De plus en plus depuis au moins trente ans, la gestion de l'économie a presque totalement cessé d'être "industrielle", c.a.d. gérée en fonction de l'offre réelle et de la demande réelle, pour devenir "financière", spéculative, liée à la vision qu'ont les émetteurs et prêteurs d'argent sur la production, sur la consommation, et surtout sur la valorisation artificiellement gérée par les financiers de l'une et de l'autre, de l'offre et de la demande.
Le prix payé aux producteurs comme celui payé par les consommateurs, qu'il s'agisse du pétrole, du lait, du blé, du cuivre, ou même des services, de l'information, de la connaissance, sont l'un et l'autre affectés par la gestion financière et spéculative des banques et des assurances, propriétaires, producteurs et distributeurs exclusifs de la seule ressource réelle à leurs yeux, la monnaie financière, ressource autrefois gérée par les États et aujourd'hui par les seules sociétés financières. Dans ce rôle, ils s'attribuent le droit de décider aussi bien de ce que peut valoir le travail humain ou les besoins plus ou moins incompressibles de l'individu que de ce que vaut la production de biens et de services, dont ils se considèrent comme propriétaires de fait puisqu'ils fixent son équivalent monétaire.
A quel point cette vision déformée du monde et de la société conduit au gouffre ne sera visible que quand il sera impossible de revenir à une vision industrielle (au sens primitif du mot industrie: création par le travail de richesses élaborées). Peut-on encore espérer que, avant qu'il ne soit trop tard, la vision "industrielle" reprendra le dessus?
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