jeudi 15 février 2007

Rebellion citoyenne

Après lecture de ces mots et du début de la tribune ainsi dénommée dans un quotidien, je résume mon impression: Pour obtenir des lois qui nous conviennent, il ne faut pas respecter les lois existantes. Toute loi qui n'a pas été approuvée par 100% de la population, y compris les nouveaux-nés et les criminels, ne s'appliquerait qu'à ceux qui veulent la respecter.
En fauchant les champs d'OGM légaux, Bové appelle les partisans du "progrès" OGMique à semer illégalement en dehors des parcelles autorisées. A chaque champ légal fauché répondrait, suivant la même logique, l'aspersion de graînes particulièrement résistantes et actives dans dix champs "biologiques"?
Aucune loi ne saurait être parfaite ni satisfaire tout le monde, et il est nécessaire, en bon citoyen, d'intervenir pour essayer de modifier, si les autres citoyens sont d'accord, si je peux les convaincre du besoin, ce qui est inacceptable à mes yeux; de là à justifier une rébellion, parfois nécessaire, généralement excessive, il y a un hiatus.
Passons sur le cas particulier de l'élection présidentielle. On a vu en 2002 comment l'accumulation de révoltes et de candidatures pour manifester ces révoltes a abouti à faire simplement exclure du second tour le candidatque la plupart des "candidats parasites" volaient seulement obliger à tenir compte d'eux, et à faire taire plus de la moitié de l'électorat. En plus la légitimité gagnée par le candidat anti-républicain va peser lourd cette année. Toute candidature "pour compter les voix", toute candidature de manifestation, aboutira au résultat inverse de celui affiché: renforcer les deux candidats les plus anti-démocrates. Et remettre en cau se, au moins sur le plan moral, la validité du système des deux tours, puisque, comme en 2002, nous isquons de devoir choisir entre deux candidats dont aucun ne représentera les électeurs d'une partie importante de l'opinion, celle de la gauche ou celle de la droite "raisonnable" suivant le cas. José Bové, par sa candidature, détourne ses propres partisans du soutien nécessaire à celui des candidats réels (ceux qui visent le second tour) le plus proche de ses idées; autant dire qu'il tire contre son propre camp!
Dans certains cas (est-ce celui de Bové?), c'est volontaire: politique du pire, assurer le succès de l'ennemi pour justifier une révolte totale après avoir rendu impossible un succès légal. Bref, propager une "rebellion citoyenne" qui assure un état de guerre civile permanente.
Mais n'est-ce pas de cette façon que le progrès social français, n'avançant que par accoups contre des résistances toujours renforcées par ce climat, a été tellement plus lent que dans des pays de consensus, et est perpétuellement remis en cause?

Aucun commentaire: