vendredi 16 février 2007

Des intellectuels et de la droite

Virent-ils à droite ?

Ce titre du Nouvel Observateur m’interpelle et me fait réagir avant même d’avoir lu l’article ; parce qu’il faudrait savoir ce que signifie « virer à droite » et, même, ce qu’est « la » droite.

Entre le déni des libertés du « fascisme » et autres dictatures dont certaines se réclament de la gauche et le libéralisme économique plus ou moins teinté de justice sociale, il n’y a pas une telle corrélation (terme de statistique) qu’on puisse prétendre définir les différents types politiques sur un axe gauche-droite ; la typologie est elle aussi un outil statistique souvent beaucoup plus parlant et efficace, parlant et rigoureux que n’importe quel prétendue statistique ou sondage sur une question.

Et prétendre que vouloir introduire une certaine rigueur (je n’ai pas écrit rigidité, c’est autre chose) dans les analyses et les réponses soit virer à droite est un non-sens. A moins que « de droite » signifie : qui sait ce qu’il veut (même si c’est une volonté anarchiste, socialiste) et « de gauche » signifie « qui se contente d’un laxisme total, y compris pour les actes fascistes des criminels, racketeurs et terroristes ». Je ne pense pas que Jaurès aurait approuvé cette vision.

Sans autoriser un « libéral autoritaire » (vous voyez à qui je pense) à invoquer les mânes de Jaurès et de Blum, prétendre que les ayant-droits à l’héritage sont ceux qui défendent le laxisme pur et l’abandon de toute discipline républicaine, qu’un Chevènement vire à droite quand il veut enseigner le respect du passé : à mon avis,c’est plutôt en faisant voter Non à l’introduction d’une part sociale en Europe sous prétexte que la nature libérale des traités précédentes n’est pas totalement abrogée d’un seul coup, mais seulement atténuée que Chevènement, et tous les « nonistes » de soi-disant gauche ont agi en « militants de droite ».

Là-dessus, je regarde ce que contient l’article, et accessoirement un article du Parisien sur le même thème ; et le titre est tout simplement à côté du sujet principal, même si cette antienne que je crois incorrecte d’opposer « être de gauche » et « vouloir une société avec des règles » le traverse par moments et fait l’objet d’une réponse de deux pages que j’approuve globalement même si je ne suis pas ancien « gauchiste » de la même manière que Bernard-Henri Lévy.

Le sujet n°1, dans un article qui se disperse de tous les côtés et qui multiplie les affirmations contradictoires, est le ralliement de certains intellectuels à Sarkozy ; d’autres auraient parlé de la prétendue ouverture à gauche de Sarkozy, de sa prétendue prise en compte des réalités sociales. Et donc de la crédulité des ralliés.

Le sujet n°2, qui s’y mélange, est le manque d’effet sur l’opinion des prises de position des intellectuelles, le fait qu’une phrase de Zidane atteint plus de monde que 100 pétitions signées par 1000 personnes chacune (les mêmes à peu de chose près, bien sûr).

Le sujet n°3 est la recherche de ce qu’est, actuellement, la galaxie « intellectuelle de gauche, les éventuels changements de position, et là on trouve les affirmations que je contestais plus haut.

Le sujet n°4 est de savoir dans quelle mesure Ségolène Royal reflète les positions évoquées au 3°, et dans quelle mesure elle, et aussi Sarkozy, cherchent plus des soutiens « populaires » (Zidane ou Doc Gynéco) que des intellectuels ; à la limite, Sarkozy est plus demandeur d’intellectuels que Madame Royal, et ceci justifie aussi les ralliements cherchés et obtenus.

Et j’oublie des affirmations variées, plus ou moins valables et réfléchies, et sans véritable rapport avec les sujets ci-dessus, qui font de l’article principal du Nouvel Observateur un véritable magma de confusion.

On peut se passer de lire cet article, à part les deux pages de Bernard-Henri Lévy…

Néanmoins le lien:
http://hebdo.nouvelobs.com/p2206/dossier/a333224.html
J'ai bien sû signalé ma propre réaction sur leur site.

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