A l'intérieur d'une discussion sur les civilisations sur SFFranco, je note ceci:
Esprit de conquête = esprit de prédation. depuis toujours l'humanité a été partagée entre les prédateurs (descendants des chasseurs-cueilleurs, transformés en conquérants), dont le principe de base est Dieu a créé le monde, nous n'avons qu'à prendre (les islamistes des trois sectes monothéïstes ajoutent que créer est voler sa place à Dieu), et les créateurs-cultivateurs qui veulent gérer le monde, créer ce qui manque.
Cette double vision traverse les frontières entre homme et femme, sépare les savants entre découvreurs et inventeurs, sépare les écologistes entre défenseurs de la croissance zéro et défenseurs d'une croissance durable, etc....
Un problème est que la morale de notre monde de consommateurs est entièrement basée sur l'idée de base de la prédation: ce qui existe est çà prendre (les plus honnêtes disent « à partager »), et il n'y a rien d'autre à faire que de répartir, éventuellement en limitant les prédations des plus gros. On se bat exclusivement sur ce plan là, l'idée d'envisager une création (les prédateurs américains disent Pour quoi faire, d'autres se chargeront de créer ce qui manque) est complètement laissée de côté par tout le monde; l'issue morale est de savoir si on doit autoriser, contrôler ou combattre la prédation, forme suprême de l'activité humaine, pas d''améliorer l'activité créatrice. les créateurs sont traités d'idiots taillables et corvéables à merci.
Du côté des civilisations "florissantes", on peut aussi séparer elles qui ont fleuri par la prédation, la conquête et l'exploitation des conquis, et celles qui ont fleuri par la création d'oeuvres et d'arts nouveaux. Prétendre qu'elles soient toutes d'un seul type est faux; par contre on peut se demander si une seule des idées et forces émergentes envisage autre chose que sa part de prédation.
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