J’en ai plus que marre de ces plaisanteries sur la « Gauche » (gauche = maladroit) et la « Droite » (droit=correct, juste). De tous les vols de vocabulaire, de toutes les escroqueries, dont les malins (au sens de tumeur maligne) de la réaction passéiste (à ne pas confondre avec le droit de réagir qu’ils prétendent enlever aux progressistes, qualifiés à tort et à travers de réactionnaires) se sont rendus coupables, la réduction à une dimension de l’éventail politique et l’appropriation abusive du côté droit sont certainement le pire.
Déjà que l’opposition « droite-gauche » ne saurait être résumée sur un seul axe de coordonnées puisque la liberté physique, la liberté morale et la « liberté » économique ne sont pas synonymes, et que la liberté-fédéralisme des anarchistes va de pair avec un certain contrôle de l’économie alors même que le féodalisme économique abusivement qualifié de libéralisme s’associe, lui, au contrôle des esprits (totalitarisme ou lobotomie télévisuelle, suivant les goûts du dictateur)… Où sont le « côté droit » et le « côté gauche » de ce qui saurait, au mieux, apparaître comme des types situés à différentes régions du plan dans une AFC à deux dimensions ? Bon, je parle ici à ceux qui connaissent les bases d’une étude statistique et pour qui la statistique ne se réduit pas au mensonge chiffré.
Mais le maintien, et même le développement constant de cette confusion entre les différents sens de « droit » (rectiligne, correct, juste, honnête !) et entre ceux de gauche (maladroit, sinistre), le tout aboutissant, de plus, à jeter un opprobre encore plus grand vers l’idée même de positions médianes, raisonnées, qui prendraient en compte les arguments des deux « bords », reste une véritable hérésie, une catastrophe sans nom.
Pour quelqu’un qui considère les idées de justice, de respect et d’honnêteté comme fondamentales, bref un homme de « gauche », exiger l’inversion des qualificatifs devrait être la réclamation la plus fondamentale !

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