lundi 16 juillet 2007

Péchés capitaux

Je lis dans le Journal du Dimanche les remarques de Philippe Labro quant aux Péchés Capitaux qu’a inventé l’Église Catholique pour remplacer les Commandements de la Thora.

Les remarques de P. Labro me conviennent parfois, me déplaisent souvent, particulièrement quand il prétend mélanger Orgueil et Fierté.

Parce qu’il faut bien le dire, l’Ancien testament ne connaît qu’UN péché, le Péché Originel, répété plusieurs fois par les ils d’Adam, que ce soit avant le Déluge, avec la Tour de Babel... Et celui-ci est extrêmement précis, et proche de l’orgueil dont il est la forme extrême, l’hubris. Le Péché que D. punit régulièrement, c’est l’idée que l’Homme, image de D., mais non semblable à D., prétende s’égaler à Lui, et s’emparer des caractères divins que D., exclusif, entend ne pas partager. Il y a un certain nombre de commentaires psychologiques à faire, encore ces commentaires ne seraient-ils valables que si l’idée de base, la différence essentielle entre D. et sa création, était effacée. Autrement dit, on en revient toujours au même point, si le Péché Originel était transformé en Droit fondamental de la créature !

Ceci étant, les six autres « péchés capitaux » sont des inventions plus ou moins incohérentes de l’église pour justifier une « échelle de culpabilité » et le Purgatoire. L’avarice n’est pas un péché, mais une tare psychologique, objet de pitié plutôt que de punition. La colère est une réaction naturelle, parfaitement justifiée dans certains cas (la Bible ne nous rappelle-t-elle pas un certain nombre de colères divines ? L’envie n’est pas un péché, mais un sentiment, parfois à la base de péchés, c.a.d. d’actes délictueux au terme des Commandements. La Luxure est l’invention la plus inacceptable des sept, puisque le Péché Originel s’est manifesté par la pudeur, qui est bien l’antithèse de la luxure. Et la Paresse, comme l’avarice, est une tare qui devrait appeler la pitié, pas un péché à punir.

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