jeudi 19 juillet 2007

TVA antisociale et inflation

Indépendamment des autres arguments, qu’on peut contester parfois de façon juste, contre le transfert des charges sociales à la TVA, l’idée, théoriquement justifiable, que le passage de la TVA de 17% à 22% serait compensé par une baisse des prix hors taxes, vu celle des prix de revient liée à celle des charges sociales ne tient aucun compte de l’importance du sentiment de hausse dans la création des hausses réelles. Sans même tenir compte du fait que la baisse des charges n’influerait que sur un des facteurs du prix de revient, et que hors industries de main-d’œuvre la baisse des prix de revient ne permettrait pas une baisse suffisante des prix hors taxes, les acteurs du jeu économique, ayant l’impression d’une hausse à venir de 5%, loin de baisser leurs prix HT, les augmenteront de 5%. Ce qui aboutira à une hausse finale totale de

(1,05)(1,22/1,17)-1, c.a.d. de 9,5% ; elle-même génératrice, à plus ou moins court terme suivant le temps que mettront les fixateurs de prix à se rendre compte de cette hausse réelle, d’un effet boule-de-neige. Dans un pays où les acteurs du jeu économique sont plus disciplinés et plus réfléchis qu’en France, par exemple en Allemagne ou au Japon, croyant, à tort, prendre le risque de pertes, les industriels et les marchands auraient joué le jeu et baissé leurs prix de façon annuler l’effet sur les consommateurs de la hausse de TVA. En France, croyant que cette hausse va leur coûter, ils ne le feront pas ; les plus intelligents, ceux qui auront perçu l’absence de risque, imiteront les autres en se disant qu’ils accroissent leurs profits aux dépens des naïfs. Et l’effet désiré, amélioration de la compétitivité des produits français, sera transformé en aggravation de la non compétitivité et du déficit de la balance ! Et en crise inflationniste.

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