vendredi 29 février 2008

Miroir déformant

Dans le courrier des lecteurs du dernier numéro du Nouvel Obs, il y a une lettre d’instituteur qui rappelle que les leçons de morale et de civisme que le gouvernement veut rétablir à l’école seraient inutiles face à des enfants qui entendent sans cesse parents et autres adultes pester contre l’absence de morale du gouvernement et des entreprises qui le contrôlent. C’est vrai. Et, qui plus est, le miroir que présentent les enfants ne reflète pas la réalité perçue et vécue par leurs parents, il la déforme, la caricature, ne retenant que l’essentiel, c.a.d. que nous vivons dans un monde de purs prédateurs à sélection darwinienne déformée qui éliminerait impitoyablement les créateurs et les pacifiques au profit des seuls pilleurs et destructeurs.

Quand la lettre compare la liberté de Paul Éluard à l’impunitarisme de Sarkozy (abusivement rebaptisé liberté du Médef), elle perd l’essentiel, le fait que le mot liberté ne s’applique pas aux théories impunitaristes et néo-féodales des soi-disant libéraux. Avant une morale qui, sans cette réflexion préalable, ne saurait aller au-delà de la limitation insuffisante des prédations, il faut réfléchir aux conditions nécessaires de la vie en société, c.a.d. à la nécessité de l’existence et de la protection des non-prédateurs que sont les producteurs, les créateurs, atrisans, scientifiques, artistes, ou les constructeurs et les organisateurs, sans lesquels il n’y aura plus rien à piller une fois les réserves, qui s’amenuisent de plus en plus vite, épuisées.

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