vendredi 16 février 2007

Petits candidats et remise en cause de la démocratie

Je vois dans le 20 minutes d’hier une liste des « petits candidats », c.a d., parce que c’est ainsi que je crois nécessaire de les considérés, de ces saboteurs du débat démocratique qui prétendent fausser l’élection en enlevant aux candidats susceptibles d’être élus et, éventuellement, de réaliser les actes que ces parasites prétendent demander, les voix des électeurs qui désirent les dits actes. A la limite, les électeurs qui votent pour un tel candidat votent CONTRE les idées qu’il prétend défendre, en enlevant leur voix au candidat éligible susceptible de les réaliser.

Ceci est aussi vrai à droite qu’à gauche, bien sûr, même si, comme nous l’avons vu en 2002, c’est à gauche que cela est le plus nuisible : nous avons bien vu en 2002 comment, en détournant les voix des électeurs « de gauche » vers toutes les formes variées de l’engagement politique qui se réclament de la gauche, les « petits candidats » ont réussi à ce que la gauche ne participe pas au scrutin réel qu’est le second tour.

Avec leur système de primaires, les Etats-Unis ont pu mettre en place un système qui permet de choisir entre plusieurs candidats qui se réclament du même bord après quoi un seul tour donne un choix réel ; même si le système ne manque pas par ailleurs de défauts et d’opacités, de déficit démocratique, au moins il n’a pas ce défaut que je crois majeur. Que le « candidat unique » doive être choisi entre plusieurs prétendants ne fait pas de doute ; mais une fois ce débat interne à la gauche (ou à la droite) réglé par un système de primaires, à quoi cela sert-il de venir enlever au seul candidat éligible de gauche une partie des voix dont il a besoin, alors même que plusieurs autres candidats sont susceptibles de lui barrer l’accès au second tour, parce qu’il y a quand même différence entre un candidat centriste, un candidat de droite libérale et un candidat d’« extrême » droite totalitaire et que la présence de deux d’entre eux au second tour n’est pas exclue.

Les parasites de droite sont à la limite moins nocifs, parce qu’ils ne remettent pas vraiment en cause la présence de leurs idées au second tour. Ils n’en rendent pas moins, eux aussi, ridicule le processus démocratique qui devrait avoir pour seule fin de choisir, entre les candidats crédibles, l’élu final.

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