mercredi 29 août 2007
L'école et l'échec scolaire
Les élèves ne perçoivent plus du tout, les parents et les pédagogues considèrent comme inutile, l'acquisition de connaissance et la transmission des acquis. Il s'agit exclusivement de satisfaire l'institution et de donner à l'enfant le moyen de s'adapter aux attentes sociales. Les connaissances, il les acquerra au fur et à mesure des besoins réels qu'il rencontrera! S'il est intégré dans le groupe de travail, il trouvera en lui-même ou dans le groupe les réponses aux questions posées par celui-ci; quant aux connaissances et acquis des générations précédentes, le groupe n'en a que faire... Dans une telle optique, le taux d'échec est constant, il faut que chaque groupe possède une part plus ou moins constante de meilleurs et une part plus ou moins constante de "mauvais". Toute réflexion sur un meilleur ou un moins bon enseignement, sur la taille des groupes (classes), sur le soin ou les méthodes, est vide et sans effet!
S'il s'agissait de juger de la meilleure (à espérer) ou de la plus mauvaise (et, actuellement, la comparaison est une litote) transmission des savoirs, la question de l'échec flagrant de celle-ci et de la nécessité de recréer une transmission des savoirs mériterait d'être traitée; mais cette question est très loin des problèmes des pédagogues, des responsables de l'"enseignement", des parents ou des enfants! Encore que, pour certains savoirs fondamentaux (langue, lecture, écriture, calcul), il arrive que les grands-parents se rappellent de leur utilité, ou que certains politiques en parlent pour justifier des mesures anti-scolaires d'économie et de suppression des autres enseignements!
samedi 11 août 2007
Travail et retraite
D'une part le problème du travail est à mes yeux le problème des corvées nécessaires pour que la société puisse donner à ses membres les biens dont ils ont besoin ou envie: il faut que ces biens soient produits, envoyés là où ils sont nécessaires, distribués; il y a donc un certain nombre de tâches indispensables, et il y a un travail à faire dès qu'une de ces tâches n'est pas encore accomplie.
S'ajoutent toutes les tâches d'organisation de la production, du transport, de la distribution, de la répartition équitable et de l'organisation dela vie sociale...
Le travail n'est pas la même chose que l'emploi, la position sociale qui donne droitn à revenu (salaire) et considération.
Ainsi compris, le travail n'est jamais un droit, il est toujours un devoir. Chacun doit effectuer le travail qu'il peut effectuer, la société devant organiser la répartition des tâches en fonction des besoins et des capacités. Si quelqu'un n'a pas de travail à faire parce que tout le travail nécessaire est fait par d'autres, tant mieux pour lui et il n'y a pas lieu de le pénaliser. Doivent par contre être pénalisés ceux qui ne font rien alors qu'il y a des tâches qu'ils pourraient effectuer et qu'ils refusent par paresse ou par égoïsme. Sont bien sûr dispensés de travail ceux qui ne peuvent pas pour des raisons légitimes (faiblesse, maladie, incompétence) effectuer les travaux demandés, ainsi que les jeunes en cours de formation scolaire ou apprentissage ou sociale.
Parmi ceux qui peuvent être dispensés de travail, il y a bien sûr ceux qui sont trop vieux pour travailler, que l'âge, la maladie ou une infirmité, a rendus incapables de poursuivre leur tâche.
Il est normal que, dans un souci de solidarité, ceux que la maladie, un accident ou l'âge a rendus incapables de travailler reçoivent une pension d'invalidité ou de vieillesse, une "retraite". Et cette pension ne doit en aucun cas être soumise à une appréciation liée à la quantité de travail fournie avant que maladie, accident, invalidité ou âge n'imposent la retraite.
L'idée même de compter les années de cotisation s'oppose à cette conception solidaire de la retraite, et revient à imaginer en fait que la retraite soit ayée par les économies forcées dutravailleur; elle a un sens dans un système de retraite par capitalisation un système individualiste et financier, elle n'en a pas dans un système qui se veut solidaire. De même que n'a pas de sens dans un système solidaire l'idée même d'un "âge de la retraite".
Dans un système solidaire, social, ce ne sont pas les "jeunes" qui payeront pour les retraîtés, ce sont tous les travailleurs qui partageront avec les non-travailleurs (jeunes, malades, retraités) les revenus des créations du travail. Et si dans certaines professions il est préférable que le travail soit abandonné aux plus jeunes dès que possible, dans d'autres professions il est bon que les travailleurs expérimentés continuent à travailler le plus longtemps possible, tout en formant leurs successeurs. L'idée même d'un âge fixe après lequel il ne faudrait plus travailler n'est légitime que dans les professions où l'âge rend le travail pénible ou inefficace, augmente les risques d'accidents ou d'erreur. Et même dans ces cas là, je ne crois pas que l'âge d'arrêt de travail soit le même pour tous, fixer un âge unique de retraite reste un non-sens.
Alors? Il faut réfléchir aux besoins de la société et à ceux des individus qui la composent, avec soin et, bien sûr, avec respect et dans un esprit social pour essayer de construire un sytème cohérent et efficace, libéral (au vrai sens du mot, pas au sens féodaliste: un système non totalitaire) et organisé...
vendredi 10 août 2007
"Dieu" et la science
Ce titre, qui réapparaît avec la régularité des fleurs du marronnier dans les revues, demeure une escroquerie fondamentale, en confondant Dieu avec l’image véhiculée par des déocrates obscurantistes qui n’adirent qu’eux-mêmes et leur ignorance du monde réel derrière le paravent du nom dévoyé de Dieu.
Parce que le Dieu que nous présente le texte de la Bible a dit, dès sa création, à Adam de connaître le monde, d’en développer la science, parce que la connaissance du monde, c’est la connaissance de ce que Dieu a créé, et chacune des merveilles du monde est une raison de plus d’adorer son Créateur. Comme le fait dire Romain Rolland à un de ses personnages, « Un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène. ».
Le Péché originel, ce n’est pas « l’Arbre de la Science », c’est « l’Arbre de la Science du Bien et du Mal », autrement dit la morale, la pudeur, etc. Ce n’est pas la nature, c’est la coupure avec la Nature. À la limite, revenir à l’état animal, se comporter comme une bête, ce serait s’abstraire du péché originel…
Sachant que ce que ne supporte pas un Dieu jaloux de ses prérogatives, un Dieu qui a créé l’homme « à son image », mais pas à son égal, c’est que l’homme puisse se comparer à son Créateur. Le Péché le plus grave, c’est l’Hubris, la volonté d’être égal à Dieu. L’Image de Dieu, ce n’est pas le Pareil à Dieu. Le reflet ne saurait se prendre pour Celui dont il est le reflet. Et c’est là que nous arrivons au problème de la science ou plutôt des techniques que permet la science. Tant que le savant continue de décrire l’œuvre de Dieu sans se croire l’égal de Dieu parce qu’il peut modifier ce qu’il découvre, soigner les maladies, améliorer parfois une niche écologique, tant qu’il conserve la conscience de cette subordination au Créateur Premier, il ne pèche pas. Quant il joue au démiurge, se croit l’égal de Dieu parce qu’il peut sinon créer un univers, du moins en recréer un détail précis, à l’identique ou sous une forme qui lui paraît améliorée (ah, le rêve des œufs cubiques qu’on rangera dans des cartons d’emballage !), il renie sinon Dieu, du moins le respect que Dieu attend de ses créations.
Ce n’est pas la science qui est en cause, c’est la philosophie qui se cache derrière la science, la volonté d’égaler Dieu alors que Dieu attend respect, obéissance.
Mais cette volonté déicide et démiurgique, plus que chez les savants, c’est bien chez les Prophètes de tout poil, gourous, intégristes de toutes les formes de la religion du Livre (aggravée chez ceux qui ont remplacé le Livre originel par la Prophétie du fondateur de leur secte) qu’on la trouve. En exigeant l’obéissance servile à Dieu ou, pire encore, à « Son » Prophète, ils demandent à être eux-mêmes adorés, et commettent le Crime fondamental, plus grave que le Péché d’Adam, de prétendre se substituer à ce Dieu qu’ils prétendent représenter. Ils se veulent l’Incarnation de Dieu, pour ainsi dire son égal, en se présentant comme ses défenseurs.
En défendant une thèse contraire à la création réelle, les « Créationnistes », loin de défendre l’œuvre de Dieu, veulent lui substituer leur propre vision étriquée. Ils se prennent pour plus intelligents que Dieu, puisqu’ils connaissent « la » vérité, celle qu’ils ont fabriquée. Plus orgueilleux que les savants qu’ils dénoncent, ils défendent, de fait, le Destructeur, l’Ennemi.
Plutôt qu’intégristes, ils méritent d’être qualifiés de satanistes.
Si Dieu est bien, comme le Livre le prétend, le Créateur, le Dieu de lumière annoncé, nul doute qu’il est du même côté que la science dans la lutte contre l’obscurité, l’obscurantisme, la destruction du réel qu’Il a créé.
lundi 6 août 2007
Philosophie de l'enseignement
Il est temps de rappeler les données de base des « Droits de l’Humain », ne serait-ce que parce que le mensonge qui a pris leur place est tout simplement incompatible avec le monde réel :
Le droit imprescriptible à l’enseignement, c’est le droit de travailler pour acquérir des connaissances qui ne sauraient, quelque effort réel ou apparent qu’on fasse pour cela, être acquises sans travail de l’élève. Il n’y a pas de droit aux connaissances, il n’y a de droit qu’à l’accès à ces connaissances.
Les élèves d’aujourd’hui, et souvent leurs parents qui ont oublié que les connaissances qu’ils ont acquises leur ont demandé un effort, et que s’ils n’en ont pas acquis certaines, c’est bien parce qu’ils n’ont pas fait l’effort nécessaire, demandent à ce que les connaissances leur soient données du seul fait qu’ils assistent au cours. C’est tout simplement irréalisable. Le professeur peut enseigner aussi bien qu’il voudra, aucun élève, aussi doué soit-il, n’acquerra les connaissances sans avoir fait l’effort de les apprendre. Le rêve scientiste de l’enseignement hypnopédagogique, de l’acquisition des connaissances pendant le sommeil, est un leurre. Si on ne doit en (presque) aucun cas interdire à celui qui veut apprendre d’avoir accès aux connaissances qu’il désire acquérir, on ne peut pas les faire entrer dans le cerveau d’un auditeur purement passif.
Plus grave, et là ce sont souvent les « élèves » qui ont cette vision consumériste et totalement fausse, l’Éducation Nationale n’est pas une usine qui fabrique et distribue des diplômes, diplômes qui seraient le droit naturel de l’élève « studieux », c.a.d. ici obéissant et passif, et l’accès au travail désiré ne serait qu’une simple reconnaissance de séjour passif dans l’école-prison qu’imaginent certains. Sous peine de ne plus avoir d’ici une génération de travailleur compétent, il est urgent de revenir à la conception nécessaire de l’acquisition des connaissances, de la viduité du diplôme hors son rôle d’attestation d’acquisition réelle des connaissances, et non seulement d’assistance au cours.
Retour au départ (vous touchez 20000F, comme au Monopoly) : le droit d’apprendre, de tenter d’acquérir les connaissances, est un droit fondamental et imprescriptible ; tout jeune doit avoir la possibilité d’apprendre ; on peut même essayer de le convaincre de faire l’effort nécessaire même s’il n’en a pas envie, s’il ne se rend pas compte de la nécessité du savoir pour s’intégrer à la société. On peut le forcer à essayer, on ne peut pas le forcer à réussir, et on ne doit pas lui donner un satisfecit menteur rien que parce qu’il a assisté au cours sans le perturber. S’il ne veut pas, ou s’il ne peut pas (le cas, bien que plus rare qu’on le fait croire, existe) apprendre ce qui lui sera nécessaire pour s’intégrer à la société adulte, il faut lui trouver une place « hors société » où il recevra ce que la société pourra lui donner sans se remettre en cause, mais où également il sera hors d’état de nuire à la société. Pas question de « punition », mais la société doit se défendre.
