lundi 5 mai 2008

Liberté religieuse

De la nature même de certaines religions naît une contradiction, plus ou moins forte suivant le cas, dans le concept même de tolérance et de liberté religieuse. Si certaines religions comme le bouddhisme insistent sur la liberté individuelle, les religions théistes, et plus encore la religion monothéiste dans toutes ses variantes, soumettent l’individu à la nécessité d’obéir à des lois imposées par les (ou le) dieu(x) et le respect de cette volonté est contradictoire avec l’idée même de tolérer cette non obéissance, voire l’obéissance à d’autres lois. Certaines des variantes ont, plus ou moins forcées par l’histoire, abdiqué cette volonté de contrôle sur les croyances et les actes des « infidèles » et des incroyants, même si quelques « fondamentalistes » continuent à regretter et à contester cette abdication et l’existence des « Droits de l’Homme ». Tel n’est pas le cas de l’Islam. Les islamistes exigent, les « musulmans modérés » désirent, que la Loi de l’Islam s’impose à tous, et considèrent comme une violation des droits du croyant le seul fait d’assister à des actes d’incroyance d’autrui. À partir du moment où les islamistes présentent comme des violations de leur droit à ne pas assister au rejet de leur loi par autrui l’exercice par d’autres, même majoritaires dans certains pays, à la liberté de conscience, le problème de la liberté religieuse vis-à-vis de l’Islam est le problème « de Saint-Just » : la liberté des ennemis de la liberté.