dimanche 3 août 2008

Civilisations et prédations

A l'intérieur d'une discussion sur les civilisations sur SFFranco, je note ceci:
Esprit de conquête = esprit de prédation. depuis toujours l'humanité a été partagée entre les prédateurs (descendants des chasseurs-cueilleurs, transformés en conquérants), dont le principe de base est Dieu a créé le monde, nous n'avons qu'à prendre (les islamistes des trois sectes monothéïstes ajoutent que créer est voler sa place à Dieu), et les créateurs-cultivateurs qui veulent gérer le monde, créer ce qui manque.
Cette double vision traverse les frontières entre homme et femme, sépare les savants entre découvreurs et inventeurs, sépare les écologistes entre défenseurs de la croissance zéro et défenseurs d'une croissance durable, etc....
Un problème est que la morale de notre monde de consommateurs est entièrement basée sur l'idée de base de la prédation: ce qui existe est çà prendre (les plus honnêtes disent « à partager »), et il n'y a rien d'autre à faire que de répartir, éventuellement en limitant les prédations des plus gros. On se bat exclusivement sur ce plan là, l'idée d'envisager une création (les prédateurs américains disent Pour quoi faire, d'autres se chargeront de créer ce qui manque) est complètement laissée de côté par tout le monde; l'issue morale est de savoir si on doit autoriser, contrôler ou combattre la prédation, forme suprême de l'activité humaine, pas d''améliorer l'activité créatrice. les créateurs sont traités d'idiots taillables et corvéables à merci.
Du côté des civilisations "florissantes", on peut aussi séparer elles qui ont fleuri par la prédation, la conquête et l'exploitation des conquis, et celles qui ont fleuri par la création d'oeuvres et d'arts nouveaux. Prétendre qu'elles soient toutes d'un seul type est faux; par contre on peut se demander si une seule des idées et forces émergentes envisage autre chose que sa part de prédation.

mardi 1 juillet 2008

Europe en panne

L'état actuel de l'Europe après le vote irlandais est très simple: l'Europe politique est condamnée à mort, sauf création d'une nouvelle Union qui exclurait les pays en retard de ratification de Lisbonne; à partir d'aujourd'hui, seuls restent valides les traités économiques (préférence communautaire et Euro) et la liberté de circulation (Schengen), mais le Parlement n'a plus de sens et la Commission devrait se limiter à la défense des féodalités économiques (prétendêment "libérales"). Inutile d'espérer quoi que ce soit de la nouvelle présidence: Bolloré n'a rien à cirer d'une Europe politique, dès lors que le traité de Nice confirme son monopole économique en France.

Le Nouveau Parti Anticapitaliste

Comme le nom même du capitalisme a été détourné par des pratiques contraires à l'idée fondamentale (monopolisme, oligarchies qui reviennent à la situation pré-capitalisme), le fait de baptiser anticapitalisme la défense contre les pratiques non capitalistes des monopoles revient à exiger de jeter le bébé à la place de l'eau du bain, et à supprimer les acquis sociaux qui n'existeraient pas sans le capitalisme:
-les syndicats sont une socité de nature capitaliste
-la copropriété des immeubles ets une société de base capitaliste
-les sociétés ouvrières et coopératives ne peuvent exister dans un monde "anticapitaliste"
Donc le NAP de besancenot va, par simple cohérence, exiger immédiatement
- que tous les syndicats soient transformés en régiments militaires gérés par le Ministère des Armées
- que toutes les sociétés ouvières de production soient rachetées par le Ministère de la Production Nationale et revenues aux oligarques assez riches pour cela
-que tout immeuble soit racheté par UN propriétaire unique
etc... Les progrès sociaux postérieurs à 1700 et aux premières sociétés par actions DOIVENT être révoqués par tout anticapitaliste chérent. le socialisme, forme rigoureuse et honnête du capitalisme, doit disparaître au profis de l'enrégimentation totale des non-possédants.

mercredi 25 juin 2008

Communautarisme

20 minutes publie ce jour un article dans lequel le concept est déclaré "inventé par les pouvoirs publics". A mon avis, sous un aure nom, le concept est ancien: le regroupement des communautés qui se ferment à la société qui les entoure, l'éclatement de la société globale, c'était déjà annoncé dès les années septante comme l'une des tendances majeures du siècle alors "à venir". Simplement le nom utilisé à l'époque était "tribalisme", éclatement de la nation en tribus locales.
Y a-t-il une différence entre les deux mots? Le communautarisme est-il un nouveau concept? Oui, en ce sens que le nouveau mot s'applique à des communautés qui se regroupent par origine, non par localisation. Il sous-entend la reformation en France de communautés existantes à l'étranger. Mais pour ce qui est des effets, de la remise en cause de la nation française "une et indivisible", on a seulement remplacé un mot aggressif par un mot plus euphémique" et le mot "tribu" par le mot plus neutre de "communauté".

mardi 3 juin 2008

Mariage annulé

Il y a deux problèmes distincts dans cette histoire. D'une part la question de savoir si la virginité avant mariage est acceptable voire exigible: à mon avis, le marié qui exige la virginité de son esclave-épouse est un esclavagiste qui devrait être purement et simplement INTERDIT de mariage en France. Et d'autre part la question de savoir si un mariage basé sur une tromperie est valide, et la réponse NON s'applique même si la tromperie a porté sur une exigence inacceptable. Autrement dit, mon avis en peu de mots: Non seulemen-t le mariage en question DOIT être annulé, mais de plus le marie DOIT être exclu de la communauté française et INTERDIT de mariage en France.

lundi 5 mai 2008

Liberté religieuse

De la nature même de certaines religions naît une contradiction, plus ou moins forte suivant le cas, dans le concept même de tolérance et de liberté religieuse. Si certaines religions comme le bouddhisme insistent sur la liberté individuelle, les religions théistes, et plus encore la religion monothéiste dans toutes ses variantes, soumettent l’individu à la nécessité d’obéir à des lois imposées par les (ou le) dieu(x) et le respect de cette volonté est contradictoire avec l’idée même de tolérer cette non obéissance, voire l’obéissance à d’autres lois. Certaines des variantes ont, plus ou moins forcées par l’histoire, abdiqué cette volonté de contrôle sur les croyances et les actes des « infidèles » et des incroyants, même si quelques « fondamentalistes » continuent à regretter et à contester cette abdication et l’existence des « Droits de l’Homme ». Tel n’est pas le cas de l’Islam. Les islamistes exigent, les « musulmans modérés » désirent, que la Loi de l’Islam s’impose à tous, et considèrent comme une violation des droits du croyant le seul fait d’assister à des actes d’incroyance d’autrui. À partir du moment où les islamistes présentent comme des violations de leur droit à ne pas assister au rejet de leur loi par autrui l’exercice par d’autres, même majoritaires dans certains pays, à la liberté de conscience, le problème de la liberté religieuse vis-à-vis de l’Islam est le problème « de Saint-Just » : la liberté des ennemis de la liberté.

vendredi 28 mars 2008

Environnement

Il existe deux manières de défendre l’environnement, de nature et aux conséquences quasiment opposées.

L’une est la vision conservatrice, basée sur la vision de l’homme comme prédateur et sur la volonté de limiter ses prédations. Sans être totalement négative, elle est vouée à l’échec par essence, puisque elle suppose une quantité déterminée et limitée de choses à défendre, et que les destructions successives par les prédateurs anti-écologistes feront diminuer jusqu’à la disparition totale.

L’autre est la vision cultivatrice, celle qui prend en compte l’évolution du milieu, essaye de l’orienter dans le sens de l’amélioration. Elle ne rejette pas l’innovation par principe, elle exige que cette innovation soit contrôlée.

Prenons un exemple, les OGM. Pour le pire ou le moins pire, les OGM existent ; si on ne prend en compte que leur refus systématique et qu’on considère chaque plantation d’OGM comme une destruction du milieu « naturel », la lutte est perdue d’avance, car les OGM apparaîtront et mangeront progressivement tout l’espace cultivé ; si en revanche on contrôle leur introduction, si on l‘oriente vers l’évolution positive du milieu, alors les OGM deviendront, peut-être, ce que leurs propagandistes prétendent qu’ils sont déjà (ce qui est faux), un moyen de lutte contre la famine et la désertification. Paradoxalement, ce sont les slogans conservateurs anti-OGM qui présentent la quasi-certitude de mener à la disparition complète des organismes non modifiés, en favorisant les OGM les plus incontrôlés, les plus nocifs, ceux qui seront introduits sans contrôle pour créer un état de fait irréversible.

On peut en dire autant de l’énergie atomique : soit on la développe sous contrôle, soit seules les versions nocives, incontrôlées, seront développées par ceux qui y trouveront profit.

On revient toujours au même débat philosophique : l’homme est-il (seulement) prédateur ou est-il (aussi) créateur ? Dans le premier cas (défendu, hélas, par les trois religions du Créateur unique, particulièrement par la troisième, mais essentiel aux dérives fondamentalistes des trois), la disparition de toute vie sur Terre est assurée à plus ou moins court terme (entre 2012 pour les prévisions les plus optimistes et 2100 pour les plus pessimistes). Dans le second cas, un miracle (d’origine humaine) est encore possible. À condition que la vision créatrice de l’humanité cesse de disparaître de l’opinion générale…

vendredi 21 mars 2008

Vision financière et vision industrielle

De plus en plus depuis au moins trente ans, la gestion de l'économie a presque totalement cessé d'être "industrielle", c.a.d. gérée en fonction de l'offre réelle et de la demande réelle, pour devenir "financière", spéculative, liée à la vision qu'ont les émetteurs et prêteurs d'argent sur la production, sur la consommation, et surtout sur la valorisation artificiellement gérée par les financiers de l'une et de l'autre, de l'offre et de la demande.
Le prix payé aux producteurs comme celui payé par les consommateurs, qu'il s'agisse du pétrole, du lait, du blé, du cuivre, ou même des services, de l'information, de la connaissance, sont l'un et l'autre affectés par la gestion financière et spéculative des banques et des assurances, propriétaires, producteurs et distributeurs exclusifs de la seule ressource réelle à leurs yeux, la monnaie financière, ressource autrefois gérée par les États et aujourd'hui par les seules sociétés financières. Dans ce rôle, ils s'attribuent le droit de décider aussi bien de ce que peut valoir le travail humain ou les besoins plus ou moins incompressibles de l'individu que de ce que vaut la production de biens et de services, dont ils se considèrent comme propriétaires de fait puisqu'ils fixent son équivalent monétaire.
A quel point cette vision déformée du monde et de la société conduit au gouffre ne sera visible que quand il sera impossible de revenir à une vision industrielle (au sens primitif du mot industrie: création par le travail de richesses élaborées). Peut-on encore espérer que, avant qu'il ne soit trop tard, la vision "industrielle" reprendra le dessus?

vendredi 29 février 2008

Miroir déformant

Dans le courrier des lecteurs du dernier numéro du Nouvel Obs, il y a une lettre d’instituteur qui rappelle que les leçons de morale et de civisme que le gouvernement veut rétablir à l’école seraient inutiles face à des enfants qui entendent sans cesse parents et autres adultes pester contre l’absence de morale du gouvernement et des entreprises qui le contrôlent. C’est vrai. Et, qui plus est, le miroir que présentent les enfants ne reflète pas la réalité perçue et vécue par leurs parents, il la déforme, la caricature, ne retenant que l’essentiel, c.a.d. que nous vivons dans un monde de purs prédateurs à sélection darwinienne déformée qui éliminerait impitoyablement les créateurs et les pacifiques au profit des seuls pilleurs et destructeurs.

Quand la lettre compare la liberté de Paul Éluard à l’impunitarisme de Sarkozy (abusivement rebaptisé liberté du Médef), elle perd l’essentiel, le fait que le mot liberté ne s’applique pas aux théories impunitaristes et néo-féodales des soi-disant libéraux. Avant une morale qui, sans cette réflexion préalable, ne saurait aller au-delà de la limitation insuffisante des prédations, il faut réfléchir aux conditions nécessaires de la vie en société, c.a.d. à la nécessité de l’existence et de la protection des non-prédateurs que sont les producteurs, les créateurs, atrisans, scientifiques, artistes, ou les constructeurs et les organisateurs, sans lesquels il n’y aura plus rien à piller une fois les réserves, qui s’amenuisent de plus en plus vite, épuisées.

jeudi 28 février 2008

Mort de la V° République?

On peut se poser la question avec inquiétude: par ses attitudes inconstitutionnelles (« Casse-toi… ») ou anti-constitutionnelles (refus de la sentence du Conseil Constitutionnel), Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas signé le décès de la V° République ? La seule question encore ouverte aujourd’hui est peut-être de savoir si son pouvoir, désormais privé de légitimité par la disparition de la Constitution qui l’avait établi, survivra à force de coup d’état ou si un autre que lui s’établira dictateur. Quant à imaginer la reconstruction d’une nouvelle république sur les ruines de la V° assassinée, il faut une bonne dose d’optimisme pour l’espérer…

mercredi 27 février 2008

Rétention et droit

L’idée même de la rétention de sûreté pose le problème de la remise à plat et de la reconstruction complète sur des bases différentes de l’ensemble du droit pénal français en général et du rôle de la prison en particulier. L’utilisation de la prison à des fins de protection de la société par enfermement des individus jugés dangereux n’est absolument pas envisagé dans l’état actuel du droit ; tout juste la « détention préventive » prévoit-elle le cas des accusés susceptibles de ne pas répondre à leur inculpation en fuyant la justice ; elle ne prévoit pas l’empêchement de crimes ultérieurs.

Ceci étant, il est bon de rappeler que la prison n’a jamais, en aucune façon, réparé les crimes ou délits commis ; un séjour en prison ne paye en aucune façon une dette envers la société. De ce point de vue, l’idée même d’un enfermement prolongé qui aiderait à préparer le retour à la vie honnête est un non-sens, sauf dans le cas exceptionnel d’un séjour en prison mis à profit pour des études, ce qui est rare vu la rareté des éducateurs et les innombrables entraves qui sont mises à leur action, et sauf dans le cas d’une retraite quasi-religieuse, rôle pour lequel la durée utile de l’emprisonnement ne saurait dépasser un ou deux ans. Au-delà de deux ans d’emprisonnement, tout ce que la prison peut apprendre au détenu, c’est comment devenir un criminel respecté et tourner à son avantage les lois du droit dans sa carrière ultérieure de truand.

Le rôle exemplaire de l’emprisonnement est quasiment nul ; pour qu’il cesse de l’être, il faudrait que le pourcentage d’impunité des criminels descendit au dessous de 1% ; au-dessus, il est trop facile au criminel potentiel de se convaincre que « moi, ils ne me prendront pas ». Inutile de dire qu’un simple pourcentage d’erreurs de 1% lui suffit à penser cela, que les flics attraperont quelqu’un d’autre que lui, et donc aucun durcissement de la répression ne saurait obtenir le résultat désiré.

Alors, oui, il est utile de redéfinir le rôle de la prison et d’imaginer des prisons de détention préventive de criminels dangereux. Mais cela demande une modification profonde tant du droit que de la pratique de la détention ; celles des prisons qui demeureront pénales devront être adaptées à la préparation de la réintégration dans la société du condamné. Sans devenir des hôtels de luxe, elles devront mettre le condamné en mesure de reprendre sa place dans la société. Celles qui seront « rétentives » devront aussi respecter les droits humains du détenu préventif, lui offrir des conditions humaines de détention.

Quant aux juges, le rôle de juge décidant de la détention préventive ou de sa prolongation est totalement distinct des rôles traditionnels des juges. Ce n’est plus au respect du droit que ce juge doit être formé, c’est à l’évaluation psychologique du détenu. Il faudra des juges spécialisés issus non des écoles de droit, mais bien de celles de psychologie. Psychologie spécialisée, bien sûr : il doit savoir ce qui anime un criminel, ce qui le distingue du citoyen ordinaire, être formé à la reconnaissance et au traitement de cas très précis.

Note2be

Inévitable dans la vision consumériste que j’ai déjà dénoncée de l’enseignement, l’existence de ce site, légal ou non, établit de manière difficilement réparable la cassure profonde entre les élèves et l’acquisition de connaissances. Ce site répond aux besoins des consommateurs de diplômes, pas à ceux des « apprenants ».

D’une part, il serait difficile, sinon impossible, aux jeunes d’évaluer réellement si le professeur leur a transmis les savoirs desquels ils auront besoin dans leur vie future.

D’autre part, dans leur revendication consumériste, ils cherchent seulement à savoir si le professeur a répondu à leurs attentes de résultats sans effort.

Enfin, dans leur vision de lutte permanente entre les profs-dictateurs et les élèves-opprimés, ce site devient un champ de résultats dans le match Profs-élèves, de notations sur la qualité du jeu en tant qu’adversaire, alors que le professeur devrait être vu comme l’entraîneur qui apprend aux élèves à affronter certaines difficultés de la vie regroupées dans sa matière.

Bref, l’existence de ce site témoigne de la disparition totale du rôle formateur de l’enseignement, qui est préalable à sa création, et l’aggrave de façon irréparable. La disparition ou la mise sous contrôle du site ne réparera pas la cassure dont il témoigne, tout au plus sera-t-il possible de cicatriser la plaie qui laissera une cicatrice indélébile.

lundi 25 février 2008

Enseignement, diplômes et guerre

Le Nouvel Obs pose, dans l’article sur l’enseignement, la question de savoir comment transmettre des connaissances; et la couverture du magazine répond que ce que cherchent les élèves, ce ne sont pas les connaissances, ce sont les diplômes. Diplômes dont ils sont convaincus, et toute la société contribue à renforcer cette conviction, que l’obtention est uniquement une question de rapport de force entre consommateurs de diplômes (les élèves et les parents d’élèves) et vendeurs de diplômes (les professeurs), l’acquisition de connaissances n’étant rien de plus qu’un pensum inutile imposé par les vendeurs aux acheteurs, voire l’exercice de leur domination dictatoriale contre laquelle ils entendent exercer leur droit à la révolte. Contresens absolu, sans doute ; certitude d’aboutir à moyen terme (une ou deux générations) à une impasse absolue et irrémédiable, plus que probablement. Mais vérité sous-jacente dans l’« opinion publique », confirmée même par la couverture du numéro.

jeudi 14 février 2008

Un mélange inadmissible

Encore une fois un titre de revue me fait sortir de mes gonds parce qu’il confond Dieu et les "grenouilles de bénitier". La question posée sous le titre "Dieu et la République", comme dans un numéro antérieur "Dieu et la science", n’a RIEN à voir avec Dieu, ses volontés exprimées dans le décalogue, et la République ; elle porte sur l’influence des fondamentalistes « religieux », ceux qui confondent la volonté de D. et LEUR volonté de puissance. Il s’agit des rapports de forces entre les EXTRÉMISTES religieux des différents clans anti-libéraux, catholiques, islamistes et « israélites » hyper-rétrogrades et les athées militants, sans que les croyants des différentes religions, chrétiens sincères, musulmans non adorateurs d’AlQaida, juifs, agnostiques, aient droit à la parole.

Cette couverture du Nouvel Obs est une insulte au Dieu auquel je serais disposé à croire, celui qui aurait créé l'homme pour être libre et pour occuper le monde, mais pas pour passer 25h par jour et 8 jours par semaine à adorer les prêtres tout-puissants.

mercredi 13 février 2008

Mort d'Henri Salvador

Ce n'est pas vraiment dans le fil de ce blog, une réaction personnelle, mais pourquoi pas?
Des années que je n'avais plus entendu Henri Salvador, que je l'avais presque oublié; mais "La biche et le chevalier" reste un de mes plus chers souvenirs d'enfance, "Minnie petite souris", "Zorro est arrivé", son sketch sur scopitone avec "Bon appetit messieurs" sont des souvenirs qui lui survivront, au moins, aussi longtemps que ma conscience...

mardi 12 février 2008

Toujours le mode prédation

Derrière ce débat qui fait rage dans ma cervelle depuis plusieurs mois, cette opposition entre une vision prédatrice de l’homme qui ne saurait qu’exploiter ce qui existe en dehors de lui, et une vision de l’homme comme créateur d’idées, mais aussi de réalités matérielles, il y a une foule de références qui se rangent toutes du côté de la vision prédatrice, à savoir

- la philosophie de Platon qui suppose que même les idées sont préexistantes à l’homme et qu’on ne saurait les créer, tout au plus les découvrir ;

- la base même des religions d’un Dieu créateur : l’homme n’est au monde que pour utiliser, entretenir ou exploiter, ce que D. a créé ;

- la théorie de base de l’économie qui exploiterait des ressources préexistantes et limitées (croissance zéro, écologie conservatrice, théorie de la répartition sociale d’un avoir limité,..) ;

- la notion même de la théorie consumériste, qui ignore plus ou moins complètement la question de l’origine des biens consommés, et ne prend en compte les producteurs que pour défendre ou non leur droit à profiter de leur production ;

- la plupart des théories politiques qui prétendent soit autoriser la prédation libre au nom d’un système théorique d’autorégulation (système néo-féodaliste qui se prétend « libéral »), soit la contrôler d’une manière plus ou moins totalitaire (socialisme étatique, communisme), soit enfin la « combattre » à l’aide d’une anti-prédation plus sévère que la prédation « étrangère » supposée (extrême gauche et extrême droite) ; Il y a quelques rares systèmes politiques (socialisme libertaire sous sa forme fédéraliste, social-démocratie, certaines formes de centrisme) qui prennent en compte l’existence d’une possibilité de création de richesses, mais la plupart des théories politiques ne s’occupent que de l’équité de la répartition entre les prédateurs ;

et je ne sais plus combien d’autres formes de ce même principe qui voudrait que « Rien ne se perd, rien ne se crée », théorie qui est effectivement prouvée dans certains systèmes clos, en chimie non atomique par exemple, mais que deux siècles de « progrès » technique et scientifique auraient dû faire abandonner tant en économie qu’en philosophie. A côté du fait réel que l’exploitation des ressources étrangères a trouvé ses limites et que la mondialisation est effectivement basée sur un rapport de forces entre gros prédateurs mondiaux et petits prédateurs locaux, l’histoire nous montre que l’agriculture ou l’industrie ont effectivement créé des richesses nouvelles, qui n’étaient pas seulement des résultats de la transformation et de l’exploitation des richesses existantes, et qu’une écologie de progrès est réalisable au-delà d’une écologie qui ne serait que conservatrice. Pour ce qui est des idées, je ne crois pas que toutes les idées apparues depuis trois siècles étaient déjà préexistantes au-delà des murs d’une caverne de Platon, je crois qu’il y a réellement eu création d’idées nouvelles, et même d’un mode de pensée nouveau.

Est-il d’autre part encore nécessaire de rappeler que la vision « prédatrice » ou au « conservatrice » est porteuse de cercles vicieux de destructions superposées et ne saurait autoriser les cercles vertueux qui ont fait l’accroissement des richesses mondiales au cours des siècles de foi en le progrès ? Que, à partir du moment où on se bat pour la répartition de l’existant sans création de richesses nouvelles, l’épuisement de cet existant est inéluctable à plus ou moins court terme ? Plus ou moins court suivant que les destructions liées aux luttes et au gaspillage seront plus ou moins importantes…

Je veux espérer que la vision créatrice, de moins en moins souvent exprimée, saura retrouver sa place dans l’opinion. Mais ne suis-je pas en train de pleurer sur une nouvelle disparition des dinosaures ?

jeudi 24 janvier 2008

Littérature jeunesse

Tiré de la préface par PJ Stahl à un recueil de contes de Charles Nodier

Parmi beaucoup d’autres préjugés, il y a en France un préjugé fatal à la jeunesse : ce préjugé consiste à croire que, pour convenir aux enfants, un livre doit être fait dans des conditions telles que l’âge mûr n’y puisse trouver son compte.

Ceci conduirait tout simplement à dire qu’un homme de talent ne saurait se faire comprendre des enfants sans cesser d’être un homme de talent, sans se rapetisser, et que les livres qui se font aimer des enfants ne sauraient être que des livres médiocres.

C’est calomnier à la fois les enfants et les livres qu’ils goûtent. Leur esprit est une terre féconde dans laquelle pas une semence ne se perd ; ce qui importe, c’est qu’il n’y soit semé que du bon grain. Et, dans ce qui est du ressort de l’imagination, on pourrait écrire un livre que les plus forts esprits puissent regarder comme un chef-d’œuvre, et qui pourtant, par la seule vertu de sa pureté, pût mériter d’être mis surtout entre les mains de la jeunesse.

Bernardin de Saint-Pierre, Goldsmith, Hoffmann, Perrault, et à côté d’eux Nodier et quelques autres en petit nombre, l’ont prouvé du reste dans quelques-unes de leurs oeuvres (note perso : j’ajouterais facilement Swift, Defoe, Cervantès, Stevenson et, plus près de nous, Philip Pullman, et la liste n’est pas close)…

À-côté immédiat ; on peut sans peine appliquer ces remarques aux « mauvais genres », en particulier la science-fiction, en remplaçant « enfants » par « lecteurs ». Sans que cela leur enlève leur validité pour la « littérature de jeunesse ».