mercredi 28 mars 2007

La veille de la mort de la liberté?

Les "incidents" qui se sont produits hier à la Gare du Nord ne sauraient avoir que des conséquences néfastes pour les libertés. A moins qu'il ne soit établi que le fraudeur interpellé a réellement été l'objet d'une interpellation "bavure", c.a.d. que les policiers l'auraient battu avant qu'il ne se révolte, nous nous trouvons là devant un cas où la population a pris fait et cause pour les casseurs contre les policiers dont le premier rôle devrait être de protéger les honnêtes gens; ceci veut dire que soit nous arriverons à un faux ordre de type fasciste dans lequel les policiers auraient toujoursd raison, soit nous arriverons à un fascisme de bandits dans lesquel la violation de la loi est devenue normale. dans les deux cas, "ordre" policier ou "désordre" criminel, la liberté succombe.

mercredi 21 mars 2007

L'élection du 22 avril invalidée d'avance

En autorisant un négateur de la démocratie représentative, des lois votées, et donc de la constitution tel que José Bové à participer, le Conseil Constitutionnel a d'avance invalidé l'élection. Tout vote pour Bové sera une négation de l'élection et invalidera d'avance toute loi votée à l'initiative de quelque candidat que ce soit (fût-ce Bové).

lundi 19 mars 2007

Prédation (retour?)

Le thème me taraude, je l'ai peut-être déjà évoqué...

Depuis des millénaires l’humanité a comporté deux catégories d’individus qui s’efforçaient plus ou moins de cohabiter : ceux qui construisent le monde, produisent, organisent, et ceux qui utilisent ce qui existe, s’emparent de ce qu’ils peuvent, limitent plus ou moins leur prédations ; depuis longtemps, les lois morales ne s’occupent que de limiter et d’organiser la prédation, en supposant la production plus ou moins automatique, voire, dans le meilleur des cas, en rappelant qu’avant de prendre il faut avoir créé, en essayant donc d’imposer des actes de création à ceux qui n’ont que la prédation en tête.

Mais, de plus en plus, la prédation, ses limites éventuelles, et la volonté-droit de chacun à prendre autant que les autres ou, du moins, à essayer, a complètement oblitéré dans l’esprit de tous l’idée même de création (production réelle ou organisation).

Il y avait deux sortes de patrons, de « créateurs d’entreprises » : ceux qui volaient réaliser une idée, produire quelque chose, montrer leur talent d’organisateur et de créateur, et ceux qui veulent gagner le plus d’argent possible à partir du travail des autres ; ceux pour qui le profit personnel n’était qu’un outil pour leur permettre de vivre et de créer, et ceux qui ne considèrent la production que comme un moyen de gagner de l’argent ; combien reste-t-il, dans le patronat actuel de représentants de la première catégorie ?

Il y avait deux sortes d’ouvriers ou d’artisans : ceux qui prenaient plaisir à créer, qui veillaient à bien faire leur travail pour leur propre satisfaction, le salaire étant une nécessité plus ou moins accessoire, ou une reconnaissance méritée de leurs efforts, et ceux qui ne travaillent que pour gagner le salaire, et qui donc cherchent à avoir le salaire le plus élevé possible pour l’effort le moindre possible, et pour qui la qualité du travail n’est rien de plus qu’une nécessité imposée par le contrôle patronal. La question n’est même pas de savoir combien la première catégorie compte encore de représentants ; c’est de savoir si elle existe encore. Moi-même hésite à m’y inclure, c’est dire combien je suis peu disposé à y inclure qui que ce soit.

Et le phénomène n’est pas limité à la France, loin de là. Porté par la « morale islamique » qui est, exclusivement, une morale de prédateurs, il ne fait que s’amplifier dans toutes les générations de révoltés, qui se disent « anti-capitalistes » alors même que ce sont les traits mêmes du capitalisme sauvage qu’ils développent comme base, comme justification, de leur révolte ; pas le rejet de ces traits : la volonté de les détourner à leur profit. D’une certaine façon, si les prédateurs économiques modernes ont détourné à leur profit et utilisent à contresens le vocable « libéralisme », l’anti-libéralisme, lui, porte bien son nom, puisqu’il conforte la volonté prédatrice qu’il ne combat que chez les autres, mais rejoint le pseudo-libéralisme dans sa lutte contre les vraies libertés, celle de vivre, celle de participer à la société.

samedi 17 mars 2007

Élections pièges à cons

Comment qualifier autrement l’article de pseudo-mathématique électorale paru dans le Nouvel Observateur de cette semaine ( http://hebdo.nouvelobs.com/p2210/articles/a335849.html ) qui prétend améliorer le mode de vote ? C’est de la trichotetratomie (coupage de cheveux en quatre dans le sens de la longueur) dans toute sa hideur ; un système qui demandera un brevet et six mois d’entraînement aux électeurs, et qui ne saurait fonctionner que dans des cas d’élection avec corps électoral limité en taille.

Prétendre résoudre les difficultés d’obtenir une manière satisfaisante de faire déléguer les pouvoirs, car elle est bien la base de la démocratie représentative a toujours été un problème insoluble ; les mathématiciens, qui connaissent bien le « paradoxe de Condorcet », devraient être les derniers à) prétendre proposer un système meilleur que ceux existants… un tel système ne saurait marcher que de manière théorique, si les électeurs sont conformes au modèle utilisé, si la loi de Murphy autorise une élection sans paradoxe…

A la rigueur, un système mis au point pour faire voter les robots a des chances de fonctionner aussi longtemps que le programme des dits robots ne sera pas infecté par un virus ; avec les électeurs, il faudrait un virus très puissant pour que le système fonctionne ne serait-ce qu’une seule fois. Dans une démocratie communiste, peut-être ; ou avec le système haïtien (des bulletins de couleurs différentes et les houngas interdisent de toucher du papier de la mauvaise couleur)…

Sinon c’est l’usine à gaz, il faudra toujours raffiner le système qui ne sera jamais satisfaisant. Le « moins pire » reste, malgré tout, pour des élections législatives, un système de proportionnelle régionale avec des sièges répartis de façon proportionnelle au nombre d’électeurs des différentes régions, et une attribution des sièges restants au plus fort quotient. Et un système de vote Oui-Non pour des élections du genre présidentielle éviterait, peut-être, l’« incident » de 2002 (chaque électeur vote Oui ou Non pour chaque candidat, seul un candidat qui dépasse 50% de Oui peut être élu, et dans le cas où il y en a plusieurs, on choisit celui qui en a le plus. Et si aucun candidat ne franchit les 50% ? Je ne sais pas, aucun système ne pourrait rendre légitime aucun des candidats, dans ce cas.

Bon, en attendant, l’élection présidentielle de 2007 est partie… Faudra faire avec le système existant, avec les 7 ou 8 candidats anti-démocratiques dont le seul espoir est de faire chuter le candidat qui est le plus proche de leurs idées, et d’en garantir la non-présentation au second tour. Tous ces soi-disant « candidats de gauche » qui veulent assurer une élection sans représentant de la gauche au second tour, tandis que les candidats « indépendants » limitent les espoirs des candidats de droite, mais ne les menacent pas vraiment. Comme en 2005 les soi-disant « anti-libéraux » ont fait disparaître l’espoir d’une Europe où le libéralisme ne serait pas la seule loi valide, ont fait exclure totalement l’existence d’une Europe sociale sous prétexte qu’elle serait seulement "possible"…

vendredi 16 mars 2007

Identité nationale

Le débat sur l’identité nationale est probablement sans fin, surtout si on lui adjoint les sous-entendus faux habituels, à savoir

Parler d’identité nationale est réservé aux penseurs nationalistes ;

Nationalité et citoyenneté sont synonymes ;

Il est indispensable d’avoir la nationalité du pays où on réside ;

Parce que avant même de pouvoir débattre sainement et honnêtement de cette notion, avant même de pouvoir séparer sans tomber dans le racisme et la xénophobie les nationaux d’un pays et les résidents étrangers, il est indispensable de remettre en forme les notions de base, et cette remise en forme ne saurait être faite que si les penseurs « de gauche » attaquent le problème sans rejet a priori.

Une fois écarté ces a priori nationalistes comme quoi seuls les descendants de français (je restreins le problème pour simplifier certaines formulations, mais on peut généraliser) de souche (depuis quand ?) peuvent se déclarer français, comme quoi la nationalité serait de nature génétique et polluée par la présence d’un seul chromosome d’origine étrangère, il est quand même possible de chercher à déterminer quels aspects ethniques ou culturels fondent l’appartenance à la nationalité.

Côté ethnique, il est difficile de valider quelque restriction que ce soit ; la présence ou l’absence d’ancêtres gaulois, francs (des envahisseurs arrivés au V° siècle), normands (arrivés au X° siècle) ou autres immigrés (en restreignant le mot à son sens réel : gens venus d’ailleurs et installés définitivement sur le sol français) n’est pas, aujourd’hui, un critère déterminant de l’appartenance à la nation française qui s’est constituée, de fait, depuis 1215.

Côté culturel, il y a quand même au moins un critère fondamental : aujourd’hui que la France est « une et indivisible » avec sa langue spécifique (en fait limitée au seul langage parisien imposé aux régions comme modèle unique), la pensée « française » ne saurait s’exprimer sans maîtrise de la langue française.

Un deuxième critère paraît s’imposer : l’acceptation des lois fondamentales, constitutionnelles, des « Droits de l’Homme » dans leur formulation française. Ce qui, soit dit au passage, justifierait largement l’expulsion et la privation de la nationalité française et de la citoyenneté de ceux qui prétendent remettre en cause ces principes fondamentaux, autrement dit des « nationalistes » du « Front national » et des mouvements analogues. De même que, sachant que la liberté de religion est un principe de base de la loi française, les intégristes religieux de tout bord, aussi bien les catholiques que les islamistes, devraient être expulsés. A la bourse aux zones de non-droit, l’Église Saint Bernard vaut les cités de Clichy…

« La France, aime-là ou quitte-la », ça s’applique aussi bien aux fachos de tout poil qu’aux communautaristes « immigrés ».

Je l’ai écrit plus haut : la religion ne saurait être invoquée comme critère national ; par contre l’acceptation de la différence religieuse, la tolérance, est un critère discriminant, inclus dans le deuxième ci-dessus.

Un critère qui, à mon avis, joue pour la citoyenneté, mais pas pour la nationalité : la participation sociale, le respect des lois. Un fraudeur, un asocial, un criminel, peuvent être déchus de leurs droits sociaux et exclus de la communauté sociale ; cela n’en fera pas pour autant des étrangers.

Et il importe de séparer la citoyenneté, ensemble de droits et de devoirs, du droit de vote aux cotisations sociales et aux impôts ou aides, de la nationalité, qui demeure une notion strictement culturelle et abstraite.

Je reviendrai sur cette réflexion fondamentale…

Polnareff et la chanson française

L’article du Nouvel Observateur consacré au retour en France de Polnareff porte un titre provocateur : « La chanson française n’existe plus ». Sous prétexte qu’il s’est exilé pour des motifs qu’on peut apprécier de façon différente, Mossieu Polnareff considère que son départ a affecté la qualité de la chanson française ; il n’a certainement rien écouté de tout ce qui a pu être fait en son absence. Et puisqu’il n’a vécu qu’aux États-Unis, puisqu’il n’a écouté que des chanteurs anglo-saxons, il a décidé que la chanson française n’existait plus.

Chacun ses goûts, je ne défendrai pas le rap ou les chanteurs que je n’aime pas, moins encore les créations de la Star Ac ; mais Henri Tachan chante depuis plus de quarante ans avec un public fidèle et loin d’être négligeable ; Jacques Bertin fait de même ; ce n’est pas parce qu’ils se confinent, plus ou moins volontairement, en province, qu’Anne Vanderlove, Jacques Barthes et plusieurs autres auraient disparu. Et Béa Tristan revient peu à peu sur scène et prépare deux CDs, dont un enregistré en public (voir http://www.beatristan.com ). Combien de jeunes chanteurs, comme par exemple Juliette, nous offrent des chansons de qualité…

Mossieu Polnareff, ne prenez pas votre désir d’incarner « la » chanson française pour une réalité. La chanson française est là, elle se passe de vous !

mardi 6 mars 2007

Pourquoi parlons-nous?

Tel était le titre d'une conférence suivie ce matin à l'Université René Descartes (ParisV) dans ses locaux de Boulogne Billancourt.

Assez schématique par rapport à un sujet aussi vaste qu’encore peu exploré, la question de la naissance du langage, la conférence a porté sur quelques points, en vue de montrer que la communication humaine était de nature politique. Non directement rentable en tant que stratégie darwinienne, l’existence du langage aurait été une stratégie de séduction et de sélection d’amis, de création d’influence dans une espèce organisée de façon politique.

Si l’organisation politique de l’espèce n’est pas spécifique de l’espèce humaine, la création et l’emploi du langage comme outil politique, avec une stratégie plus complexe que le simple affichage publicitaire des chants d’oiseaux, semble s’avérer l’apanage de cette seule espèce (sauf si les dauphins…).

Au passage, la conférence a résolu par le biais le paradoxe du menteur : la stratégie correcte d’un menteur n’est pas de toujours mentir, mais bien de mentir une fois sur deux ! Comme le montre la « stratégie » des chimpanzés.

Autre point essentiel, montré par l’emploi des simulations d’évolution : les sauts évolutifs sont non instantanés, mais extrêmement (au sens historique) rapides, entre paliers évolutifs, attracteurs assez séparés.

Le langage n’a pas pour but de transmettre les connaissances, même si cela en est un des effets. Il n’est pas ici dans l’intérêt de l’auditeur, car les stratégies darwiniennes auraient alors conduit à sa disparition rapide, l’intérêt de l’auditeur étant la capitalisation, par leur rétention, des informations. Or ce qui se passe est que le locuteur a, lui, intérêt à se présenter comme donneur d’informations, si possible acceptées, d’où la présence d’un mécanisme de contrôle de la véracité des déclarations via leur cohérence interne et avec les acquis antérieurs, l’argumentation.

La politique, basée donc sur le bavardage et la multiplication d’informations curieuses, vise donc à accroître le prestige de celui qui a le plus de choses intéressantes, originales, cohérentes via l’argumentation, à donner.

S’il n’avait pour but que la diffusion d’informations utiles, le langage serait beaucoup plus restreint qu’il ne l’est ; c’est parce qu’il doit au contraire s’adapter à la diffusion d’informations aussi extraordinaires, exceptionnelles que possible, que le locuteur moyen a besoin d’un bagage de l’ordre de 20000 mots en moyenne, d’une mémoire événementielle qui peut paraître un accessoire superflu et coûteux en terme d’efficacité du cerveau d’un point de vue d’ingénieur.

vendredi 2 mars 2007

Tolérance et Islam

Régulièrement, la question de savoir ce qui est permis aux non-musulmans dans les pays non islamiques se repose: affaire des caricatures de Mahomet, programme de l'Opéra de Berlin, etc...
La question posée est de savoir si, sous prétexte de respect des minorités, la loi islamique ne doit pas être appliquée dans tout pays où habite un musulman. Exagéré? Non, justement. Les réactions des musulmans dans leurs pays d'accueil, l'influence croissante des islamistes, se résument à ça: la liberté religieuse de l'Islam passe par l'interdiction de toute liberté non islamique, l'application de la loi islamique la plus sévère dans tout pays où la communauté musulmane dépasse 1 personne.
Les islamistes n'ont pas inventé ce genre de procédé de tout exiger au nom de leur liberté d'exister et du respect de leurs choix; les missionnaires chrétiens d'autrefois auraient bien voulu pouvoir exiger l'application de leur façon de concevoir le monde dès qu'ils entraient dans un pays.
La différence, c'est qu'aujourd'hui, entre l'exagération par les pays démocratiques du droit à la différence devenu pour les islamistes le droit d'imposer leur vision du monde à tous et les craintes de réactions terroristes au seul exercice du droit de ne pas être musulman dans un pays non islamique, eux risquent de gagner cette gageure: imposer l'intolérance islamiste au nom de la tolérance de l'Islam.