samedi 9 juin 2007

Travailler plus pour gagner plus

De qui se moque-t-on ? Cela fait des siècles que le travail et le gain sont des notions séparées, voire contradictoires. L’ouvrier qui travaille fait gagner de l’argent à son patron, s’il travaille plus le patron gagnera plus et l’ouvrier sera malade, ce qui fera gagner de l’argent au médecin. L’idée que le surcroît de gain puisse profiter à l’ouvrier demande un changement de la mentalité française à l’opposé du changement en cours vers plus de prédation dont j’ai parlé précédemment. Aujourd’hui, gagner de l’argent signifie être un meilleur prédateur, prendre plus à ceux qui ont ou qui fabriquent (en leur donnant le moins possible en échange).

Ce n’est pas nouveau. La séparation entre les producteurs, les travailleurs, et ceux qui gagnent, les prédateurs, les financiers, les escrocs, date au moins de trois siècles en France ; le fait qu’elle soit moins marquée ou absente dans certaines cultures (essentiellement germaniques ou scandinaves), et fondamentale dans d’autres (cultures islamiques en particulier), n’y change rien ; d’ailleurs, ce sont les cultures à base de prédation qui se développent dans le monde, même si ces cultures ne font qu’accélérer la destruction globale et l’impasse économique et sociale vers laquelle nous allons de plus en plus vite. A la limite, même certaines réflexions qui devraient normalement être basées sur la conception constructive du monde (social, écologie,…) sont contaminées par cette volonté de permettre la prédation, de la généraliser à tous.

Quant à l’utilisation de ce slogan mensonger par le nouveau pouvoir néo-féodal de M. Bolloré et de ses larbins présidentiel et ministériels, qu’en dire ? qu’il sert pratiquement à une seule chose : à faire diminuer le coût du travail d’autrui pour ceux qui en profitent, les patrons les plus exploiteurs, les capitaines d’industrie ou de finance…

Il faut travailler plus, c’est un fait. Il faut que la France redevienne capable de produire de quoi satisfaire ses besoins (avec bien sûr les excédents vendus là où ils sont demandés pour payer les achats de ce qui n’est pas produit en France, avec le fait que aujourd’hui la France produit des biens immatériels pour compenser ses déficits en produits de base). Et, mais c’est un autre problème, presque en opposition, il faut que la richesse produite soit répartie d’une façon juste, c.a.d. une façon qui prenne en compte travail fourni, capacités physiques, besoins, et remette en cause les positions acquises et les capacités de prédation !

Est-il encore temps de se battre pour cette vision ?

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