Il existe deux manières de défendre l’environnement, de nature et aux conséquences quasiment opposées.
L’une est la vision conservatrice, basée sur la vision de l’homme comme prédateur et sur la volonté de limiter ses prédations. Sans être totalement négative, elle est vouée à l’échec par essence, puisque elle suppose une quantité déterminée et limitée de choses à défendre, et que les destructions successives par les prédateurs anti-écologistes feront diminuer jusqu’à la disparition totale.
L’autre est la vision cultivatrice, celle qui prend en compte l’évolution du milieu, essaye de l’orienter dans le sens de l’amélioration. Elle ne rejette pas l’innovation par principe, elle exige que cette innovation soit contrôlée.
Prenons un exemple, les OGM. Pour le pire ou le moins pire, les OGM existent ; si on ne prend en compte que leur refus systématique et qu’on considère chaque plantation d’OGM comme une destruction du milieu « naturel », la lutte est perdue d’avance, car les OGM apparaîtront et mangeront progressivement tout l’espace cultivé ; si en revanche on contrôle leur introduction, si on l‘oriente vers l’évolution positive du milieu, alors les OGM deviendront, peut-être, ce que leurs propagandistes prétendent qu’ils sont déjà (ce qui est faux), un moyen de lutte contre la famine et la désertification. Paradoxalement, ce sont les slogans conservateurs anti-OGM qui présentent la quasi-certitude de mener à la disparition complète des organismes non modifiés, en favorisant les OGM les plus incontrôlés, les plus nocifs, ceux qui seront introduits sans contrôle pour créer un état de fait irréversible.
On peut en dire autant de l’énergie atomique : soit on la développe sous contrôle, soit seules les versions nocives, incontrôlées, seront développées par ceux qui y trouveront profit.
On revient toujours au même débat philosophique : l’homme est-il (seulement) prédateur ou est-il (aussi) créateur ? Dans le premier cas (défendu, hélas, par les trois religions du Créateur unique, particulièrement par la troisième, mais essentiel aux dérives fondamentalistes des trois), la disparition de toute vie sur Terre est assurée à plus ou moins court terme (entre 2012 pour les prévisions les plus optimistes et 2100 pour les plus pessimistes). Dans le second cas, un miracle (d’origine humaine) est encore possible. À condition que la vision créatrice de l’humanité cesse de disparaître de l’opinion générale…
