Le débat sur l’identité nationale est probablement sans fin, surtout si on lui adjoint les sous-entendus faux habituels, à savoir
Parler d’identité nationale est réservé aux penseurs nationalistes ;
Nationalité et citoyenneté sont synonymes ;
Il est indispensable d’avoir la nationalité du pays où on réside ;
…
Parce que avant même de pouvoir débattre sainement et honnêtement de cette notion, avant même de pouvoir séparer sans tomber dans le racisme et la xénophobie les nationaux d’un pays et les résidents étrangers, il est indispensable de remettre en forme les notions de base, et cette remise en forme ne saurait être faite que si les penseurs « de gauche » attaquent le problème sans rejet a priori.
Une fois écarté ces a priori nationalistes comme quoi seuls les descendants de français (je restreins le problème pour simplifier certaines formulations, mais on peut généraliser) de souche (depuis quand ?) peuvent se déclarer français, comme quoi la nationalité serait de nature génétique et polluée par la présence d’un seul chromosome d’origine étrangère, il est quand même possible de chercher à déterminer quels aspects ethniques ou culturels fondent l’appartenance à la nationalité.
Côté ethnique, il est difficile de valider quelque restriction que ce soit ; la présence ou l’absence d’ancêtres gaulois, francs (des envahisseurs arrivés au V° siècle), normands (arrivés au X° siècle) ou autres immigrés (en restreignant le mot à son sens réel : gens venus d’ailleurs et installés définitivement sur le sol français) n’est pas, aujourd’hui, un critère déterminant de l’appartenance à la nation française qui s’est constituée, de fait, depuis 1215.
Côté culturel, il y a quand même au moins un critère fondamental : aujourd’hui que la France est « une et indivisible » avec sa langue spécifique (en fait limitée au seul langage parisien imposé aux régions comme modèle unique), la pensée « française » ne saurait s’exprimer sans maîtrise de la langue française.
Un deuxième critère paraît s’imposer : l’acceptation des lois fondamentales, constitutionnelles, des « Droits de l’Homme » dans leur formulation française. Ce qui, soit dit au passage, justifierait largement l’expulsion et la privation de la nationalité française et de la citoyenneté de ceux qui prétendent remettre en cause ces principes fondamentaux, autrement dit des « nationalistes » du « Front national » et des mouvements analogues. De même que, sachant que la liberté de religion est un principe de base de la loi française, les intégristes religieux de tout bord, aussi bien les catholiques que les islamistes, devraient être expulsés. A la bourse aux zones de non-droit, l’Église Saint Bernard vaut les cités de Clichy…
« La France, aime-là ou quitte-la », ça s’applique aussi bien aux fachos de tout poil qu’aux communautaristes « immigrés ».
Je l’ai écrit plus haut : la religion ne saurait être invoquée comme critère national ; par contre l’acceptation de la différence religieuse, la tolérance, est un critère discriminant, inclus dans le deuxième ci-dessus.
Un critère qui, à mon avis, joue pour la citoyenneté, mais pas pour la nationalité : la participation sociale, le respect des lois. Un fraudeur, un asocial, un criminel, peuvent être déchus de leurs droits sociaux et exclus de la communauté sociale ; cela n’en fera pas pour autant des étrangers.
Et il importe de séparer la citoyenneté, ensemble de droits et de devoirs, du droit de vote aux cotisations sociales et aux impôts ou aides, de la nationalité, qui demeure une notion strictement culturelle et abstraite.
Je reviendrai sur cette réflexion fondamentale…

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