lundi 6 août 2007

Philosophie de l'enseignement

Il est temps de rappeler les données de base des « Droits de l’Humain », ne serait-ce que parce que le mensonge qui a pris leur place est tout simplement incompatible avec le monde réel :

Le droit imprescriptible à l’enseignement, c’est le droit de travailler pour acquérir des connaissances qui ne sauraient, quelque effort réel ou apparent qu’on fasse pour cela, être acquises sans travail de l’élève. Il n’y a pas de droit aux connaissances, il n’y a de droit qu’à l’accès à ces connaissances.

Les élèves d’aujourd’hui, et souvent leurs parents qui ont oublié que les connaissances qu’ils ont acquises leur ont demandé un effort, et que s’ils n’en ont pas acquis certaines, c’est bien parce qu’ils n’ont pas fait l’effort nécessaire, demandent à ce que les connaissances leur soient données du seul fait qu’ils assistent au cours. C’est tout simplement irréalisable. Le professeur peut enseigner aussi bien qu’il voudra, aucun élève, aussi doué soit-il, n’acquerra les connaissances sans avoir fait l’effort de les apprendre. Le rêve scientiste de l’enseignement hypnopédagogique, de l’acquisition des connaissances pendant le sommeil, est un leurre. Si on ne doit en (presque) aucun cas interdire à celui qui veut apprendre d’avoir accès aux connaissances qu’il désire acquérir, on ne peut pas les faire entrer dans le cerveau d’un auditeur purement passif.

Plus grave, et là ce sont souvent les « élèves » qui ont cette vision consumériste et totalement fausse, l’Éducation Nationale n’est pas une usine qui fabrique et distribue des diplômes, diplômes qui seraient le droit naturel de l’élève « studieux », c.a.d. ici obéissant et passif, et l’accès au travail désiré ne serait qu’une simple reconnaissance de séjour passif dans l’école-prison qu’imaginent certains. Sous peine de ne plus avoir d’ici une génération de travailleur compétent, il est urgent de revenir à la conception nécessaire de l’acquisition des connaissances, de la viduité du diplôme hors son rôle d’attestation d’acquisition réelle des connaissances, et non seulement d’assistance au cours.

Retour au départ (vous touchez 20000F, comme au Monopoly) : le droit d’apprendre, de tenter d’acquérir les connaissances, est un droit fondamental et imprescriptible ; tout jeune doit avoir la possibilité d’apprendre ; on peut même essayer de le convaincre de faire l’effort nécessaire même s’il n’en a pas envie, s’il ne se rend pas compte de la nécessité du savoir pour s’intégrer à la société. On peut le forcer à essayer, on ne peut pas le forcer à réussir, et on ne doit pas lui donner un satisfecit menteur rien que parce qu’il a assisté au cours sans le perturber. S’il ne veut pas, ou s’il ne peut pas (le cas, bien que plus rare qu’on le fait croire, existe) apprendre ce qui lui sera nécessaire pour s’intégrer à la société adulte, il faut lui trouver une place « hors société » où il recevra ce que la société pourra lui donner sans se remettre en cause, mais où également il sera hors d’état de nuire à la société. Pas question de « punition », mais la société doit se défendre.

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