Assez schématique par rapport à un sujet aussi vaste qu’encore peu exploré, la question de la naissance du langage, la conférence a porté sur quelques points, en vue de montrer que la communication humaine était de nature politique. Non directement rentable en tant que stratégie darwinienne, l’existence du langage aurait été une stratégie de séduction et de sélection d’amis, de création d’influence dans une espèce organisée de façon politique.
Si l’organisation politique de l’espèce n’est pas spécifique de l’espèce humaine, la création et l’emploi du langage comme outil politique, avec une stratégie plus complexe que le simple affichage publicitaire des chants d’oiseaux, semble s’avérer l’apanage de cette seule espèce (sauf si les dauphins…).
Au passage, la conférence a résolu par le biais le paradoxe du menteur : la stratégie correcte d’un menteur n’est pas de toujours mentir, mais bien de mentir une fois sur deux ! Comme le montre la « stratégie » des chimpanzés.
Autre point essentiel, montré par l’emploi des simulations d’évolution : les sauts évolutifs sont non instantanés, mais extrêmement (au sens historique) rapides, entre paliers évolutifs, attracteurs assez séparés.
Le langage n’a pas pour but de transmettre les connaissances, même si cela en est un des effets. Il n’est pas ici dans l’intérêt de l’auditeur, car les stratégies darwiniennes auraient alors conduit à sa disparition rapide, l’intérêt de l’auditeur étant la capitalisation, par leur rétention, des informations. Or ce qui se passe est que le locuteur a, lui, intérêt à se présenter comme donneur d’informations, si possible acceptées, d’où la présence d’un mécanisme de contrôle de la véracité des déclarations via leur cohérence interne et avec les acquis antérieurs, l’argumentation.
La politique, basée donc sur le bavardage et la multiplication d’informations curieuses, vise donc à accroître le prestige de celui qui a le plus de choses intéressantes, originales, cohérentes via l’argumentation, à donner.
S’il n’avait pour but que la diffusion d’informations utiles, le langage serait beaucoup plus restreint qu’il ne l’est ; c’est parce qu’il doit au contraire s’adapter à la diffusion d’informations aussi extraordinaires, exceptionnelles que possible, que le locuteur moyen a besoin d’un bagage de l’ordre de 20000 mots en moyenne, d’une mémoire événementielle qui peut paraître un accessoire superflu et coûteux en terme d’efficacité du cerveau d’un point de vue d’ingénieur.
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