Gratuit = sans valeur; c'est ainsi que le perçoivent tous ceux qui, que ce soit pour un motif légitime (pauvreté, chômage, nécessité de travail,...) ou non (débrouillardise, passe-droit) reçoivent gratuitement un bien ou un service. Et, par conséquence immédiate, tous ceux qui doivent payer pour obtenir ce bien ou ce service ont l'impression d'avoir été volés, puisqu'ils ont payé pour quelque chose qui ne vaut rien, d'autres l'ont gratuitement.
Or, quel que soit l'objet de cette gratuité, il s'agit de quelque chose qui coûte de l'argent, payé par quelqu'un. Le métro et les bus demandent du matériel, du carburant, des chauffeurs. Les théâtres ou musées demandent un local, des collections, des employés, l'entretien, ... Il y a quelqu'un qui paye pour offrir un objet qui a un coût et une valeur.
Alors employons le terme correct: aux offres prétendûment gratuites, substituons des cadeaux offerts par ceux qui en payent le prix. Au lieu d'un ticket ou d'une carte de transport « gratuit(e) », imprimons des tickets ou des cartes « offert(e)s par » le Gouvernement, la mairie, le Conseil général ou tout autre donateur; avec indication de la valeur. Si on veut que les jeunes aillent au musée et apprécient le cadeau de ne pas avoir à payer l'entrée, donnons leur des billets d'entrée « offerts par le Ministère de la Culture », portant indication du montant payé à cette fin par le dit donateur, et même, si on veut que le bénéficiaire s'en serve, portant une date limite d'usage.
Ce changement de vocabulaire (interdire le mot « gratuit » et les autres termes mensongers qui lui sont associés, parler de « cadeau » « offert par »...) est indispensable et urgent si on ne veut pas que l'objet du cadeau devienne impossible à maintenir: la gratuité même partielle des transports ou des musées est le premier pas vers leur disparition totale faute de moyens de les maintenir.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire