Je réagis avec délai raisonnable à l'article du Parisien de mardi dernier concernant un sondage sur l'âge de la retraite, pour exprimer quelques opinions personnelles sur le sens du mot travail et sur ma manière de voir le problème des retraites.
D'une part le problème du travail est à mes yeux le problème des corvées nécessaires pour que la société puisse donner à ses membres les biens dont ils ont besoin ou envie: il faut que ces biens soient produits, envoyés là où ils sont nécessaires, distribués; il y a donc un certain nombre de tâches indispensables, et il y a un travail à faire dès qu'une de ces tâches n'est pas encore accomplie.
S'ajoutent toutes les tâches d'organisation de la production, du transport, de la distribution, de la répartition équitable et de l'organisation dela vie sociale...
Le travail n'est pas la même chose que l'emploi, la position sociale qui donne droitn à revenu (salaire) et considération.
Ainsi compris, le travail n'est jamais un droit, il est toujours un devoir. Chacun doit effectuer le travail qu'il peut effectuer, la société devant organiser la répartition des tâches en fonction des besoins et des capacités. Si quelqu'un n'a pas de travail à faire parce que tout le travail nécessaire est fait par d'autres, tant mieux pour lui et il n'y a pas lieu de le pénaliser. Doivent par contre être pénalisés ceux qui ne font rien alors qu'il y a des tâches qu'ils pourraient effectuer et qu'ils refusent par paresse ou par égoïsme. Sont bien sûr dispensés de travail ceux qui ne peuvent pas pour des raisons légitimes (faiblesse, maladie, incompétence) effectuer les travaux demandés, ainsi que les jeunes en cours de formation scolaire ou apprentissage ou sociale.
Parmi ceux qui peuvent être dispensés de travail, il y a bien sûr ceux qui sont trop vieux pour travailler, que l'âge, la maladie ou une infirmité, a rendus incapables de poursuivre leur tâche.
Il est normal que, dans un souci de solidarité, ceux que la maladie, un accident ou l'âge a rendus incapables de travailler reçoivent une pension d'invalidité ou de vieillesse, une "retraite". Et cette pension ne doit en aucun cas être soumise à une appréciation liée à la quantité de travail fournie avant que maladie, accident, invalidité ou âge n'imposent la retraite.
L'idée même de compter les années de cotisation s'oppose à cette conception solidaire de la retraite, et revient à imaginer en fait que la retraite soit ayée par les économies forcées dutravailleur; elle a un sens dans un système de retraite par capitalisation un système individualiste et financier, elle n'en a pas dans un système qui se veut solidaire. De même que n'a pas de sens dans un système solidaire l'idée même d'un "âge de la retraite".
Dans un système solidaire, social, ce ne sont pas les "jeunes" qui payeront pour les retraîtés, ce sont tous les travailleurs qui partageront avec les non-travailleurs (jeunes, malades, retraités) les revenus des créations du travail. Et si dans certaines professions il est préférable que le travail soit abandonné aux plus jeunes dès que possible, dans d'autres professions il est bon que les travailleurs expérimentés continuent à travailler le plus longtemps possible, tout en formant leurs successeurs. L'idée même d'un âge fixe après lequel il ne faudrait plus travailler n'est légitime que dans les professions où l'âge rend le travail pénible ou inefficace, augmente les risques d'accidents ou d'erreur. Et même dans ces cas là, je ne crois pas que l'âge d'arrêt de travail soit le même pour tous, fixer un âge unique de retraite reste un non-sens.
Alors? Il faut réfléchir aux besoins de la société et à ceux des individus qui la composent, avec soin et, bien sûr, avec respect et dans un esprit social pour essayer de construire un sytème cohérent et efficace, libéral (au vrai sens du mot, pas au sens féodaliste: un système non totalitaire) et organisé...
samedi 11 août 2007
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