gratuit(e) », imprimons des tickets ou des cartes « offert(e)s par » le Gouvernement, la mairie, le Conseil général ou tout autre donateur; avec indication de la valeur. Si on veut que les jeunes aillent au musée et apprécient le cadeau de ne pas avoir à payer l'entrée, donnons leur des billets d'entrée « offerts par le Ministère de la Culture », portant indication du montant payé à cette fin par le dit donateur, et même, si on veut que le bénéficiaire s'en serve, portant une date limite d'usage.
Ce changement de vocabulaire (interdire le mot « gratuit » et les autres termes mensongers qui lui sont associés, parler de « cadeau » « offert par »...) est indispensable et urgent si on ne veut pas que l'objet du cadeau devienne impossible à maintenir: la gratuité même partielle des transports ou des musées est le premier pas vers leur disparition totale faute de moyens de les maintenir.
dimanche 3 août 2008
Civilisations et prédations
A l'intérieur d'une discussion sur les civilisations sur SFFranco, je note ceci:
Esprit de conquête = esprit de prédation. depuis toujours l'humanité a été partagée entre les prédateurs (descendants des chasseurs-cueilleurs, transformés en conquérants), dont le principe de base est Dieu a créé le monde, nous n'avons qu'à prendre (les islamistes des trois sectes monothéïstes ajoutent que créer est voler sa place à Dieu), et les créateurs-cultivateurs qui veulent gérer le monde, créer ce qui manque.
Cette double vision traverse les frontières entre homme et femme, sépare les savants entre découvreurs et inventeurs, sépare les écologistes entre défenseurs de la croissance zéro et défenseurs d'une croissance durable, etc....
Un problème est que la morale de notre monde de consommateurs est entièrement basée sur l'idée de base de la prédation: ce qui existe est çà prendre (les plus honnêtes disent « à partager »), et il n'y a rien d'autre à faire que de répartir, éventuellement en limitant les prédations des plus gros. On se bat exclusivement sur ce plan là, l'idée d'envisager une création (les prédateurs américains disent Pour quoi faire, d'autres se chargeront de créer ce qui manque) est complètement laissée de côté par tout le monde; l'issue morale est de savoir si on doit autoriser, contrôler ou combattre la prédation, forme suprême de l'activité humaine, pas d''améliorer l'activité créatrice. les créateurs sont traités d'idiots taillables et corvéables à merci.
Du côté des civilisations "florissantes", on peut aussi séparer elles qui ont fleuri par la prédation, la conquête et l'exploitation des conquis, et celles qui ont fleuri par la création d'oeuvres et d'arts nouveaux. Prétendre qu'elles soient toutes d'un seul type est faux; par contre on peut se demander si une seule des idées et forces émergentes envisage autre chose que sa part de prédation.
Esprit de conquête = esprit de prédation. depuis toujours l'humanité a été partagée entre les prédateurs (descendants des chasseurs-cueilleurs, transformés en conquérants), dont le principe de base est Dieu a créé le monde, nous n'avons qu'à prendre (les islamistes des trois sectes monothéïstes ajoutent que créer est voler sa place à Dieu), et les créateurs-cultivateurs qui veulent gérer le monde, créer ce qui manque.
Cette double vision traverse les frontières entre homme et femme, sépare les savants entre découvreurs et inventeurs, sépare les écologistes entre défenseurs de la croissance zéro et défenseurs d'une croissance durable, etc....
Un problème est que la morale de notre monde de consommateurs est entièrement basée sur l'idée de base de la prédation: ce qui existe est çà prendre (les plus honnêtes disent « à partager »), et il n'y a rien d'autre à faire que de répartir, éventuellement en limitant les prédations des plus gros. On se bat exclusivement sur ce plan là, l'idée d'envisager une création (les prédateurs américains disent Pour quoi faire, d'autres se chargeront de créer ce qui manque) est complètement laissée de côté par tout le monde; l'issue morale est de savoir si on doit autoriser, contrôler ou combattre la prédation, forme suprême de l'activité humaine, pas d''améliorer l'activité créatrice. les créateurs sont traités d'idiots taillables et corvéables à merci.
Du côté des civilisations "florissantes", on peut aussi séparer elles qui ont fleuri par la prédation, la conquête et l'exploitation des conquis, et celles qui ont fleuri par la création d'oeuvres et d'arts nouveaux. Prétendre qu'elles soient toutes d'un seul type est faux; par contre on peut se demander si une seule des idées et forces émergentes envisage autre chose que sa part de prédation.
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