L’article de Claude Weill dans le dernier N.O. est tout à fait juste sur ce point ; il est incroyable et inadmissible que ce soit à Mme Royal de faire la remise en place des bases d’un combat législatif, de la mise en place d’un programme qui n’a rien de présidentiel et tout de législatif, de la définition des buts et des moyens de la réalisation de ce programme.
Le résultat est que Mme Royal doit assumer en même temps les deux rôles de candidat à la présidence, c.a.d. de femme d’état, et de chef du parti pour les élections législatives, c.a.d. de chef politique. Et tout le monde sait bien que ces deux rôles sont, de fait, incompatibles et que le grand écart que représente le fait de prétendre assumer les deux ne peut conduire qu’à des bourdes et des positions intenables.
Le premier coupable de cette situation est certainement Lionel Jospin, pour avoir voulu assumer de front les deux rôles contradictoires de premier ministre et de candidat à la présidentielle. Le résultat était couru d’avance ; avoir de plus subordonné l’élection législative au résultat de la présidentielle n’a fait qu’aggraver la situation de l’équilibriste-candidat, et ses conséquences pour le Parti Socialiste.
Les autres coupables ont été tous ceux qui ont ignoré le besoin de reconstruire le P.S. avant de se placer comme candidat, et celui de doter le dit P.S. d’un chef de parti pour la bataille législative en plus des éventuels candidats à la présidentielle.
Il faut laisser à Mme Royal le fait qu’elle essaye de recréer un parti qui a cessé d’exister le 20 avril 2002. Je dis bien le 20 : avant l’élection, pas le lendemain…
Le résultat est là. Que le candidat d’en face soit aussi incapable de gérer son image de président possible de tous les français et fasse apparaître l’élection comme un acte de soumission à leur futur maître de tous ceux qui ne font pas partie de sa clique n’arrange hélas rien.
Cela apporte quelques voix à M. Bayrou, et met de façon hélas plus que probable Le Pen largement en tête…
Une autre conséquence est le fait que ceux qui, au parti socialiste, croient en la préparation de l’élection législative en dehors de l’élection présidentielle, gaspillent leurs forces : à partir du moment où Mme Royal est la représentante du programme législatif du P.S., le présentation des candidats se ramène à « Tous avec Ségolène, et je suis son représentant dans la circonscription ». Et en cas de défaite de la candidate unique, sera-ce encore la peine de se présenter ? Quant à présenter autre chose que le soutien (éventuellement à retardement) à Mme Royal, il n’en serait même pas question…

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